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La filière veut surfer sur la vague de la pénurie mondiale
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La filière veut surfer sur la vague de la pénurie mondiale

Seul grand pays producteur à récolter des volumes au-dessus de la moyenne l’année dernière, l’Australie est bien placée pour profiter de la pénurie mondiale de vins cette année, estime Wine Australia dans un rapport paru la semaine dernière.
Par Sharon Nagel Le 09 février 2018
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La filière veut surfer sur la vague de la pénurie mondiale
La canicule rend la gestion de l’irrigation cruciale, du point de vue qualitatif et quantitatif en Australie - crédit photo : Winegrapes Australia
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es disponibilités élevées

Pointant deux récoltes abondantes, des ventes en progression et un niveau de stocks « raisonnable », Wine Australia ne mâche pas ses mots : « cela fait plus d’une décennie que la filière vitivinicole australienne n’a pas été aussi bien positionnée ». En 2017, la production australienne a atteint un pic de 13,9 millions d’hectolitres, faisant suite à une récolte déjà pléthorique en 2016 (13,1 Mhl). Dans le même temps, les ventes de vins australiens ont progressé à la fois sur le marché intérieur et à l’exportation, avançant de 8 % en valeur pour un gain équivalent à 59 millions de litres en volume en 2016-2017.

Soulignant la corrélation entre l’augmentation de la production et la progression des ventes, Wine Australia note néanmoins un niveau des stocks en hausse de 3%. L’augmentation, qui fait passer les stocks à 19,7 millions d'hectolitres, concerne uniquement les rouges (+7 %), les blancs étant en régression (-1 %). Pour le directeur de Wine Australia, Andreas Clark, l’accroissement des volumes de production arrive à point nommé, dans le contexte de la plus faible récolte mondiale depuis 1961 : « L’Australie est bien placée pour tirer profit de cette opportunité, les stocks ayant atteint des niveaux relativement élevés et l’accès au marché étant bien établi sur les quatre plus grands marchés du vin au monde, à savoir les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et l’Allemagne ».

 

Des accords commerciaux synonymes de meilleur accès aux marchés

La Chine, qui a indéniablement transformé la donne pour le secteur vitivinicole australien, risque de continuer sur sa lancée car une nouvelle diminution tarifaire, prévue dans le cadre de l’accord bilatéral, est intervenue au 1er janvier 2018. Parallèlement à cela, l’Accord de partenariat économique entre l’Australie et le Japon entraîne, lui aussi, une réduction de la charge tarifaire pesant sur les vins australiens sur le deuxième marché asiatique. Et enfin, le 23 janvier il a été annoncé que l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste doit être signé en mars au Chili, apportant dans son sillage des avantages pour le secteur vitivinicole australien dans les dix autres pays membres, dont des marchés porteurs comme le Canada, le Mexique et le Vietnam.

« [L’accord] abordera les obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce sur une série de marchés d'exportation clés et émergents pour le vin… Nous attachons également une grande importance à l'inclusion de l'annexe sur les vins et spiritueux, qui crée un cadre harmonisé pour les vins et les spiritueux et supprimera toute une série d'obstacles techniques au commerce du vin », s’est félicité le directeur de la Winemakers’ Federation of Australia, Tony Battaglene.

 

Une belle qualité attendue

Les vendanges ayant désormais débuté dans plusieurs régions productrices, le millésime 2018 semble être de bon augure pour la filière australienne. « Nous sommes contents à McLaren Vale. Les vignes sont saines et équilibrées », note un viticulteur adhérent au groupe Winegrapes Australia. Basé dans cette même région, le groupe compte près de 3 000 hectares de vignes et 105 adhérents et commercialise ses raisins auprès de 20 wineries à travers le pays ainsi que des vins en vrac et en bouteilles. « Les rendements semblent s’inscrire dans la moyenne et dans tous les cas en dessous de ceux de 2016 et 2017. En revanche, nous sommes particulièrement confiants quant au niveau qualitatif des raisins », poursuit le viticulteur.

Son avis est confirmé par l’œnologue de la cave, Peter Flewellyn : « D’une manière générale, la récolte 2018 a le potentiel de donner des raisins de très bonne qualité dans toute l’Australie méridionale. Quelques pronostics émanant des régions intérieures semblent montrer des volumes légèrement au dessus de la moyenne pour le chardonnay pour une belle qualité de fruits ». Après un hiver relativement pluvieux dans le Sud de l’Australie, des gelées printanières ont endommagé certaines vignes dans le Sud-Est de la région. Désormais, ce sont de fortes chaleurs qui causent quelques inquiétudes chez les vignerons : « Nous venons de sortir de la première période caniculaire de la saison et espérons que ce sera la dernière ! », explique un membre du groupement. Avec un mercure qui peut grimper jusqu’à 42°C, la gestion de l’irrigation sera cruciale, à la fois du point de vue qualitatif et quantitatif. « La majorité des vignobles en Australie méridionale ne débuteront les vendanges que d’ici quelques semaines, et l’impact de la météorologie sera dorénavant déterminant en termes de qualité et de volume », rappelle Peter Flewellyn.

 

Les ajustements structurels portent-ils leurs fruits ?

Sur le plan commercial, les indicateurs sont bel et bien au vert. « L’Australie connaît une forte demande pour des vins d’entrée de gamme à travers le monde », poursuit l’œnologue. « Cette demande permet d’ouvrir de nouveaux marchés et de développer des débouchés existants pour les vins australiens au niveau international ». Sur le plan national, l’un des adhérents note une grande sensibilité au prix parmi les acheteurs : « Ils savent quel doit être le coût des produits qu’ils achètent et ils ont peu de marge de manœuvre, que ce soit en magasin ou en ligne. McLaren Vale est légèrement trop cher pour eux ». D’où la forte orientation du groupement en direction de l’export.

De son côté, le courtier international Ciatti prévoit la poursuite de la tendance actuelle sur le marché international : « La demande de vins rouges australiens s’est montrée élevée et forte et nous ne prévoyons pas de changement de cette tendance en ce début de 2018 ». Si le niveau des stocks s’avère plutôt élevé, et en augmentation constante depuis cinq ans, les modifications structurelles pourraient bien être en train de porter leurs fruits : « Sur le plan structurel, le secteur a réalisé des ajustements qui semblent susceptibles de soutenir la croissance », note Wine Australia, citant l’amputation de 20 000 hectares de la superficie du vignoble entre 2006 et 2015. Il est difficile de savoir si le rebond de la filière s’explique par cette mutation, ou bien par la pénurie de l’offre mondiale. Quoi qu’il en soit, les opérateurs australiens entendent bien en profiter.

Tags : Australie
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