LE FIL

Fortes pluies

Attaque virulente de mildiou dans le Gard

Mercredi 06 juin 2018 par Hélène de Montaignac

Attaque de mildiou sur feuilleAttaque de mildiou sur feuille - crédit photo : Christelle Stef
Dans le Gard, de nombreux viticulteurs se sont fait surprendre par une attaque foudroyante de mildiou. Une déveine pas vue depuis 2008.

Adrián Arias, du groupe Coopérative agricole Provence Languedoc, n’en revient pas. En attaquant cette année les grappes par surprise, le mildiou a déjoué ses certitudes acquises en 33 ans de métier. « Le mildiou, c’est habituellement franc comme maladie. Ce n’est pas sournois comme l’oïdium ou le black rot. Je n’avais jamais vu une attaque de grappes aussi foudroyante sur du grenache, sans signe avant-coureur sur les feuilles ». Que s’est-il passé ? Un débourrement opéré vers les 10-12 avril, une maturité des œufs d’hiver de mildiou acquise vers les 17-20 avril, suivis de nombreuses et fortes précipitations en mai. « On savait que c’était mûr, on avait la pluie et les flaques. Mais quasiment pas de taches sur feuilles. Les premiers symptômes sont apparus sur grappe entre le 20 et le 21 mai, j’ai aussitôt prévenu les vignerons. On n’attendait pas une sortie si précoce. Ceux qui ont pu traiter entre la pluie du 29 avril et celle du 9 mai ont sauvé les grappes. Ceux qui ont démarré la protection après la grosse pluie du 13 mai, sont dans l’embarras. Les traitements ont été lessivés. 80 % ont des attaques sur grappes».

« J’apprends à mes dépens»

Edouard Sentex, jeune vigneron à Vauvert, ne parvient pas à éradiquer le mildiou dans une parcelle d’un hectare de grenache mené en bio. «Il s’agit d’une mouillère. Comme je l’ai prise en fermage l’an dernier, j’ai mal anticipé cet inconvénient combiné aux pluies de cette année ». Fin avril, il plante son tracteur jusqu’au pont. « Je n’étais pas inquiet, j’ai décidé de laisser passer un premier traitement ». La parcelle toujours pas ressuyée, il acquière une brouette solo. Quand il commence à traiter vers la mi-mai, la 2e contamination a déjà eu lieu. « C’est devenu exponentiel ! Il régnait dans la vigne une vapeur d’eau très favorable au mildiou, avec de grosses pluies battantes par 13° et du soleil chaud quelques heures après ». Autour de 70% des grappes sont touchées. Sur les autres parcelles de ce domaine de 5,5 ha, les taches sur grappe semblent déjà desséchées sous l’action du cuivre et des défenses que possède naturellement la vigne. « Mais sur cette parcelle, rien n’y fait. J’apprends à mes dépens. Je ne vais pas m’acharner et risquer de tuer la nature, je veille juste maintenant à préserver le feuillage pour permettre une bonne mise en réserve des bois l’année prochaine ». « Une année à mildiou serait une année à raisin », dit-on dans le pays. C’est ce qu’espère Edouard Sentex pour minimiser la perte.

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