LE FIL

Un ministre s'inquiète

Les exportateurs de vins prennent-ils le Brexit suffisament au sérieux ?

Mercredi 05 décembre 2018 par Alexandre Abellan

« La manière dont les entreprises françaises appréhendent [le Brexit] m’inquiète vivement » lance le ministre Gérald Darmanin devant une commission parlementaire ce 29 novembre.« La manière dont les entreprises françaises appréhendent [le Brexit] m’inquiète vivement » lance le ministre Gérald Darmanin devant une commission parlementaire ce 29 novembre. - crédit photo : Compte Twitter de Gérald Darmanin
À quatre mois du départ du Royaume-Uni de l’Union Européenne, un ministre s’alarme du manque de mobilisation et d’anticipation des opérateurs français face à un risque de rupture des échanges commerciaux.

En matière de préparation au Brexit, « j’ai l’impression que l’administration est prête avant le monde de l’entreprise… » alerte Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, ce 29 novembre devant une commission parlementaire sur le projet de loi sur le Brexit*. « C’est moi-même qui vais voir les grandes entreprises, notamment du secteur des spiritueux, car nous en vendons beaucoup à la Grande-Bretagne » souligne Gérald Darmanin. « J’ai vu les producteurs de vins de Bordeaux, de Cognac ou, récemment, l’entreprise Pernod Ricard. C’est moi-même qui leur demande de recevoir le patron des douanes pour qu’il explique à leurs commerciaux et à ceux qui s’occupent de leurs chaînes logistiques comment cela se passe » martèle le ministre de tutelle des Douanes.

Alors que la perspective d’un accord entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne se rapproche sur les modalités de retrait au 29 mars 2019, Gérald Darmanin souligne que rien n’est acquis. Au contraire pour lui, les acteurs économiques devraient être proactifs pour se préparer à toute éventualité. À commencer par la pire : celle d’une absence d’accord, un « no deal » amenant à une rupture des échanges commerciaux.

"Ce peut tout à fait être un Brexit dur"

« La mobilisation était déjà bien faible ; mais depuis l’annonce d’un éventuel accord, elle est devenue totalement inexistante » regrette Gérald Darmanin. « Ce qui m’inquiète par-dessus tout, c’est que les entreprises ne s’y intéressent pas ou s’imaginent que cela n’arrivera pas » assène, non sans anxiété, le membre du gouvernement, qui « ne cesse pourtant de le répéter : il est important que les 30 000 entreprises françaises se rendent compte que le Brexit peut tout à fait avoir lieu, et que ce peut tout à fait être un Brexit dur. »

 

* : Il s’agit plus précisément de la « commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne ».

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