LE FIL

ZNT riverains

Emmanuel Macron promet qu'il n'y aura pas « d'insécurité juridique »

Mardi 25 février 2020 par Bertrand Collard

Bernard Angelras, président de l'IFV, Georges Haushalter, vice-président du conseil des vins de FranceAgriMer, Bernard Farges, président de la Cnaoc, Jean-Marie Barillère, président du Cniv et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer sur le pavillon des vins le 24 février.
Bernard Angelras, président de l'IFV, Georges Haushalter, vice-président du conseil des vins de FranceAgriMer, Bernard Farges, président de la Cnaoc, Jean-Marie Barillère, président du Cniv et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer sur le pavillon des vins le 24 février. - crédit photo : B. Collard
Lors de sa visite au pavillon des vins le 22 février, le président de la République s'est voulu rassurant quant à la mise en oeuvre du l'arrêté sur la ZNT riverains cette année.

« Le président nous a dit : durant cette campagne on ne mettra aucun agriculteur dans l’insécurité juridique vis-à-vis des ZNT riverains », rapporte Jérôme Despey. Ce 24 février, lors d’une conférence de presse commune de plusieurs responsables de la filière viticole, le président du conseil des vins de FranceAgriMer est revenu sur la visite d’Emmanuel Macron au pavillon des vins du Salon de l’agriculture deux jours plus tôt.

Lors de cette rencontre, Emmanuel Macron a promis qu’il n’aurait pas de contrôles à fins de sanction de la part de l’administration. « L’administration fera seulement des contrôles à visée pédagogique, nous a dit le président de la République », détaille Jérôme Despey.

Quid des plaintes que pourraient déposer des riverains vis-à-vis de traitements qu’ils jugeraient trop proches des habitations ? Après les propos rassurants du président de la République, la filière s’attend à ce qu’elles ne puissent pas déboucher sur des sanctions. Une circulaire devrait préciser les choses dans les prochains jours.

« L’arrêté est sorti le 27 décembre pour une mise en application au 1er janvier, c’est un peu court en termes de délai, ironise Jérôme Despey. Dans tous les secteurs, des changements d’une telle importance sont assortis d’un calendrier de mise en œuvre. Avec les ZNT riverains cela n’a pas été le cas. On ne peut pas accomplir un changement d’une telle importance d’un claquement des doigts. »

Les plus optimistes se prennent à rêver d’un report d’une campagne de la mise en œuvre de l’arrêté ZNT pour laisser le temps aux exploitants de s’y adapter

Taxes américaines : la filière hausse le ton

Dans l’affaire de la taxe de 25 % sur les vins français importés aux Etats-Unis, « il y a deux coupables : l’Etat français et Airbus et une victime, notre filière, a rappelé Bernard Farges, président de la Cnaoc (confédération des syndicats d’AOC), le 24 février, au salon de l’agriculture à Paris. Mois après mois, région par région, nous voyons diminuer les exportations françaises. L’Etat français est responsable de la situation dans laquelle se trouve la viticulture. Samedi [lors de la visite du président de la République], nous n’avons pas eu de réponse à la hauteur de nos attentes de [sa] part. »

« La taxe a un impact majeur pour l’ensemble de la filière, a souligné Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer. Il nous faut une réaction appropriée et immédiate. La réponse du chef de l’Etat consistant à nous dire que l’accord pourrait être obtenu en mai ou en juin n’est pas adaptée à l’urgence de la situation. C’est maintenant qu’il faut obtenir l’autorisation de la Commission européenne d’ouvrir un fond de compensation pour la taxe américaine. »

« Quand la viticulture soufre toute l’économie des campagnes françaises est mise à mal. Si rien n’est fait, cette affaire causera la perte de 100000 emplois en France », a ajouté Jean-Marie Barillère, président du Cniv (comité des interprofessions), sans entrer dans les détails de son calcul.

La filière viticole demande au plus vite l’accord de principe pour la création d’un fonds de compensation à hauteur de 300, voire 400 millions d’euros.

« Une fois l’accord obtenu, nous pourrons dire à nos acheteurs que nous pouvons prendre en charge la taxe et qu’ils peuvent continuer à mettre nos vins dans leurs linéaires », explique Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France.

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