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45 cépages résistants autorisés et plantés sur 1 200 hectares de vignes en France

Le point sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le déploiement français des variétés de vignes résistantes au mildiou et à l'oïdium.
Par Alexandre Abellan Le 11 mai 2022
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45 cépages résistants autorisés et plantés sur 1 200 hectares de vignes en France
« Il est remarquable de constater que la filière viticole très traditionnelle sur l’encépagement est devenue très ouverte à l’innovation » note Jacques Rousseau. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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avez-vous combien de variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium sont classées au Catalogue français ? Dix ? Quinze ? Vingt ? Quarante-cinq ! D’après le décompte réalisé par Jacques Rousseau, responsable viticole de l’Institut Coopératif du Vin (ICV), lors du salon Dégustez en V.O ! ce 2 mai à Montpellier. Aux 20 variétés historiques* s’ajoutent les 12 variétés étrangères classées en 2017, les 4 premières obtentions à Résistance Durable (ResDur) de l’Institut National de la Recherche pour l’Agriculture et l’Environnement (INRAe), le sauvignac de Mercier en 2018 (obtention suisse de Valentin Blattener) et les 8 variétés de ce début 2022 (5 ResDur de deuxième génération et 3 cépages pour la distillation).

« Il y a toujours eu des variétés résistantes au Catalogue. Leur nombre a doublé en 20 ans. Il y a un choix de plus en plus important » souligne Jacques Rousseau, qui note un intérêt croissant. Si la France viticole était jusque-là très centrée sur l’aspect historique de son encépagement, notamment pour la typicité des appellations, « les cépages résistants aux maladies offrent des possibilités de réduire de manière importante les traitements », ce qui permet de répondre aux demandes sociétales croissantes.

1 200 ha de cépages résistants en France

Dans le vignoble français, les parcelles déclarées de cépages résistants dépassent 1 200 hectares en 2021 d’après les chiffres de l’administration (INAO et DGDDI). Ce sont surtout des cépages blancs qui sont plantés note Jacques Rousseau, avec en tête le souvignier gris et ses 365 ha. Obtenu à Fribourg en 1983, ce croisement de carbernet sauvignon et de bronner présente des rendements élevés (10 à 14 tonnes par hectares) et un port dressé (permettant une bonne mécanisation) : « c’est une valeur assez sure en termes de comportement, on retrouve des caractéristiques acides dans tous les terroirs » indique Jacques Rousseau, évoquant un cépage propice aux vins de base mousseux ou aux assemblages. Arrivent en deuxième et troisième position des obtention ResDur 1 : Floreal (250 ha) et Artaban (150 ha), suivis par l’obtention italienne Soréli. Ces surfaces devraient continuer à croître, sachant que « jusqu’à cette année, il y a eu des problèmes de disponibilité de matériel végétal pour les Resdur classés en 2018 » note Jacques Rousseau.

L’expert notant que les variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium répondent aux enjeux sociétaux de réduction des phytos : « ces cépages ne sont pas l’assurance de ne pas traiter, mais de réduire de l’ordre de 90 % des traitements. C’est très intéressant pour les viticulteurs souhaitant réduire leurs traitements aux abords d’habitations ou souhaitant produire des cuvées Zéro Résidu de Pesticides » (label ZRP). Mais la plupart de ces cépages ne sont pas sélectionnés suivant les enjeux du changement climatique. « Ils ne sont pas adaptés à la sécheresse. Il peut y avoir des défoliations, surtout sur les blancs » prévient Jacques Rousseau, ajoutant que la précocité de certaines obtentions peut accroître le risque gélif. « Ce sont des cépages conçus pour la résistance aux maladies, pas pour répondre au changement climatique. On conseille de les planter dans des sols profonds ou sur des parcelles irriguées » indique l’expert, précisant qu’actuellement les instituts cherchent des cépages résistants et adaptés au changement climatique.

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Temps long

Un processus d’obtention variétal demandant une vingtaine d’années, la filière vin a encore le temps de tester les nouvelles obtentions (« on peut s’attendre à l’inscription de 50 variétés de cuves nouvelles au catalogue dans les 20 ans à venir ») et d’explorer les anciens hybrides producteurs directs (« il pourrait y avoir du potentiel à retravailler le chambourcin et le villard blanc »).

 

* : Ces 20 hybrides sont baco blanc, chambourcin noir, colobel noir, florental noir, garonnet noir, landal noir, Léon Millot noir, Maréchal Foch, oberlin noir, plantet noir, ravat blanc, rayon d’or, rubilande rosé, seinoir oir, seyval blanc, valérien blanc, varousset noir, villard blanc et villard noir. Les 12 variétés étrangères sont bronner blanc, cabernet blanc (avec interdiction d’étiqueter ce nom), cabernet cortis noir, johanniter blanc, monarch noir, muscaris blanc, pinotin noir, prior noir, saphira blanc, solaris blanc, soreli blanc et souvignier gris. Les ResDur 1 sont artaban noir, floreal blanc, vidoc noir et voltis blanc. Les ResDur 2 sont coloris noir, lilaro noir, sirano noir, selenor blanc et opalor blanc (en validation). Pour la distillation, les cépages sont Coutia blanc, Luminan blanc et vidal blanc.

 

 

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Tous les commentaires (1)
Louis Le 11 mai 2022 à 19:55:24
C est très intéressant comme article . Il aurait être complété par le classement de l association Piwi qui évalue la qualité organoleptiques de ces cépages.
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