LE FIL

Dernier singe en ivresse

Disparition de Jean-Paul Belmondo, "le professionnel", mais pas en vin

Mardi 07 septembre 2021 par Alexandre Abellan

« Des ivrognes vous ne connaissez que les malades, ceux qui vomissent, et les brutes, ceux qui cherchent l'agression à tout prix ; il y a aussi les princes incognito qu'on devine sans parvenir à les identifier ».
« Des ivrognes vous ne connaissez que les malades, ceux qui vomissent, et les brutes, ceux qui cherchent l'agression à tout prix ; il y a aussi les princes incognito qu'on devine sans parvenir à les identifier ». - crédit photo : Un Singe en hiver, 1962
Disparu ce 6 septembre, l’acteur a enchaîné les succès au cinéma et au théâtre. Il s’est aussi essayé au négoce de vin de Bourgogne dans les années 1960, avec moins de réussite.

D’À Bout de souffle à l’Homme de Rio au cinéma, sans oublier Cyrano de Bergerac et Kean au théâtre, les rôles de Jean-Paul Belmondo constituent une carrière éclatante, marquant l’imaginaire de générations de spectateurs. Disparu ce 6 septembre à 88 ans, l’acteur est un amateur de vin qui laisse nombre d’anecdotes savoureuses, ayant multiplié les excès et les fulgurances avec les autres acteurs de la bande du conservatoire (Bruno Cremer, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort…). Aux début des années 1950, « on mangeait tous les jours à la cantine de l’Opéra avec de jeunes danseuses et danseurs qui ne buvaient pas de vin. Alors nous vidions leurs bouteilles, ce qui explique que nous étions un peu énervés en début d’après-midi » se souvient-il dans la biographie Belmondo écrite par Philippe Durant (éditions Robert Laffont, 1993).

Après ses premiers succès au cinéma (notamment Cartouche en 1962), Jean-Paul Belmondo souhaita investir ses cachets. Fin mars 1966, il devient négociant en Bourgogne, avec le rachat de la maison André Morey, créé en 1868 à Beaune. « Mais je n’étais pas du tout fait pour ça. Ça n’a duré que trois ans. Ça ne s’est pas très bien terminé, nous nous sommes disputés avec les autres associés » indique dans sa biographie Jean-Paul Belmondo. Pour le comédien, « je crois qu’il faut faire ce pour quoi on est fait. Si vous vous imposez restaurateur alors que vous n’êtes pas dans le restaurant tout le temps, ça ne peut pas aller. […] De plus, j’ai beau adorer le vin, je ne suis pas expert. Dommage, parce que celui-là n’était pas depuis ! Depuis, j’ai toujours mis mes sous dans le spectacle, ce qui ne m’a pas trop mal réussi ! »

"Un Singe en hiver"

Pour les amateurs de vin, Jean-Paul Belmondo reste associé au Singe en hiver, film réalisé par Henri Verneuil en 1962, avec des dialogues de Michel Audiard (« c’est bien ce que je vous reproche, vous avez le vin petit et la cuite mesquine »). Ayant connu l’auteur du roman original, Antoine Blondin, Jean-Paul Belmondo estime qu’« un Singe hiver a été la plus belle chose qu’il ait écrite sur l’alcool. C’était un peu le rôle d’Antoine que je jouais dans ce film, parce qu’on l’avait vu faire la corrida avec les voitures, comme je le fais. »

 

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