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Démonstration
4 machines de taille rase à l’essai dans une vigne de Gironde

Début mars, la chambre d’agriculture de Gironde a organisé une démonstration de taille rase. Trois constructeurs étaient au rendez-vous. Surprise, la marque la plus réputée n’a pas produit le meilleur résultat.
Par Vincent Gobert Le 04 avril 2022
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 4 machines de taille rase à l’essai dans une vigne de Gironde
Taille minimale de Ferrand en démonstration au mois de mars 2022 à Mauriac (Gironde). - crédit photo : © V. Gobert
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Bordeaux, la chasse aux charges fait rage. Preuve en est, une cinquantaine de viticulteurs ont assisté à la démonstration de taille rase organisée le 3 mars à Mauriac (33) chez Bernard et Quentin Yon, deux frères qui sont passés à cette taille dès 2020. Trois constructeurs ont apporté quatre machines : MPH44 de Provitis, Taille minimale de Ferrand avec suivi automatique du cordon et, de Pellenc, TRP sur tracteur interligne et TRP sur porteur Optimum.

En début d’après-midi, elles se lancent tour à tour pour tailler plusieurs rangs devant des paires d’yeux très intéressés. Si les outils de Provitis et Ferrand s’en sortent bien, des questions demeurent après les passages des Pellenc.

Provitis et Ferrand s'en sortent bien

« Le rendu des machines Provitis et Ferrand est plutôt irréprochable », analyse David Clerdan, conseiller à la chambre d’agriculture de Gironde, organisatrice de la démonstration. Il est vrai que les sarments sont coupés net, tant en hauteur que sur les côtés. Et la longueur des coursons est plutôt régulière. Il sera facile et rapide de réaliser la repasse manuelle, qui est dans tous les cas indispensable. Mais, en étant tatillon, on note que des coursons sont trop longs.

« Le conducteur de la MPH44 de Provitis n’a pas l’habitude de la taille mécanique, tempère David Clerdan. Il est transporteur. Il n’a pas voulu prendre de risques. Il a taillé le cordon trop haut au départ. Mais, au retour, il a fait mieux. Il faut quand même une bonne heure de pratique pour maîtriser un outil. »

« On s’est calé sur la demande de M. Yon qui souhaitait garder deux yeux francs par courson, justifie Florent Renaut, commercial Provitis pour l’Ouest. C’est vrai qu’on a taillé haut. Mais, au retour, on a taillé plus bas. C’était mieux. Et les scies n’étaient même pas fraîchement affûtées. »

"On a roulé à 1,5 km/h comme les autres"

Même constat chez Ferrand. « On a roulé à environ 1,5 km/h, comme les autres, détaille Lionel Ortega, le concessionnaire qui a prêté la tailleuse pour la démo. On a choisi un réglage de réactivité faible du suivi automatique du cordon, dans l’idée d’obtenir une coupe homogène. Le résultat est bon alors même que notre conducteur n’a pas l’habitude de la taille mécanique. »

Des résultats qui tranchent avec ceux des TRP de Pellenc. Tant après le passage du tracteur interligne que du porteur Optimum, la qualité de coupe est loin de convaincre les spectateurs. En effet, les coupes ne sont pas propres ; de nombreux sarments sont déchiquetés. Ces rendus interrogent les viticulteurs car les TRP de Pellenc bénéficient d’une bonne réputation.

Attention à l'affûtage des disques

« Le suivi de cordon paraît trop brutal, juge David Clerdan. À chaque pied, j’ai vu un recalibrage de hauteur. J’ai même repéré deux hauteurs de coupes différentes sur une même souche ! Et les bois ne sont pas bien coupés sur les côtés : ils sont trop longs et déchiquetés. Tout est à reprendre. Sur le porteur Optimum, il y a une difficulté supplémentaire : le conducteur est trop haut, il ne voit pas à quelle hauteur il coupe. » Outre la qualité de taille, le sifflement émis par les Pellenc est ahurissant. Il faut une cabine très bien insonorisée pour le supporter.

Chez Pellenc, on plaide coupable. « C’est vrai que les coupes ne sont pas nettes, admet Élodie Bigou, commerciale du secteur Bordeaux-Charentes. Ce sont des machines de démonstration, on est en fin de saison. On a changé les disques mais ils ont été mal affûtés. Et nous aurions dû régler la sensibilité du suivi automatique du cordon un cran en dessous. » Christophe Grisolle, responsable développement, ajoute : « Notre démonstrateur est en Australie, nous avons dû trouver une autre personne, moins aguerrie. De plus, la qualité de l’affûtage n’est pas au rendez-vous. Et la réactivité était trop forte. »

Quant au bruit, il le juge normal. « C’est à cause de la vitesse de coupe, la plus élevée du marché, avec 4 000 tr/min. C’est ce qui fait la qualité de coupe et la réputation de la TRP. Cette vitesse est indispensable pour des bois durs. »

Christophe Grisolle, assure que le mauvais résultat de ce jour n’a pas empêché sa société d’engranger des commandes. « Nous avons vendu plusieurs TRP dans le Bordelais. Le suivi du cordon sur parallélogramme pour les scies arrière plaît particulièrement. »

Dans son invitation, la chambre d’agriculture titrait « Quel est le meilleur ? ». Selon nous, à Mauriac, c’est Ferrand qui a fait la différence avec son suivi de cordon. Il faut bien trancher ! 

Les conditions de la réussite

Cette démo a mis en lumière les points saillants d’une bonne coupe : disposer d’un bon conducteur, même avec suivi de cordon, de scies bien affûtées, et choisir un réglage de réactivité du suivi avec la régularité du cordon, la hauteur de coupe et la vitesse d’avancement souhaitée.

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Tous les commentaires (1)
Noa Le 06 avril 2022 à 18:53:16
Affligeant , qualite des grappes, taux de sucre , surface foliaire, maladies , equilibre des sols , le productivisme au service de la piquette , bravo , les tailleurs sont payes trop cher! Gardez votre Pinard pour les chinois et les russes qui se torchonnent avec , prenez des bouteilles en plastoc vous ferez un peu plus de marge
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