LE FIL

Brexit

Chez les Anglais, le goût du vin rimerait avec attachement européen

Mardi 10 décembre 2019 par Sharon Nagel

65% des consommateurs britanniques pensent rester fidèles à leur vin européen préféré après le Brexit
65% des consommateurs britanniques pensent rester fidèles à leur vin européen préféré après le Brexit - crédit photo : Sharon Nagel
D’après une enquête réalisée par Wine Intelligence, les consommateurs britanniques de vins seraient plus enclins à voter contre le Brexit en cas de nouveau référendum que leurs homologues non consommateurs.

Lors du premier référendum en juin 2016, une petite majorité de consommateurs de vins (51%) ont voté contre le Brexit* selon un sondage réalisé à l’époque par Wine Intelligence parmi son panel de consommateurs mensuels. Trois ans plus tard, dans le cadre de son enquête Vinitrac UK menée fin octobre, au moment où Boris Johnson sollicitait un nouveau report du Brexit, ce pourcentage était passé à 55%. Wine Intelligence s’est alors demandé pour quelle raison le nombre de consommateurs souhaitant rester dans l’Union Européenne aurait augmenté pendant cette période, sachant que globalement, 52% de la population affirme souhaiter y rester désormais. Au-delà de cette tendance nationale, d’autres facteurs entrent sans doute en ligne de compte. Pays sans histoire viticole, le vin y est souvent consommé par des populations ayant des revenus supérieurs à la moyenne, c’est-à-dire celles qui ont voté majoritairement pour rester dans l’UE. Mais Wine Intelligence remet en cause ce parallèle facile en rappelant que les personnes les plus âgées – qui ont souvent plébiscité le Brexit – figurent également parmi les consommateurs réguliers de vins.

Les coûts supplémentaires devront être absorbés par les consommateurs

Deuxième hypothèse : la consommation régulière de vin entraîne une affinité culturelle avec l’Europe continentale, et donc une volonté de rester au sein de l’UE. Mais, même si les consommateurs de vins ont plus tendance à passer leurs vacances en Europe continentale, la corrélation n’est de nouveau pas étayée par les résultats des enquêtes. Wine Intelligence invoque plutôt, l’impact prévisible sur le porte-monnaie des consommateurs. « Jusqu’à présent, le secteur du vin britannique a absorbé une grande partie des augmentations de coûts sur les vins importés liées aux évolutions négatives des taux de change. Mais les experts en commerce affirment que tout cela va changer après le mois de janvier. Ils déclarent que le Brexit (quelle qu’en soit la forme) entraînera des délais et des coûts supplémentaires au niveau de la production et la distribution de vins qui devront être absorbés par le consommateur ».  C’est la plus grande prise de conscience du futur impact de ces coûts supplémentaires sur le budget vins qui expliquerait l’augmentation du nombre de consommateurs voulant rester dans l’UE, propose Wine Intelligence. « Quelque 7 consommateurs mensuels de vins sur 10 pensent que le Brexit, si toutefois il intervient, provoquera une augmentation des prix des vins ». Enfin, si 65% des consommateurs pensent rester fidèles à leur vin européen préféré après le Brexit, 29% d’entre eux prévoient d’acheter moins de vins européens, contre 6% qui en achèteraient davantage.

 

*Aux fins de l’enquête, Wine Intelligence a ajusté ses données pour exclure les non votants, les inéligibles et ceux qui n’ont pas révélé comment ils ont voté

 

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