LE FIL

Comment accélérer l'innovation ?

Vendredi 29 novembre 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Le Sitevi 2019 se ferme sur un beau succès placé sous le signe de la croissance. Les exposants étaient plus nombreux. Les visiteurs aussi. Quel dynamisme et quel plaisir de voir ainsi la viticulture s’intéresser, découvrir, voire investir pour moderniser ses outils de production. Une belle énergie qui se démultiplie dans les projets d’innovation présentés mais qui se languissent de trouver des investisseurs. Car, s’il est bien une question sur laquelle de nombreux visiteurs ont pu échanger, c’est celle de l’industrialisation de l’innovation qui reste parfois timide dans le secteur vitivinicole, laissant les projets se morfondre dans les tiroirs par manque de financements. De quoi s’interroger sur la nécessité de créer et bâtir pour la filière vitivinicole des outils de financement de l’innovation. Il y a bien sûr les aides publiques nationales ou européennes. Il y a aussi le crowdfunding. Les structures de négoce ou les grandes caves coopératives s’impliquent également dans l’expérimentation et l’industrialisation de l’innovation. Mais est-ce suffisant ? Faut-il créer un outil collectif de financement de l’innovation comme une fondation ? L’idée pourrait accélérer la modernisation globale de la filière vitivinicole et permettre de rattraper son retard par rapport à d’autres filières agricoles.

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Kyoxilbuzz Le 04 décembre 2019 à 03:09:19
Dans un climat ou les Bordeaux sont au plus bas, Bergerac dans le trou, l'Alsace mycorhizée, le Sud brûlé (et maintenant sous l'eau...) et ou les hygiénistes attaquent ce vice immonde qu'est la consommation de vin et les pseudo-ecolos matraquent quiconque est assis sur un tracteur, est-il vraiment raisonnable de pousser vers encore plus d'investissements technologiques? Pour sur, nos banquiers ne rêvent que de cela, pour pouvoir encore s'en mettre plein les fouilles...Les seules innovations qui me sembleraient raisonnables sont celles qui pourront rendre notre viticulture beaucoup plus autonome, résiliente et indépendante des banques, du pétrole, des phytos mais surtout des grands groupes agroalimentaires (Bayer, Monsanto, Perno, LVMH...), des gros négociants bradant leurs bibines sans âmes en GD (donnant ainsi des armes aux hygiénistes car,oui, le cubi 5L Bordeaux rouge a 2 euros, ce n'est plus une boisson plaisir et modératrice...) , et autres milliardaires qui s’achètent des Chateaux pour faire les beaux (et ramasser des exemptions d’impôts...). Pour moi, la sortie de cette crise viticole se fera par vraiment redevenir une industrie d'artisans-paysans, par réduire les surfaces de vignes en les transformant en agroforestrie ou permaculture, par annuler les charges sociales intenables pour les petits exploitants indépendants qui passent tout en bio et implémentent un maximum de traction animale (pour compenser le budget, augmentation drastique des taxes sur les grosses exploitations et ''usines a vin'', taxes carbones plus importantes sur les importations...), et enfin, une grosse diète pour les douanes, FranceAgriMer, MSA et autres organisations dont les technocrates ne cessent de pomper notre temps...Une heure de passée au bureau a faire des formulaire en 9 exemplaires, c'est une heure de moins passé dans les vignes a surveiller le mildiou... Comme on dit, "Small is beautiful"..bah ça devrait être pareil pour les vignobles.
Manon Garcia Le 02 décembre 2019 à 09:05:57
En comparaison à des secteurs agricoles comme celui des grandes cultures, la vitiviniculture reste un marché de niche. Plus qu'un problème de financement (il y a beaucoup de financements disponibles pour les projets d'innovation en France), il faut avant tout voir le marché et il faut que l'investissement soit absorbé par ce marché... Par ailleurs, INNO'VIN a lancé cette année le premier forum d'investissement dédié à l'investissement privé dans le secteur vitivinicole, INNOV'INVEST. Il existe des initiatives, par contre une fondation, je ne suis pas certaine que cela marcherait : une fondation doit avoir un caractère d'intérêt général et non privé (éducation, arts...)... bref, on ne peut pas créer une fondation pour aider des investissements productifs. C'est pour cela que des structures comme INNO'VIN ont été créées !
louis julien SOURD Le 29 novembre 2019 à 18:01:56
Il y a déjà 20 ans l'ITV avait de grandes difficultés à boucler son budget . Il vivait chichement alors que régnait l'opulence dans plusieurs régions viticoles..La réforme du CASDAR et la fusion de l'ITV et de l'ENTAV devaient permettre de constituer un puissant pôle d'expérimentation et d'innovation.. Chaque interprofession rechigne à verser sa contribution au "pot commun" pour accélérer l'innovation. Pourquoi pas une FONDATION VITI VINI ?
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