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Dans l'œil des médias

Un festival du journalisme s'intéresse aux cépages résistants

Mercredi 18 juillet 2018 par Martin Caillon

De gauche à droite : Jonathan et Jérémy Ducourt, viticulteurs, Ophélie Neiman, animatrice, journaliste au quotidien Le Monde, et Jean-Louis Escudier, chercheur à l’Inra, au Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, le 1 juillet 2018.
De gauche à droite : Jonathan et Jérémy Ducourt, viticulteurs, Ophélie Neiman, animatrice, journaliste au quotidien Le Monde, et Jean-Louis Escudier, chercheur à l’Inra, au Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, le 1 juillet 2018. - crédit photo : Martin Caillon
Organisé par les titres du groupe Le Monde, le Festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne a exploré la thématique des « vins du futur, futur du vin ». La rencontre consacrée aux cépages résistants a suscité l’intérêt d’un public averti.

« L’avenir du vin passe-t-il par de nouveaux cépages ? » Pour Jérémy et Jonathan Ducourt, viticulteurs dans le Bordelais, la question ne se pose plus. Invités de la troisième édition du Festival international de journalisme organisé par les titres du groupe Le Monde, le 14 juillet dernier, à Couthures-sur-Garonne (Haute-Garonne), les deux frères, à la tête de 450 ha de vignes, ont témoigné de la démarche innovante qu’ils ont entreprise il y a quatre ans.  

« Le monde viticole -le climat et l’environnement en particulier- changent » observe en préambule Jérémy.  « Le degré moyen d’alcool des vins dans le pourtour méditerranéen  est passé de 11,1 à 13,05 en à peine trois décennies », confirme Jean-Louis Escudier, chercheur à l’Inra à Narbonne et intervenant au débat.

D'autres voies pour maîtriser les maladies

Pour faire face à ces évolutions, Jérémy et Jonathan Ducourt, comme nombre de leurs confrères, ont cherché des solutions. « On a commencé par réduire les phytos de 30 % en changeant de matériels de pulvérisation et en optimisant les doses. Mais on a touché une limite, confesse le premier. Alors, on a cherché d’autres voies. Jonathan a eu l’idée de planter des variétés résistantes aux maladies ».

En 2014, les vignobles Ducourt ont planté 1,7 ha de cabernet jura, un cépage rouge issu d’un croisement de cabernet sauvignon et de vigne sauvage,  et 1 ha de Cal 6-04, (issu de riesling, de sauvignon B et de vigne sauvage également). « Ces cépages hybrides sont obtenus par rétrocroisement. Ce ne sont pas des cépages OGM » rassure Jean-Louis Escudier, face à la centaine de festivaliers participant à la rencontre.

A l'épreuve de la dégustation

Plantés à titre expérimental, ces deux cépages ne peuvent entrer dans la composition de vins d’appellation d’origine protégée (AOP). En revanche, résistantes au mildiou et à l’oïdium, les deux nouvelles variétés permettent de réduire de près de 90 % l’usage de produits phytosanitaires. « Nous réalisons un ou deux traitements au maximum  par an sur ces vignes, à base de soufre et de cuivre uniquement » précise Jérémy Ducourt. « Mes ces nouveaux cépages sont résistants aux maladies cryptogamiques uniquement » tempère Jean-Louis Escudier. « On a dû les traiter contre la flavescence dorée » confirme effectivement le viticulteur.

Ces limites soulevées, le public festivalier présent reste sensible à la démarche engagée par les Vignobles Ducourt. D’autant plus que les vins issus de ces nouvelles variétés supportent -ou résistent- plutôt bien à la dégustation aussi. Invité à découvrir la première récolte « Métissage blanc 2017 » et « Métissage rouge 2016 », le public, curieux, a paru conquis par la fraicheur et la vivacité du cépage blanc Cal 6-04. En revanche, il a été un peu surpris par les arômes du cabernet jura, assez lointains du cabernet sauvignon. « On part d’une page blanche » conclut modestement Jérémy qui cultive à ce jour 13 ha de cépages résistants. Son témoignage aura-t-il permis d'interroger l'oeil des journalistes sur une autre viticulture ? 

 

« Métissage blanc 2017 », première récolte des Vignobles Ducourt, issue du cépage hybride Cal 6-04, commercialisée sous l’appellation sans indication géographique (VSIG) « Vin de France ». Crédit photo : Martin Caillon

 

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