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Provence

Les couverts végétaux n’ont presque plus de secrets pour ces viticulteurs

Lundi 05 octobre 2020 par Marion Bazireau

La vesce commune a restitué beaucoup de nutriments à la vigne.
La vesce commune a restitué beaucoup de nutriments à la vigne. - crédit photo : IFV
Dans le Luberon, deux ans d’essais ont permis à 15 viticulteurs de savoir quelles espèces planter pour obtenir des couverts végétaux à fort rendement en biomasse, et de voir les insectes et les oiseaux revenir dans leurs vignes.

Depuis 2 ans, une quinzaine de viticulteurs du Luberon réunis au sein d’un GIEE (Groupement d'intérêt économique et environnemental) testent un grand nombre de couverts végétaux sur leurs inter-rangs.

A l’automne 2018, ils ont voulu balayer large et semé un grand nombre d’espèces. « Le plus souvent ils ont choisi une base de fabacées (trèfles, féverole, lentille, luzerne, vesce, pois…) et de poacées (blé, triticale, seigle, orge, avoine, sorgho…), complétée par des crucifères » rapportent dans une synthèse les conseillers de la Chambre d’agriculture du Vaucluse Viviane Sibé et Yves Texier.

Tous ces semis ont restitué entre 6 et 34 tonnes de biomasse par hectare plein, dont 30 à 200 kg d’azote et 10 à 230 kg d’oxyde de potassium. Ce grand écart a permis au groupe de tirer ses premières conclusions. « Nous nous sommes notamment aperçus que les mélanges du commerce doivent être semés à une dose nettement supérieure à celle recommandée, autour de 30 à 35 kg/ha au lieu des 20 kg affichés. »

Moins de biomasse avec les semis d’octobre

Vivianne Sibé et Yves Texier ont aussi remarqué que les semis réalisés après septembre avaient moins rendu de biomasse, qu’un roulage est nécessaire sur les grosses graines semées en mélange, et que les plus petites doivent être semées sur un lit assez fin.

A l’automne suivant, les viticulteurs ont créé un mélange composé des espèces qui avaient le mieux marcher. De la mi-septembre à la mi-octobre, ils ont semé sur 70 hectares de vigne de la féverole, de la vesce, du pois fourrager, de l’orge, de l’avoine, du seigle d’hiver, plus quelques brassicacées. « En début d’année, les semis de septembre s’étaient mieux développés. Les différences se sont estompées au printemps, peut-être du fait de la grande pluviométrie en hiver » supposent les conseillers.

"Faire un aller-retour lors du roulage "

Ces couverts ont été détruits à partir du mois de mars, en majorité par broyage, parfois par roulage. « Dans le cas du roulage, comme la première année, nous avons constaté des relevages de graminées et de nouveaux départs de vesce. Les viticulteurs doivent faire un aller-retour sur leurs inter-rangs pour que l’opération soit efficace. »

La féverole et la vesce ont bien profité au sol et ce mélange a été bien plus efficace que les semis de 2018. Il a restitué en moyenne 25 tonnes de biomasse verte par hectare plein et 4 tonnes de biomasse sèche, avec 190 kg d’azote. 

« Si le potassium est déjà soluble, l’azote et le phosphore doivent être minéralisés pour profiter à la vigne » rappellent les conseillers. Pour accélérer la restitution, ils préconisent un broyage suivi d’un enfouissement superficiel.

"Des nids dans les couverts "

En plus d’apporter des nutriments au sol, ces couverts ont eu le mérite de limiter l’érosion, le développement des adventices, et d’attirer de nombreux arthropodes. Les viticulteurs ont aussi trouvé des nids d’oiseaux dans leurs inter-rangs semés. Cerise sur le gâteau, les couverts leur ont demandé moins de travail que le désherbage mécanique.

Dans les jours à venir, le groupe sèmera le même mélange, en remplaçant simplement le seigle par du triticale.

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