omme un air de déjà vu et déjà brandi par le président américain Donal Trump… Mécontenté par les déclarations du président français Emmanuel Macron (déclinant l’invitation à rejoindre un conseil de la paix), Donal Trump déclare, visiblement sans même avoir à y réfléchir, ce 19 janvier avant de rejoindre le sommet de Davos, vouloir le faire plier en menaçant de taxes à 200 % les vins et champagnes français. « C’est une menace à ce stade inadmissible, d’une brutalité inouïe, qui cible un secteur particulier, celui de la viticulture qui n’en a pas besoin parce qu’elle connait des difficultés » réagit la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, interrogée ce 20 janvier sur TF1.
Premier marché export des vins dans le monde, les États-Unis ne cessent d’être une destination chahutée pour la filière française, soumise à rude épreuve par Donald Trump, qui avait déjà menacé de surtaxes à 200 % les vins français en mars 2025 (dans le cadre du conflit sur l’acier et l’aluminium), avant de faire tombe la pression à +10 % pour tous les biens européens en avril et finalement convenir avec l’Europe d'un accord commercial à 15 % (pour éviter une escalade annoncée à 30 %). Ayant échoué à obtenir une exemption à 0 %, les vins et spiritueux français s’inquiétaient d’une annonce ce 17 janvier de surtaxes à 10 % dès le premier février puis 25 % dès le premier juin en rétorsion à l’opposition européenne aux visées américaines sur le Groenland. Ils doivent désormais faire face à une énième menace ajoutant de l’incertitude et de la tension sur un marché où leur accès est déjà réduit par les surtaxes et les taux de change défavorables.
L’art du deal
Si Donald Trump aime brandir des menaces de douanes dans ses bras de fer diplomatiques, il en abuse contre les vins français après des succès dont il est fier. Des surtaxes de 25 % sur les vins français étaient ainsi annoncés en 2019-2020 lors de son premier mandat suite à des projets français d’imposition visant les géants du numérique (taxe GAFAM), idée qui avaient été annulée après un coup de pression sur Emmanuel Macron que Donald Trump racontait encore en campagne électorale fin 2024 : « je l’ai appelé, j’ai dit : Emmanuel, j’ai entendu que vous alliez taxer à 25 % les entreprises américaines. Il m’a dit "Donald c’est acté". Je lui ai dit qu’il vaudrait mieux le retirer. Parce que "sinon, vous allez payer 100 % de tarifs supplémentaires sur tous les vins et champagnes envoyés aux Etats-Unis à partir de cette nuit". Il m’a dit "non, non, non tu ne peux pas faire ça Donald !
- En fait je suis en train de la signer maintenant.
- Non, non, non ! OK Donald on ne le fait pas." C’était la fin de ça. C’était si facile. Et je pourrai vous raconter 200 histoires comme ça. »
Des taxes Trump de 25 % ont finalement été imposées pour les vins et spiritueux français d’octobre 2019 à mars 2021 (avant une suspension pour 5 ans par l’administration Biden, jusqu’en juin 2026). Dans tous les cas, ce sont les vignerons français qui ont d'abord trinqué. Et qui actuellement en perdent leur latin à force d'annonces et de menaces. Concrètement, les vins français subissent depuis le deuxième mandat de Donald Trump l’effet ciseau de ses taxes Trump (+10 d'avril à août 2025, +15 % depuis) et de la dévaluation du dollar (également +15 %). Les ventes de vins français ont ainsi subi leur plus fort recul à l’export sur le marché américain en 2025. Pesant sur le marché mondial des exportations de vin, la politique douanière américaine pénalise également ses propres vignobles, avec les pertes les plus importantes enregistrées par les vins américains en 2025.



