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Phytos

La viticulture campe sur un rejet des ZNT riverains

Jeudi 12 septembre 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Le gouvernement propose un arrêté visant à instaurer une distance de sécurité de 10 mètre entre les habitations et les zones d'épandage des produits phytosanitaires.
Le gouvernement propose un arrêté visant à instaurer une distance de sécurité de 10 mètre entre les habitations et les zones d'épandage des produits phytosanitaires. - crédit photo : DR
Après la mise en consultation publique du projet d’arrêté phyto relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des zones d’habitation et celui instaurant des chartes d’épandage, les voix syndicales viticoles défendent en cœur le rejet d’une création de ZNT.

C’est non ! La création de ZNT riverains n’est pas envisageable, indique Bernard Farges, président de la CNAOC. Même son de cloche au Syndicat général des vignerons de la Champagne qui martèle son opposition : « Les ZNT riverains ne sont pas la bonne réponse ! ». Quant aux Vignerons indépendants : « C’est très clair : les ZNT riverains doivent être égales à zéro » assène Jean-Marie Fabre, président des Vignerons Indépendants. La mise en consultation publique des projets d’arrêtés sur l’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des zones d’habitation et du projet de décret instaurant des chartes d’épandage provoquent un levier unanime des boucliers.

10 mètres

L’arrêté phyto propose d’instaurer une distance de 10 mètres sans traitement en viticulture. Le mode de calcul de la distance n’est pas précisé. La distance ne s’applique pas pour les produits de biocontrôle et à faibles risques ainsi que dans le cadre des traitements de lutte obligatoire. Ces mesures peuvent être adaptées par l’utilisation d’équipements anti-dérive ou l’utilisation de moyens permettant de maîtriser le risque d’exposition en le diminuant d’au moins 50 % (et après validation par l’Anses). Le texte ne précise pas les caractéristiques que doivent respecter un équipement anti-dérive. Concernant, l'arrêté sur les Chartes, le texte précise leur délais de formalisation à savoir mars 2020. Le texte indique q'uelles doivent intégrer au moins les modalités d'information des résidents (y compris le délais de prévenance), les distances de sécurité définies et les mesures permettant leur adapatation.

La profession viticole de justifie sa position tranchée par le système d’agrément des produits phytosanitaires. « La bonne ZNT est celle qui est prévue pour le produit dans le cadre de son AMM » pose Bernard Farges. « S’il y a des produits dangereux, ils ne devraient pas être sur le marché » poursuit Bernard Angelras, président de l’IFV. Car, complète Jean-Marie Fabre, « si l’Anses donne des conditions d’applications dans le cadre de l’AMM, le risque pour la santé doit être nul ! ».

Chartes d'épandages au placard ?

Par ailleurs, les organisations professionnelles viticoles s’interrogent sur le rôle que pourront réellement jouer les Chartes d’épandage. Avec un arrêté qui instaure une distance de 10 mètres sans traitement dans les vignes, comment sera-t-il possible de négocier une distance moi-disante ? « Alors que ces Chartes d’épandage sont au cœur de la loi EGAlim, on les enlève » regrette Jean-Marie Fabre. Les deux textes ne « nous laissent pas franchement la capacité de réduire les distances » complète un observateur. Une chose est sûre : les organisations professionnelles viticoles participeront à la consultation publique. Et Jean-Marie Fabre de regretter que cette consultation sera plus l’affaire d’une confrontation politique entre pro et anti ZNT qu’une réflexion scientifique et rationnelle sur la question de l’épandage des phytos à proximité des zones d’habitation.

Enfin, les organisations professionnelles viticoles restent vigilantes sur la question de l’aménagement du territoire. Elles souhaitent que les promoteurs immobiliers soient désormais responsables de l’aménagement des abords de leurs constructions vis-à-vis de l’épandage des produits phytosanitaires. Et attentendent qu'une loi foncière instaure ce principe rapidement.

 

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Maury François, oenologue Le 14 septembre 2019 à 10:25:34
Réaction d'un jeune agriculteur que j'ai trouvée pertinente: Faut-il protéger les villes de la pollution des campagnes ou les campagnes de la pollution des villes ? Effectivement il serait bon de créer un cordon de sécurité entre les villes et les campagnes, mais il faut absolument pousser le raisonnement jusqu'au bout. Ce ne sont pas 5 ou 10 mètres mais 150 mètres minimum, on va créer une bulle sans produit chimique autour des villes. Ces surfaces seront cultivées en bio ou occupées par des prairies naturelles avec des coquelicots. Bien entendu, il n'y aura plus de pollution dans la ville, donc plus de véhicules à moteur essence ou diesel, plus de rejets d'usines polluantes, plus de chauffage au fuel, plus de tabac (75 000 décès par an ), plus d'alcool (49 000 morts par an), plus de drogue, etc. Bien entendu il sera interdit d'incinérer les poubelles des villes à la campagne, donc les déchets seront enfouis dans le cordon de sécurité. Les boues de stations d'épurations seront épandues aussi dans cette zone pour enrichir les sols, et les légumes bio seront arrosés avec l'eau « propre » en sortie de station. Uniquement des circuits courts internes pour ne plus être intoxiqué par les produits alimentaires provenant des campagnes. Bien entendu, les villes devront être autonomes en eau pour ne pas subir les pollutions des campagnes, donc il faudra recycler à 100 % l'eau potable et utiliser les pluies. L’accès aux nappes phréatiques ne sera autorisé qu'en cas d’infiltration des pluies ou des eaux usées après traitement. Plus aucun rejet en rivière pour ne pas polluer les campagnes. Bien entendu, la plus grosse consommation électrique provenant des villes, il faudra installer les centrales nucléaires en ville et aussi y garder les déchets... Bien entendu, les villes ne produisant pas de bois, il faudra trouver une alternative. Bien entendu, les citadins venant se ressourcer à la campagne ne devront plus prendre les avions et les voitures, mais les trains et les vélos. Les produits chimiques n'ont pas été développés pour nourrir les campagnes, mais pour alimenter la consommation de plus en plus massive des villes… Les villes dépendent à 100 % des campagnes alors que les campagnes sont parfaitement autonomes… Je ne suis pas pour les pesticides mais quand on veut résoudre un problème on recherche l'origine (aucun agriculteur ne fabrique de pesticide sur son exploitation), sinon ce sera encore un pansement sur une jambe de bois… Changez votre consommation et la production changera ! Et c'est valable pour toute l'économie… Encore une fois on s'aperçoit que les citadins n'ont aucune conscience de l'impact négatif de leur consommation. Ce ne sont pas les campagnes qui envahissent les villes mais bien les villes qui détruisent la planète… « On voit la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien » (proverbe français)
Corbières Le 13 septembre 2019 à 18:22:33
Il serai temps que les maires des communes agricoles et viticoles prennent un arrêté pour proteger les promeneurs en interdisant leur divagation sur les chemins entre les parcelles pour eviter tout contact avec les pesticides .
Pouspeire Le 13 septembre 2019 à 18:18:37
Il est impossible de concevoir une telle réglementation, c’est la mort de nos village ruraux et ne faut t’il pas se retourner contre les Maires et Préfet qui ont donnés des permis de construire à proximité de nos vignobles. Cela implique perte de foncier chiffre d’affaires et perte de notre outils de travail. Obligeons les propriétaires a ce muret a une hauteur, que nos soit disant pesticides ne les atteignent plus.
Amazia Le 13 septembre 2019 à 16:36:36
Une relecture pour corriger les nombreuses fautes de frappe ne serait pas superflue...
bourvil Le 12 septembre 2019 à 14:51:28
Encore beaucoup de bruit pour rien!!!!!!!!! Il faut si habitué.
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