LE FIL

Prowein

La part belle aux vins du Nouveau Monde

Mardi 20 mars 2018 par Alexandre Abellan

Avec le départ des vins de Grèce, le hall 9 affiche une orientation encore plus ouvertement 'Nouveau Monde' en 2018 (allant des vignobles de Chine à ceux d’Israël et du Liban).
Avec le départ des vins de Grèce, le hall 9 affiche une orientation encore plus ouvertement 'Nouveau Monde' en 2018 (allant des vignobles de Chine à ceux d’Israël et du Liban). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Le salon allemand appuie le développement des vins de l’hémisphère sud. Suivant la demande de ses visiteurs, à la recherche de petits prix, comme l’activité ininterrompue du hall 9 en témoigne.

« Prowein, c’est le salon idéal, il est parfait ! Je n’y changerai rien… Le retour sur investissement y est très bon. Chaque année, je reviens en Californie avec deux nouveaux contacts de distributeurs » se réjouit Stefan Jolley le vice-président des opérations de Klinker Brick Winery (Lodi). Il faut préciser que l’enthousiasme de cet exposant est d’autant plus fort que son stand est on ne peut mieux placé. La winery californienne se trouvant à l’entrée du hall 9, dans la continuité des arrivées de bus, métros et taxis de Düsseldorf. Profitant à l’ensemble des vins du nouveau monde, ce positionnement avantageux n’est pas la seule raison de l’activité soutenue de ces exposants, quasiment ininterrompue le long des trois jours de salon.

« À une époque, nous étions dans le hall 1, et l’activité n’était pas moindre. Au contraire, la diversité croissante de l’offre du Nouveau Monde a permis de gagner en attractivité » assène Chris Stroud, le directeur du marketing européen des Vignerons Néo-Zélandais (NZW). Avec le départ des vins de Grèce du hall 9 (désormais dispersés dans les halls « européens »), les vins de l’Hémisphère Sud ont pu bénéficier en 2018 de la ressource la plus recherchée de Prowein : une réserve d’espace supplémentaire.

Une fleur

Avec +40 % pour le stand collectif néo-zélandais (34 wineries) et +20 % pour son homologue australien (75 wineries), ces croissances de superficies peuvent se décliner pour les vins d’Afrique du Sud, d’Argentine, du Canada, du Chili, des États-Unis… Une fleur, alors que les exposants italiens et français se plaignent de ne pas pouvoir croître autant que souhaité (ces deux pays comptant déjà pour 50 % des stands).Ce traitement préférentiel répond à une politique affichée des organisateurs du salon, Messe Düsseldorf.

« La part des visiteurs non-européens a augmenté de 10 % en 2017, ce qui est considérable. C’est clairement là que se trouve notre potentiel de croissance. Afin de répondre aux demandes croissantes d’espace des pays non-communautaires, nous avons optimisé et diversifié le hall 9 pour tous les y regrouper » affirme ainsi Marius Berlemann, le directeur du salon Prowein.

Mise à l’honneur

Si le salon de Düsseldorf sait autant attirer, ce n’est pas sans raison estime Laura Jewell MW, directrice des actions européennes de Wine Australia : « contrairement au salon Vinexpo Bordeaux, qui parle surtout des vins et châteaux de Bordeaux, Prowein met à l’honneur d’autres vignobles dont les vins du Nouveau Monde ». Il est vrai que les exposants allemands ne semblent pas spécialement chouchoutés par Prowein, bénéficiant malgré leur nombre d’une affluence apparemment moindre.

« S'il n'y a qu'un salon dans le monde où il faut être présent, c'est Prowein » résume Diego Bertolino, le responsable de la communication de l’Institut Brésilien du Vin (Ibravin), qui profite du salon pour dévoiler ses ambitions sur le créneau des vins effervescents du nouveau monde.Il faut dire que dans la catégorie des vins rouges, la place est prise et chèrement défendue . « Les vins argentins sont très bien positionnés dans le rapport qualité prix. Ils ont engrangé beaucoup de points pour faire la différence sur les marchés internationaux » explique Mabel Cartellone, copropriétaire de Bodega A16 (Mendoza). « Le prix est évidemment un avantage compétitif. Notamment avec les effets de change qui sont favorables aux exportations des vins sud-africains » renchérit Denise Johnson, la responsable export de Zevenwacht Wine Estate (Cape Town). L’experte en marketing soulignant que la diversité croissante de la production des vins du Nouveau Monde permet également de répondre à des demandes de plus en plus variées.

Vendanges en cours

À noter que sur les stands du Nouveau Monde ce sont surtout des responsables commerciaux qui présentent les vins. Les quelques vignerons étant facilement repérables à leurs mains noires, et leur esprit tourné vers la récolte. « Si le salon pouvait avoir lieu deux semainse plus tôt, ce ne serait pas de refus » plaisante Phil Gregan, le président de NZW. Plus sérieusement, il ne voit pas d’enjeu à un allongement de la formule du salon. « Trois jours, c’est suffisant. Les acheteurs qui viennent à Prowein se concentrent sur des besoins précis, ils ne veulent pas faire le tour de tous les stands… Et s’ils le voulaient, une semaine n’y suffirait pas » pointe Phil Gregan, qui souligne que le mardi après-midi voit déjà des allées bien plus clairsemées. Pour le Nouveau Monde, Prowein peut décidément se targuer d’avoir concocté la formule parfaite.

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