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Tensions russes

La France fait le premier de pas de la détente dans le conflit champagne/shampanskoïe

Mardi 13 juillet 2021 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 16/07/2021 10:56:53

Le dossier du champagne russe « ne doit venir perturber le bon fonctionnement de l’OIV. La France est attachée au multilinguisme dans les organisations internationales et plus globalement à l’OIV » évacue le représentant français ce 12 juillet.
Le dossier du champagne russe « ne doit venir perturber le bon fonctionnement de l’OIV. La France est attachée au multilinguisme dans les organisations internationales et plus globalement à l’OIV » évacue le représentant français ce 12 juillet. - crédit photo : Capture d'écran visioconférence Kudo ce 12 juillet
La diplomatie française tente l’apaisement avec la fédération de Russie en jouant la carte de la conciliation à l’occasion d’un vote portant sur la langue russe au sein de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin.

Le hasard sait être taquin. Ce 12 juillet à Paris, l’assemblée générale de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin étudiait la reconnaissance du russe comme langue officielle (sa sixième). Dix jours plus tôt, la Fédération de Russie adoptait une loi fédérale réservant la transcription de "champagne"en cyrillique (soit "shampanskoye") aux seuls vins pétillants russes (les vins de Champagne pouvant garder leur appellation en latin, mais devant s’afficher en langue russe comme "vins mousseux"). Pour qui n’est pas diplomate, ce vote de l’OIV aurait été l’occasion de rendre la monnaie de leur pièce à la Russie. Pour qui veut résoudre un conflit larvé sans plus d’esclandres, mieux vaut courber l’échine pour mieux entamer les négociations.

Votant pour la reconnaissance du russe comme sixième langue de l’OIV, le représentant de la France a tenu à s’expliquer sur ce soutien devant l’assemblée générale : « la discussion d’aujourd’hui se déroule dans un contexte particulier, puisque la France est fortement préoccupée par la récente adoption par la fédération de Russie d’une loi fixant de nouvelles prescriptions relatives à l’étiquetage du vin. Cette loi nous paraît marquer un recul quant au traitement des vins étrangers importés sur le marché russe. Un recul en termes de reconnaissance des indications géographiques et potentiellement porteuse d’obstacles techniques aux échanges. »

"Normes viticoles conformes aux standards internationaux"

Poursuivant, le diplomate français estime que « ce dossier doit faire l’objet de discussions dédiées entre les parties concernées, pour trouver des solutions partagées. […] Nous estimons que les travaux de l’OIV doivent se réaliser dans un climat apaisé. Conforme à la nature technique de cette organisation. C’est donc dans cet état d’esprit que du côté de la délégation française nous avons décidé de voter en faveur du projet de décision. Nous formons le vœu que la traduction en langue russe des travaux de l’OIV soit de nature à faciliter l’implication de nos collègues russophones dans la vie de l’organisation et, plus globalement, favorisera à l’avenir l’adoption par la fédération de Russie de normes viticoles pleinement conformes aux standards internationaux. »

28 pays ayant voté pour cette proposition (avec une vingtaine d’abstentions), la langue russe devient la sixième langue officielle de l’OIV (le coût des traductions étant prises en charge par la délégation russe). Prenant la parole à la suite de son homologue français, le représentant russe n’a pas réagi à ses propos sur la nécessité de résoudre le conflit champagne/shampanskoïe. Il s’est contenté de remerciements, en français.

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