Accueil / Politique / "Trop longtemps le bon prix a été le bas prix" dénonce le ministre de l'Agriculture
"Trop longtemps le bon prix a été le bas prix" dénonce le ministre de l'Agriculture
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Défis croisés
"Trop longtemps le bon prix a été le bas prix" dénonce le ministre de l'Agriculture

Présentant les dernières données du recensement national, le ministère de l’Agriculture met en exergue les défis d’avenir de la ferme France en général, et du vignoble en particulier, devant passer par la transmission, la revalorisation et la transition.
Par Alexandre Abellan Le 18 octobre 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
« Réalisé tous les 10 ans, ce recensement nous donne une photographie fine et précise de l’agriculture française dans toute sa richesse et toute sa diversité » indique Marc Fesneau ce 18 octobre lors du colloque sur le recensement au ministère de l’Agriculture. - crédit photo : Ministère de l'Agriculture (visioconférence 18 octobre)
E

n 2020, la France recense 416 000 exploitations agricoles, en repli de 20 % par rapport à 2010. Avec un rythme de diminution cependant moins marqué par rapport précédente décennie (-2,3 % par an 2010-2020 contre -3 % sur 2000-2010) indique François Chevalier, le sous-directeur au Service Statistique et Prospective (SSP) ce 18 octobre lors d’un colloque dédié au recensement agricole 2020 (à Paris). Avec 59 000 exploitations, la viticulture enregistre un repli moindre, de -11 % en 10 ans (pour représenter 15 % des exploitations agricoles nationales). Mais le vignoble n’est pas épargné par le vieillissement qui frappe l’agriculture française : 51 % des exploitations viticoles sont dirigées par un senior, âgé de plus de 55 ans. Globalement, un tiers des dirigeants de 60 ans et plus ne savent pas ce que deviendra leur exploitation dans trois ans.

« Nous devons agir pour assurer la pérennité de notre agriculture et garantir notre souveraineté alimentaire. Et pour cela, il faut commencer par assurer la pérennité des exploitations en place et assurer le renouvellement des générations » pose en ouverture du colloque le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Le député du Loir-et-Cher précisant qu’il s’agit d’« assurer en premier lieu la juste rémunération de nos agriculteurs, trop longtemps le bon prix a été le bas prix. Le paradigme qui a été posé ainsi ne peut plus durer : le bon prix est celui qui rémunère au juste prix nos agriculteurs »

Transmission-transition

Évoquant « la résilience de notre agriculture face aux aléas climatiques*, sanitaires, économiques, énergétiques », le ministre défend l’importance de la future loi d’orientation et d’avenir sur l’agriculture afin de « garantir la souveraineté alimentaire de la France en assurant le renouvellement des générations en agriculture et en mobilisant ce renouvellement pour accélérer la transition climatique et agroécologique. Je dis souvent qu’il ne s’agit pas de transmission-reprise, mais de transmission-transition. »

 

* : Le ministre évoque la nécessité de « sécuriser l’accès à différentes ressources, je pense à l’eau, indispensables et précieuses dans le contexte de dérèglement climatique ».

 

 

Spécificité viticole

La France recense 140 000 exploitations sous signe de qualité (Agriculture Biologique, AOP, IGP, Label Rouge…), soit 36 % de la ferme française sous label officiel. Ce qui représente une hausse de 9 points en 10 ans, essentiellement grâce au bio. 40 % des signes de qualité se retrouvent dans les exploitations spécialisées en viticulture.



 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (1)
marc Le 18 octobre 2022 à 11:06:39
L'organisation générale du vignoble hexagonal est tournée vers les vins de volume en Grande Distribution. À tous les échelons c'est une constante avec des AOC produisant 20 % de plus qu'elles ne peuvent valoriser (voir crise à Bordeaux). Au niveau de nombreuses instances, il est plus que nécessaire d'intégrer l'économie, les tendances de la consommation, les demandes sociétales avec une premiumisation pour la conquête de l'export. La Champagne le fait parfaitement avec deux éléments le nombre de kilos de raisins ouvrant droit à appellation et le prix du kilo pour la rémunération. Lorsque l'on prend connaissance du fonctionnement des linéaires où l'on classe les enseignes en fonction du prix le plus bas sur un panel de références (voir Rayon Boissons) on mesure le chemin à parcourir...
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2023 - Tout droit réservé