LE FIL

Traitements phytos

Les viticulteurs tiennent à leur BSV

Mercredi 31 mars 2021 par Marion Bazireau

Le BSV Nouvelle-Aquitaine du 12 mai 2020 signalait des symptômes de black-rot sous forme coup de fusil.
Le BSV Nouvelle-Aquitaine du 12 mai 2020 signalait des symptômes de black-rot sous forme coup de fusil. - crédit photo : CA33 - FREDON
Le budget à la baisse rend l’avenir des Bulletins de Santé du Végétal incertain. Pourtant, les agriculteurs, viticulteurs et techniciens y tiennent. C’est ce que révèle une enquête auprès de 1 169 d’entre eux en Nouvelle-Aquitaine.

Les Bulletins de Santé du Végétal (BSV) sont sur la sellette. En début d’année, Sébastien Windsor, le président de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture (APCA), déclarait qu'ils faisaient l’objet d’une « vraie menace ».

Quelques semaines plus tôt, une nouvelle baisse de 400 000 euros de leur financement avait été votée. Si le BSV ne disparait pas en 2022, il est fort à parier que sa forme changera.

Dans ce contexte de crise, les animateurs des BSV de Nouvelle-Aquitaine ont recueilli l’opinion de leurs lecteurs sur l'avenir de la surveillance leur territoire. Leur enquête en ligne a reçu 1169 réponses, dont 58 % d’agriculteurs, avec une forte proportion de viticulteurs girondins, et 24 % de conseillers. Dans ce panel, plus de 73 % des agriculteurs sont engagés dans une démarche environnementale, principalement la certification Haute Valeur Environnementale (HVE).

« Les agriculteurs utilisent les informations du BSV en priorité pour les croiser avec l’information reçue issue d’autres supports techniques puis en second comme « alerte pour aller observer les parcelles » » indiquent les rédacteurs du rapport.

"15% l'utilisent pour déclencher un traitement"

Le BSV a également un intérêt pédagogique en décrivant les bioagresseurs et 15 % l’utilisent pour déclencher ou non un traitement.

Concernant une version « rénovée » du BSV, les agriculteurs aimeraient disposer des « mêmes informations qu’actuellement », preuve que l’outil leur convient dans sa forme actuelle. Ils aimeraient néanmoins disposer de données plus locales.

Attente de conseils

Ils font également remonter une « attente de conseils à la protection des cultures », « un axe qui n’est pas développé actuellement dans les bulletins, car la préconisation n’est pas autorisée par la circulaire de 2009 qui encadre le dispositif BSV / Ecophyto » rappelle les rédacteurs.

Certains participants ont aussi indiqué qu’ils aimeraient trouver dans leur BSV des informations sur les expérimentations en cours, des liens vers des articles plus détaillés, et des résultats d’évaluation de produits, surtout en biocontrôle.

L’envoi chaque semaine à un jour fixe correspond très bien aux techniciens, qui aimeraient aussi des « flashs » quand une information importante tombe. Les agriculteurs mettent aussi un besoin d'information en temps réel, chaque fois que les observations évoluent.

Ils aimeraient enfin que le BSV soit diffusé vers le public non agricole en passant par les supports des mairies.

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