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Crise du Coronavirus

La filière vin appelée à recourir massivement aux Prêts Garantis par l’État

Vendredi 27 mars 2020 par Alexandre Abellan

Les problèmes de trésorerie doivent rapidement être évacués, « il y a déjà assez de difficulté avec la raréfaction des points de ventes, les problèmes de logistique et de main d’œuvre » souligne Bernard Farges.
Les problèmes de trésorerie doivent rapidement être évacués, « il y a déjà assez de difficulté avec la raréfaction des points de ventes, les problèmes de logistique et de main d’œuvre » souligne Bernard Farges. - crédit photo : CIVB
Alors que les trésoreries sont dévitalisées et que les travaux viticoles sont lancés, la CNAOC conseillent aux entreprises de la filière vin de contracter un PGE auprès de leurs banques pour régler leurs dépenses de main d’œuvre et de consommables.

Entre le réveil printanier du cycle de la vigne et le confinement des commercialisations de vin, « c’est le grand écart » pose le dernier communiqué de la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin AOC (CNAOC) : « sans entrée d’argent, comment payer les salariés dont on a impérativement besoin pour continuer la culture de la vigne ? » Pour relever ce défi, les entreprises de la filière doivent renflouer leurs trésoreries en utilisant les Prêts Garantis par l’État (PGE). Annoncé ce 16 mars, ce fonds national de 300 milliards d’euros est disponible depuis ce 25 mars dans les agences bancaires pour toutes les entreprises. « Le prêt garanti par l’État est un prêt de trésorerie d’un an. Ce prêt de trésorerie pourra couvrir jusqu’à trois mois de chiffre d’affaires » précise le ministère de l’Economie.

Plafonné à un trimestre d’activité, ce dispositif « comportera un différé d’amortissement sur cette durée. L’entreprise pourra décider, à l’issue de la première année, d’amortir le prêt sur une durée de 1, 2, 3, 4 ou 5 années supplémentaires » ajoute Bercy. Cette garantie publique s’élève à 90 % pour les sociétés employant moins de 5 000 salariés et enregistrant moins de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Dans tous les cas, les entreprises, « notamment les plus grandes, qui ne respecteraient pas leurs obligations en termes de délais de paiement, n'auront pas accès à cette garantie de l'État pour leurs crédits bancaires » précise le gouvernement. Une fois le montage financier validé avec son banquier, les démarches se font sur le site dédié de la Banque Publique d’Investissement (BPI). À noter que le dispositif est ouvert jusqu’au 31 décembre 2020 et qu jusqu’à la fin avril 2020, chaque entreprise ne peut déposer qu’une demande de prêt garanti.

Alternatives au PGE

Si les banques annoncent leur soutien au PGE (voir encadré), le médiateur du crédit aux entreprises peut être sollicité en cas de refus d’octroi de PGE pas son banquier. D'autres options de prêts sont également envisageables en passant directement par la BPI, qui propose des options Rebond et Atout. En l'étant, ces deux prêts sont cependant calibrés pour les grandes entreprises agricoles (excluant celles réalisant moins de 750 000 € de chiffre d'affaires) et pourraient ne pas être ouverts aux caves coopératives (une question de statut reste en suspens). Pour ouvrir le champ des possibles, avec des taux potentiellement plus intéressants, l'Association Nationale des Élus du Vin (ANEV) demande aux pouvoirs publics de « faciliter l’accès des exploitations agricoles à des prêts de trésorerie » en assouplissant les critères d'éligibilité aux prêts Rebond et Atout.

"Urgent de faire circuler l’argent"

Avec ces dispositifs d’aide à la trésorerie, « l’ensemble des acteurs économiques doit effectuer le plus rapidement possible le paiement des transactions déjà réalisées. Il est impératif que les acteurs de l’amont et de l’aval de la filière viticole honorent leurs factures en cours » souligne la CNAOC. « Le mécanisme de prêts garantis par l’État doit impérativement être sollicité par toutes les entreprises pour honorer les factures. Chaque acteur doit désormais se rapprocher de sa banque. Il est urgent de faire circuler l’argent pour éviter des défaillances d’entreprises » précise Bernard Farges, le président de la CNAOC.

 

* : « Par exception, pour les entreprises nouvellement créées ou innovantes, ce plafond est fixé à 2 années de masse salariale » précise le ministère de l’Economie.

Soutien annoncé des banques au PGE

« Dans la situation que traverse notre pays, l’engagement de nos réseaux et de nos collaborateurs pour soutenir l’économie française est total. Nous répondons présents sur tous les territoires auprès de tous nos clients. L’ensemble des moyens de l’État et nos ressources propres vont permettre d’apporter les bonnes solutions aux entreprises confrontées à cette crise hors norme. Les banques sont et seront là ! » annonce dans un communiqué Frédéric Oudéa, le président de la Fédération Bancaire Française.

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