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Gérer les rosés

Vendredi 16 août 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Ce sera certainement l’un des enjeux de la prochaine vendange : produire le juste volume de rosé. C’est bien sûr un vœux pieu. Mais tout de même, la question se pose. La consommation française de rosé est en retrait cette année (avec des situations différentes suivant les régions de production). Nielsen annonce ainsi une baisse de 9 % des ventes en grande surface sur les six premiers mois de l’année. La faute à la météo ? Peut-être, sans doute. Il a fait trop frais, trop chaud, analyse Nielsen. La météo a bon dos. La faute à l’augmentation des prix ? C’est probable, encore que nombre de références restent dans des créneaux de prix tout à fait abordables. Cette versatilité du consommateur vis-à-vis des vins rosés semble difficilement préhensible. Elle s’inscrit dans une consommation du vin plus que maussade, avec un recul inquiétant sur la consommation des rouges. Et si, l’explication de ce recul de la consommation des vins rosés était plutôt à chercher sur le rayon d’en face, celui de la bière ? Nielsen remarquait ainsi que le dimanche 23 juin dernier, les ventes s’envolaient de 17 %. Voilà, une boisson qui, comme le rosé, se boit fraîche mais dont les ventes ne s’évaporent pas avec la canicule. Et avant de plonger tête baissée vers une augmentation des volumes produits, il faudra s’interroger sur le rayon vin en GMS dans son ensemble. Certainement, le challenge le plus important de 2019/2020. La hausse de la production de vins rosés est clairement prévue par la filière. Encore faudra-t-il savoir le vendre, en dépit de la météo de l’été 2020…

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VOS RÉACTIONS
jieleff Le 16 août 2019 à 14:33:34
Bonjour, Votre article évoque, malgré vous, la mise en bière du vin rosé. Ce jeu de mot pourrait être pleinement significatif du phénomène que vous interprétez à partir des analyses Nielsen concernant les tendances constatées des consommations actuelles. La mode du vin rosé se situe dans le contexte socio-culturel des années 60, dites glorieuses, en partie. Le foyer symbolique de cette gloire est méditerranéen, cristallisé dans le Var, sacralisé par les vents du sud , quand les vents d'anges parisiens turbulents venaient s'y mêler en vacances tropéziennes et transformaient le mode "rosé" en mode tout court. La mode, en tant que reflet de société s'alignait sur cette féminisation post guerrière de la première partie du siècle et exprimait la paix, la liberté en tout genre, la fête et le plaisir, finalités devenues européennes. Les temps changent, la mode aussi. L'Europe est un avenir douteux, la féminisation tend à la violence, et la guerre guette. Le sort de la planète est en jeu. Les générations "rosés" vont s'éteindre et la "nostalgie des passés sans avenir" (R.Lewinter) avec. Alors? Comme il se doit les issues dépendent des intentions profondes qui animent les surfaces sociales, intentions qualitatives et/ou quantitatives. Mais la piste d'une bonne analyse du comportement "bière" pourrait conduire à repenser le raisin face à l'orge et au houblon, l'alcool et ses substituts chimiques, les boites et les bouteilles, les gestuelles de la boisson et les mises en scène de la convivialité. Tout ça ressort d'une anthropologie de la boisson sans la quelle l'innovation, le référent actuel de l'économie, serait cause perdue. Certes, on peut aussi laisser les choses se faire, du type "on verra bien". Bien cordialement. Jieleff Sémiologue
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