LE FIL

Irriguer et assurer le débat

Vendredi 28 mai 2021 par Alexandre Abellan

Cela tiendrait presque du réflexe pavlovien. Dès qu’il s’agit d’illustrer les effets aussi concrets que rapides du dérèglement climatique, l’avancement des dates de vendanges durant les dernières décennies est évoqué. Sa sensibilité climatique en faisant un vrai canari dans la mine de charbon, le vignoble va avoir l’occasion de faire entendre ses expériences et besoins en termes d’adaptation au changement climatique lors du Varenne de l’eau et du changement climatique qui s’ouvre ce 28 mai. Devant se clôturer début 2022, cet exercice gouvernemental de débats scientifiques, syndicaux et citoyens va aussi bien traiter l’accès agricole à l’eau que la réforme de l’assurance récolte.

Deux points particulièrement cruciaux pour l’avenir de la filière vin. Alors que le ministre de l’Agriculture souhaite revoir les sources de financement de l’assurance récolte, tout l’enjeu pour le vignoble est d’obtenir un outil permettant aux entreprises touchées de tenir le coup des sécheresses, gelées et autres orages de grêle. Alors que les usages de l’eau sont appelés à toujours plus se tendre, débattre des modalités d’irrigation du vignoble n’aura jamais été aussi pertinent pour en connaître les besoins. Nourries par les représentants viticoles, les réflexions sont justement en germe au sein de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité, concernant notamment l’interdiction d’arrosage des vignes AOP et IGP après le 15 août.

A la filière vin d’irriguer et assurer ces débats qui façonnent durablement son avenir. Non seulement pour les chefs d’entreprise actuels, mais aussi pour ceux de demain. Comment envisager des installations de jeunes vignerons sans filet de sécurité face aux aléas climatiques à répétition ?

 

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