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Languedoc

Deux ODG sur le point de quitter le CIVL

Mercredi 29 avril 2020 par Michèle Trévoux

Deux ODG sont sur le point de quitter le CIVL, en cause la politique de promotion mise en oeuvre par l'interprofession.
Deux ODG sont sur le point de quitter le CIVL, en cause la politique de promotion mise en oeuvre par l'interprofession. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Les syndicats du Minervois et du Muscat de Frontignan ont décidé lors de leur dernière AG de ne pas renouveler les accords triennaux 2021/2023 avec le CIVL. En cause : une stratégie de communication et promotion qui ne répond pas à leurs attentes.

Le périmètre du CIVL pourrait se réduire à partir de 2021. Deux ODG, Minervois et Muscat de Frontignan, ont notifié par courrier à l’interprofession leur décision de ne pas s’engager dans les prochains accords interprofessionnels 2021/2023.  « Ces dernières années, les actions de promotion et communication ont été focalisées sur l’AOC Languedoc. Il faut revenir à une meilleure visibilité pour les autres AOC, avec la mise en place d’une communication spécifique pour chacune d’elles », plaide Philippe Coste, le président de l’ODG. Le vigneron audois dénonce également la stratégie d’accompagnement des entreprises mise en œuvre à travers le Club des marques. « Cette stratégie a du sens dans le cadre d’une interprofession comme InterOc où 80% des volumes sont vendus en vrac à des metteurs en marché qui valorisent l’IGP d’OC à travers des marques fortes. Pour les AOC du Languedoc, 55 à 60 % des volumes sont commercialisés en direct de la propriété par de petites structures. La stratégie ne peut être la même », insiste-t-il.

"Ni un coup de tête, ni un chantage"

L’ODG se réserve cependant la possibilité de revenir sur sa décision si les lignes bougeaient au sein de l’interprofession : « La mise en place d’une plateforme de marques des AOC du Languedoc nous semble aller dans le bon sens. Nous attendons de voir si ces travaux permettent effectivement de déboucher sur des résultats concrets permettant de revenir à la mise en place d’actions de communication d’appellations voir de groupes d’appellations, collectives, au service de nos signes de qualité et non à celle d’un groupe ou cluster d’entreprises », précise-t-il tout en soulignant « Ce n’est ni un coup de tête, ni un chantage. J’ai été un des membres fondateurs de cette interprofession, ce n’est pas de gaité de cœur que j’en sortirai ».

Des retombées trop limitées

Pour le syndicat de l’AOC Muscat de Frontignan, la décision de retrait, validée lors de l’AG du syndicat en juin dernier, est ferme et définitive. « C’est un sujet dont nous débattons depuis une dizaine d’années. Nous ne sommes pas en phase avec les grandes lignes directrices sur lesquelles se focalise la communication de l’interprofession : les rosés et l’export. Notre AOC ne produit pas de rosé et nous vendons la quasi-totalité de notre production en France, essentiellement dans la grande distribution. Les retombées de notre adhésion au CIVL sont trop limitées. Notre engagement prendra fin début janvier 2021 », argumente Jean Denis Ferrières, le président de l’ODG.  L’AOC Muscat de Frontignan avait rejoint le CIVL en 2000. Plus ancienne AOC du Languedoc, reconnue dès 1936, elle produit 20 000 hl par an, dont 90 % provient de la cave coopérative.



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