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OCM Vin

50 millions d’euros pourraient ne pas être versés par la France

Jeudi 18 avril 2019 par Bertrand Collard

Les demandes d'avance d'aide sont en retrait par rapport aux années précédentes pour la mesure restructuration.Les demandes d'avance d'aide sont en retrait par rapport aux années précédentes pour la mesure restructuration. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Pour la première fois cette année, la France pourrait ne pas consommer toute l’aide européenne à la viticulture. Loin s’en faut. Les entreprises demandent moins d’avances de paiement et moins d’aide à la promotion bien trop compliquée à obtenir.

« Tous les mois d’avril c’est pareil : on s’inquiète de la consommation de l’enveloppe », convient Didier Josso délégué à la filière vin de FranceAgiMer. A tort. Mais pas cette année car ce pourrait bien être la première où la viticulture française ne consommera pas les 280 millions d’euros d’aide européenne.

"Moins de demandes
d'avances"

La difficulté vient de la fin de l’obligation de demander des avances de paiement pour aides à la restructuration et à l’investissement. « Nous avons autant de dossiers de demande d’aide, mais moins de demandes d’avances. Cette année, les trois quarts seulement des demandeurs d’aide à la restructuration dans le cadre des plans collectifs ont fait une demande d’avance », illustre Didier Josso.

A cela s’ajoute le désintérêt pour l’aide à la promotion dans les pays tiers dû à toutes les difficultés et déconvenues rencontrées par les demandeurs. « Nous avons 240 dossiers pour 40 millions d’euros. Nous en attendions 500 pour 80 millions », détaille Didier Josso.

230 millions d'euros versés

Selon les projections de FranceAgriMer, il pourrait rester jusqu’à 50 millions d’euros non distribués en octobre. Autrement dit, cette année, l’établissement public pourrait verser seulement 230 millions d’euros sur les 280 millions disponibles. Autant d’argent qui retournera dans les caisses de l’Union européenne.

Pour inverser la vapeur une seule solution : que tous les demandeurs d’avance confirment bien leur demande, contrairement à d’habitude, et que de nouveaux demandeurs se fassent jour.

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VOS RÉACTIONS
Crassus Le 19 avril 2019 à 07:37:18
Tout le milieu viticole sait que les règles d'obtention de ces aides et de leurs versements constituent un parcours du combattant. Nos fonctionnaires les changent, les complexifient sans arrêt. De vrais petits machiavel ! Et puis l’État n'a plus d'argent...sauf pour payer de nouveaux fonctionnaires. Et dire que certains voient notre pays comme libéral !
Jadore Lessubventions Le 18 avril 2019 à 22:49:24
Promotion dans les pays tiers: Des dossiers de plus en plus complexe à monter et par conséquent de plus en plus chronophages en terme de suivi. Des accords très tardifs dans l'année, ce qui mène au décalage ou pire, la suppression de certaines actions prévues, ce qui veut d'ores et déjà dire : non-respect du dossier. Puis des contrôles certes justifiés et nécessaires, mais avec jusqu'à 5 ans (!) de décalage. Avec un tel "retard" il est parfois difficile de d'apporter des justificatifs supplémentaires par rapport à une action. Conséquence : on vous supprime l'aide (50%) alors que vous avez bien fait la dépense (100%)! De quoi décourager tout le monde: les entreprises et F.A. Car, si plus aucune entreprise demande de l'aide, cela fera des chômeurs du côté F.A. où - à mon humble avis - trop de personnes sont impliqués à inventer des règles en dehors de la réalité économique et commerciale des entreprises, sans parler des deux niveaux de contrôleurs: "européens" puis en deuxième salve le "Ministère des Finances", ou dans l'autre sens. Simplifions donc, dans l'intérêt de tous.
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