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François Guillaume
"Il faudra butter les jeunes plants de vigne cet hiver"

Les pépinières Guillaume alertent sur l'affaiblissement des jeunes plants du fait de la pression mildiou, et préconisent certaines opérations pour éviter la surmortalité. Entretien avec François Guillaume, directeur stratégie de l'entreprise.
Par Clément L’Hôte Le 02 novembre 2021
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Avec une production de 14 à 15 millions de greffons par an, vendus dans 20 pays, les Pépinières Guillaume font partie des acteurs incontournables dans le secteur du matériel végétal. Le groupe familial, basé à Charcenne (Haute-Saône), possède trois filiales à l’étranger : une au Chili, une en Argentine et une en Californie. - crédit photo : DR
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ous alertez sur le fait que le millésime 2021 a été particulièrement éprouvant pour les jeunes plants. Qu’avez-vous observé ?

François Guillaume : L’exceptionnelle pression mildiou a détruit le feuillage, affectant la photosynthèse. Et la pluviométrie hors-norme a laissé beaucoup de ces plants les pieds dans l’eau, les empêchant de développer un bon système racinaire. Ces deux phénomènes ont une conséquence commune : une mise en réserve insuffisante à l’approche de l’hiver.

 

Quelles sont les conséquences de cette mise en réserve insuffisante pour les jeunes plants ?

Pendant l’arrière-saison, ils résisteront plus difficilement au froid et risquent de sécher. Et au printemps prochain, la reprise sera plus difficile, surtout si nous subissons un nouveau gel tardif.

 

Quelles solutions préconisez-vous ?

Premièrement, une fertilisation foliaire des plants, afin de favoriser la mise en réserve. Soit juste après les vendanges, soit au moment des premiers coups de froid. Il est un peu tard pour les vignobles septentrionaux, mais il est peut-être encore temps dans certaines vignes du Sud. En ce qui concerne les risques de dessèchement en hiver, nous recommandons de butter les jeunes plants. Les outils de travail du sol le font facilement. On parle de 20 cm de terre au dessus du plant, pas d’une simple pelletée. Cela va créer un micro-climat qui évitera au plant de sécher. On pourra effectuer un débuttage début avril, avant la taille.

 

Comment vos clients accueillent-ils ces préconisations ?

C’est plus facile pour les grands groupes, car pour eux la gestion des plantations peut faire partie du quotidien. Mais pour une petite propriété, il peut être compliqué d’accorder beaucoup de temps à ses jeunes plants. Il y a des priorités économiques, de rendement, en particulier des années comme 2021... Mais nous insistons : le sujet des plantations n’est pas à prendre à la légère. Il faut penser au potentiel de production dans 20 ans.

 

Est-ce que ce type de problématique risque de se reproduire d’une année sur l’autre ?

D’une manière générale, les plants sont fragilisées par le dérèglement climatique, et les aléas sont très difficiles à anticiper. La crise pourrait être durable. Mais la problématique n’est pas la même d’une année sur l’autre. En 2020, c’est la sécheresse estivale qui avait posé problème : nous avions conseillé d’arroser les jeunes plants, et de butter en été. Nous alertons sur les risques de surmortalité chaque année. Ce n’était pas le cas auparavant.

 

 

 

 

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