LE FIL

Champagne

Le charme de l’actrice Clara Morgane coûte 5 000 € au comte de Cazanove

Lundi 10 décembre 2018 par Alexandre Abellan

« Une maison de Champagne obligée de s’acoquiner avec une star du porno pour vendre, c’est désolant » pour maître Ludot, qui n’appréciera sans doute pas le nouveau calendrier de Clara Morgane.« Une maison de Champagne obligée de s’acoquiner avec une star du porno pour vendre, c’est désolant » pour maître Ludot, qui n’appréciera sans doute pas le nouveau calendrier de Clara Morgane. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Visant désormais un autre titre de noblesse, le comte a été forcé de régler les frais de son reféré attaquant la maison Charles de Cazanove qui maintient pour sa part comme égérie l’ancienne actrice de films X.

Ne cherchez ni lingerie fine, ni fleur de lys, pour conclure une affaire judiciaire si glamour à son origine. Ce 21 novembre à Reims, Loïc Chiroussot, comte de Bigault de Cazanove, a été contraint, par huissier, à signer un chèque de 5 000 euros au bénéfice des champagnes Charles de Cazanove (groupe GH Martel depuis 2003*), en application de l’ordonnance du 27 février 2018 du juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Lille. Au nom de son illustre fondateur, Loïc Chiroussot a attaqué il y a un an pile la maison Cazanove pour avoir commercialisé une cuvée rosée ayant pour égérie l’ancienne actrice de charme Clara Morgane.

Si le juge aux référés du TGI de Lille s’est déclaré incompétent sur le fond du dossier, il a débouté Loïc Chiroussot de ses demandes, et l'a condamné à une amende des plus conséquentes en référé, au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile (pour les frais et les dépens). Mais le plaignant a refusé de régler la condamnation rapporte l’avocat Thierry Lepelletier, qui défend la maison de Reims les champagnes Cazanove, et note que les frais d’huissier, soit 357,12 €, sont à encore à régler.

"Pas un centime !"

« Mon client n’a pas versé un centime à ces gens ! Et il ne le fera jamais, tant que je m’occuperai de ce dossier ! » explique avec rage l’avocat Emmanuel Ludot, défendant bec et ongles le comte de Bigaut de Cazanove. Pour lui, les champagnes Cazanove « feraient mieux de s’occuper de la qualité de leur champagne, plutôt que de faire courir des ragots sur une personne sans ressource ! » L’avocat champenois préfère parler de la prochaine action de son client : changer de nom. En janvier 2019, Loïc Chiroussot attend la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne sur sa demande de devenir comte d’Harcourt. « Il ne veut plus s’acoquiner avec le nom de Bigault de Cazanove qui est désormais lié à la pornographie. Non seulement Clara Morgane promeut des champagnes dénudés, mais elle vend des sex-toys sur son site ! » s’étrangle maître Ludot.

Noble depuis 2003

« Ils ont tenté de faire interdire la cuvée Clara Morgane au moment des fêtes, mais ils ont été condamnés définitivement, car ils n'ont pas fait appel et ne se sont pas portés sur le fond au TGI. J’attends toujours qu’ils le fassent… » balaie maître Thierry Pelletier, défendant les champagnes Cazanove. « Loïc Chiroussot se drape dans la dignité de ses ancêtres, mais il n’a obtenu ce titre que le 9 juillet 2003, devant le TGI de Châlons » tacle au passage l’avocat.

« Nous sommes bien les propriétaires de notre marque » se réjouit pour sa part Jean-Rémy Rapeneau, à la tête des champagnes Charles de Cazanove (marque achetée en 2003 par le groupe familial GH Martel), « lui se veut comte, de l’aristocratie de Champagne. Nous, nous remodelons les champagnes au goût du jour. » Une modernisation qui n’a pas peur de provoquer avec ses associations iconoclastes. Lancé en 2017 avec une cuvée rosée, le partenariat est ponctué cette fin d’année par une deuxième bouteille, millésimée 2008, associée avec la publication du calendrier 2019 de Clara Morgane. Un millier de coffrets limités sont ainsi mis en vente avec une bouteille de « Cazanove by Clara Morgane » 2008, deux flûtes et un calendrier pour 80 €).

"Partenariat entre marques et personnes"

Faisant (contractuellement) fi du passé cinématographique de son égérie, Jean-Rémy Rapeneau souligne que « son image a changé : elle est féministe et moderne. Lors de ses évènements de dédicaces en France, vous seriez surpris de voir le nombre de femmes et de familles présentes. » Refusant de préciser les montants du contrat de collaboration, Jean-Rémy Rapeneaux souligne qu’il s’agit d’« un partenariat entre marques et personnes, on respecte l’image de l’un et de l’autre, comme un couple ».

 

* : Après la prise de participation de la banque Vernes dans le capital des champagnes Charles de Cazanove dans les années 1950, la maison Cazanove est passée de mains en mains. D’abord achetée par le groupe Martini en 1958, elle a rejoint Moët Hennessy en 1983, puis le négoce SAME en 1985 et la famille Rapeneau en 2004.
 

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