LE FIL

Test de destruction de couvert

6 rouleaux sur le grill

Mardi 07 mai 2019 par Vincent Gobert

Trois des six rouleaux en test ce mois d'avril en bout de parcelle dans le Médoc
Trois des six rouleaux en test ce mois d'avril en bout de parcelle dans le Médoc - crédit photo : Vincent Gobert
De Viti Meca, Gerber, Clemens, Comin, Bonnel et Agromet, qui a le meilleur rouleau ? Réponse sur un engrais vert très fourni en Gironde !

Le défi est de taille ce mois d’avril à Civrac-en-Médoc. Six constructeurs répondent à l’invitation de la Chambre d’Agriculture pour démontrer l’efficacité de leur rouleau. L’objectif est de détruire un engrais vert très fourni. Mais attention ! La consigne est de pincer le couvert, c’est-à-dire le blesser, pour produire un mulch.  S’il doit y avoir un broyage, il doit rester très limité. Le couvert a été semé le 18 octobre dernier, en partie à la volée, en partie avec des semoirs directs. Quelle que soit la technique utilisée, ce mélange d’avoine, de vesce et de trèfle incarnat a développé une importante végétation. Le jour de la démonstration, c’est un défi de taille que de le détruire. Mais le temps est sec, le sol argilo-limono-sableux porteur et ressuyé : des conditions de travail parfaites !

A LIRE AUSSI

Matériel et équipement
Gérer l'enherbement au rouleau
Vitisphere TV
Le rouleau hacheur Roll Krop

Côté rouleaux, tous ont une largeur de travail inférieure à la largeur semée qui est de 2 m. Certains d’entre eux ont une configuration particulière. Ils sont doubles chez Bonnel, multiples et se recroisent chez Viti Meca ou à base de disques indépendants pour le Roll’n’Sem de Comin Industrie. Les autres, ceux de Gerber, Clemens et Agromet, sont plus simples. De type « rolofaca », ce sont des rouleaux constitués d’une seule pièce couverts de lames.

Un aller-retour pour se faire un avis

Viti Meca ouvre le bal. Ce fabricant est venu avec un prototype dérivé de son Rolojack et constitué de deux rangées de trois rouleaux indépendants, montés en quinconce. Les lames en forme de vague se succèdent tous les 7 cm. Avec 250 kg, c’est l’outil le plus léger du test. Viti Meca cherche un effet « aérateur ». Le rappui est hydraulique et les rouleaux sont dissociés pour chercher le meilleur contact. Utilisé à 3 km/h, ce rouleau a peu pincé et plaqué la végétation au sol. Il est adapté pour détruire moins de matière ou moins verte. C’est un prototype qui doit encore être amélioré. Il est sans étiquette de prix ; le Rolojack déjà commercialisé est lui à 4 200 €.

C’est au tour de Gerber. Le Rolofaca, on en parle beaucoup. C’est ce constructeur alsacien qui en a déposé le nom ! Cet outil, originaire du Brésil, est un rouleau hérissé d’ailettes disposées en quinconce. Malgré leur finesse, celles-ci ne tranchent pas la végétation, elles la pincent, mais pas assez pour la clouer au sol. Selon Gerber, le jour du test était trop tôt dans la saison, « l’idéal serait de rouler mi-mai. Le plus tard on intervient en saison, mieux c’est, quand les plantes sont en floraison. » Pour le constructeur, la concurrence pour l’eau ou la gêne pour les traitements sont des faux problèmes. Le prix de ces 400 kg est de 4 500 €.

Arrive Clemens. Avec son diamètre de 430 mm, son poids de 360 kg et le dessin de ses lames crénelées, l’EcoRoll « fait le job ». Conduit à 9 km/h environ et lesté d’un peu de sable à l’intérieur pour un meilleur appui, il cherche le contact avec le couvert et le trouve. Il pince régulièrement les nombreuses et grandes feuilles d’avoine, de même que les tiges. Comme demandé, il détruit le couvert en le réduisant en mulch. L’EcoRoll est disponible jusqu’à 2 m de large. Il est possible d’y associer des disques chausseurs ou émotteurs. Le prix du rouleau vu ce jour dans le Médoc est de 3 200 €.

Quatrième à passer, le rouleau Roll’n’Sem est fabriqué par Comin Industrie à Nérac, dans le Lot-et-Garonne. Constitué de disques étoilés indépendants en fonte de 50 mm de large, le Roll’n’Sem pèse 620 kg alors qu’il ne fait que 1,1 m de large ! « Nous cherchons l’écrasement maximal, précise le fabricant. Le poids porte sur les arêtes non tranchantes. Avec des arrêtes tranchantes l’herbe repousse. Le but est aussi de ne pas toucher la terre pour ne pas faire un faux semis. » Effectivement, ce rouleau écrase et pince la végétation plus qu’il ne la coupe, ce qui est l’effet recherché pour obtenir un paillage. Avec des disques de 5 cm de battement, il suit le sol. Le modèle du jour est à 4 000 €.

Suit le rouleau du constructeur normand Bonnel. Venu des grandes cultures, l’Ecorouleau est composé de deux rouleaux de 500 mm de diamètre, évidés pour qu’ils ne bourrent pas et pourvus de lames tranchantes. Ces dernières sont disposées en vrille sur la longueur des rouleaux. Les vrilles de chaque rouleau sont tournées dans un sens différent pour éviter la synchronisation des fréquences et l’effet de vibration. Pour venir à bout des céréales – plus difficiles à rouler que les légumineuses – Bonnel a lesté son outil de masses, faisant de lui le poids lourd du test : 940 kg, au lieu de 640 kg sans masses. Utilisé à une vitesse d’environ 10 km/h, l’Ecorouleau a régulièrement sectionné la végétation, dépassant l’objectif de pincement donné par la chambre d’agriculture. Dans la configuration du jour, l’outil coûte 7 460 € dont 1 000 € pour les masses.

Le dernier à s’élancer est le rouleau d’Agromet. De prime abord, l’outil fabriqué à Saragosse est similaire à celui de Clemens. Il est doté de plusieurs rangées de lames crénelées, disposées en alternance. Mais il diffère du rouleau allemand par son poids, en étant plus lourd. L’Agromet pèse en effet 400 kg à vide et 500 kg en ce jour de test où il a été lesté avec du sable. Utilisé à une vitesse de 5 km/h environ, il roule et pince le couvert qui se couche derrière lui. L’avoine est parfois coupée à intervalles de 20 cm. Mais, globalement, ce rouleau fait le travail. Froid, chaleur, pathogènes et ravageurs feront le reste. Tout cela avec un prix affiché à 2 000 € en concession.

Au final, sur les six rouleaux présents en démonstration, l’EcoRoll de Clemens, celui d’Agromet et le Roll’n’Sem de Comin Industrie se distinguent.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé