LE FIL

Couverts végétaux

Les premiers pas de l’hydromulching en viticulture

Lundi 19 octobre 2020 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 02/11/2020 09:01:31

Banton Lauret a monté un hydroseeder Finn sur un autoporteur Pellenc et fait revenir deux tuyaux à l’avant pour mettre en œuvre cette technique.
Banton Lauret a monté un hydroseeder Finn sur un autoporteur Pellenc et fait revenir deux tuyaux à l’avant pour mettre en œuvre cette technique. - crédit photo : Banton Lauret
A la recherche d’alternatives aux désherbages chimique et mécanique, sept domaines bordelais testent une technique devant leur permettre d’enherber leurs cavaillons sans travail préalable du sol et sans arrosage.

C’est une première en France. Depuis deux campagnes dans le cadre du projet Essor, plusieurs domaines viticoles bordelais testent l’hydromulching pour enherber leurs cavaillons.

« Cela consiste à projeter hydrauliquement sous le rang une bouillie composée de graines, d’eau, d’engrais, et de cellulose qui assure son adhérence au sol » rappelle Pierre Dufaure, responsable technique chez Banton Lauret.

"12m3/ha d'eau"

Sur le papier, l’hydromulching a de nombreux avantages. « Il permet de semer sans préparation, sans roulage, sans contraintes météorologiques, et sans arrosage. 12m3/ha d’eau sont projetés en même temps que les graines » détaille Pierre Dufaure.

En 2019, le prestataire a monté un hydroseeder Finn sur un autoporteur Pellenc et fait revenir deux tuyaux à l’avant pour mettre en œuvre cette technique chez six viticulteurs et sur 0,5 ha de son propre vignoble à Saint-Magne-de-Castillon. 

« Nous avons démarré dans nos vignes la dernière semaine d’août alors qu’il faisait très chaud et sec » se souvient Pierre Dufaire. Le prestataire à semé dans ses sols sableux un mélange de chez Barenbrug de trois trèfles, fraise, souterrain, et blanc, formant un tapis bas facile à tondre et se régénérant automatiquement plusieurs années. « Nous avions au préalable passé un coup de lame pour éliminer les quelques adventices présentes sous le rang. »

L’opération a été couronnée de succès. « Les trèfles ont bien colonisé le milieu et le cavaillon est resté propre. Nous n’avons notamment pas été embêtés par l’érigéron. Nous avons tondus les trèfles en juin et ils ont bien repiqué. » 

Les clés de la réussite

Dans les six autres domaines, les résultats n’ont pas été si bons. « Dans certaines parcelles, des adventices sous le rang ont empêché les graines de germer. Nous avons retenté l’expérience il y a un mois en demandant aux viticulteurs de passer une lame. Nous verrons dans quelques jours si cela a payé » expose Pierre Dufaure.

L’absence de résidus d’herbicides semble être une autre condition de réussite. « A Saint-Magne, nous n’avons pas eu de difficultés car les vignes sont conduites en bio. En revanche, chez un des viticulteurs habitué à travailler avec des herbicides chimiques, les semences n’ont pas pris alors qu’il avait bien nettoyé son sol avant notre passage » reprend le responsable technique.

"Evaluer le prix de l'hydromulching"

Les essais doivent durer jusqu’en 2023. « Cela nous laisse le temps d’évaluer le prix de l’hydromulching. La technique ne sera intéressante que si les coûts de la machine et du mulch sont amortis sur plusieurs années. S’il faut retourner semer tous les ans, elle coûtera deux à trois fois plus chère que le désherbage mécanique » assure Pierre Dufaure.

Les partenaires doivent aussi se rapprocher de l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) pour s’assurer que l’apport d’eau au moment des semences ne constituent pas un frein à la production de vins en appellation.

 

 

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