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Travaux viticoles

Le vignoble oscille entre recours au glyphosate et aspirations environnementales

Vendredi 11 mai 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 14/05/2018 17:03:42

L’effet du millésime 2017 sur les exploitations semble actuellement plus agronomique qu’économique. En témoigne la fertilisation vignoble, que 12 % des sondés n’ont pas pu le réaliser à cause réduction des dépenses. Mais presque deux fois plus les ont annulés à cause du mauvais temps, tandis que quasiment trois fois plus de répondants ont commandé des analyses pétiolaires.L’effet du millésime 2017 sur les exploitations semble actuellement plus agronomique qu’économique. En témoigne la fertilisation vignoble, que 12 % des sondés n’ont pas pu le réaliser à cause réduction des dépenses. Mais presque deux fois plus les ont annulés à cause du mauvais temps, tandis que quasiment trois fois plus de répondants ont commandé des analyses pétiolaires. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Affirmant leur souhait d’améliorer qualitativement leurs pratiques, les techniciens évoquent plus qu’ils ne concrétisent leur bonne volonté.

Malgré le lancement sur les chapeaux de roues de la campagne viticole, l’avalanche de jours fériés et les conditions météo changeantes de ce printemps, 57 sondés ont répondu au dernier sondage de Vitisphere. Qualitatifs, leurs retours permettent de se faire une idée des priorités et préoccupations du vignoble. Au premier rang desquelles se trouve le matériel de traitement de la vigne. 64 % des sondés déclarent ainsi que leur pulvé est « réglé et prêt à ne pas louper le début de campagne ». Si la maîtrise des phytos reste essentielle, il n’y a concrètement que peu d’investissements dans de nouveaux matériels. Seuls 16 % des répondants ont équipé leur pulvé de « nouvelles buses optimisées », tandis que 6 % l’ont remplacé par « un panneau récupérateur dernier cri ».

Sur les starting-blocks pour faire les rendements en 2018, le vignoble explore les techniques lui permettant de concilier rentabilité et durabilité de ses modes de production. Pour la protection phyto, il n’y a ainsi pas une ligne de force qui se dégage. 27 % des sondés annoncent continuer à appliquer les préconisations de leur conseiller phytos, tandis que 25 % vont calculer leur Indice de Fréquence de Traitement (IFT) afin de le réduire, 23 % vont supprimer les pesticides classés Cancérigène Mutagène et Reprotoxiques (CMR) et 20 % souhaitent tester des produits de biocontrôle.

Mouvements en suspens

Face aux contraintes et à l’inconnu que représentent des changements de pratiques, les techniciens sont suspendus entre un mouvement de bond en avant avec des essais lancés et la conservation de pratiques ancrées. Les travaux du sol témoignent de cette approche paradoxale. Si 26 % des sondés déclarent désherber mécaniquement, 53 % rappellent que le glyphosate n’est pas encore interdit et opte pour une gestion chimique des herbes.

Une approche pragmatique qui se heurte à l’idéalisme qui point derrière la volonté affichée de répondre aux attentes sociétales. Ainsi, 44 % des sondés songent à intégrer une démarche de certification environnementale (bio, Haute Valeur Environnementale…), tandis que 21 % souhaitent tester des cépages résistants et 19 % veulent échanger sur leurs traitements avec leurs riverains. Le niveau de réticence aux demandes sociétales est faible en comparaison, 16 % des sondés estimant que « ce ne sont que des modes d’écolos qui n’ont pas de sens dans le vignoble ».
 

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