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Rapport INRA

Pas facile de se passer de cuivre pour les vignes bio

Jeudi 18 janvier 2018 par Christelle Stef

En attendant le déploiement des cépages résistants au mildiou, l'INRA indique que 'la réduction des doses de cuivre employées serait le principal levier'.
En attendant le déploiement des cépages résistants au mildiou, l'INRA indique que 'la réduction des doses de cuivre employées serait le principal levier'. - crédit photo : INRA
Dans l'immédiat il n'est pas possible de se passer de cuivre répond une expertise collective scientifique. En revanche, une réduction drastique des doses de près de 50 % est possible.

Peut-on se passer du cuivre en bio ? Telle est la question sur laquelle s'est penchée l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), à la demande de l'Institut Technique de l'Agriculture Biologique (ITAB) et du métaprogramme Management Durabel de la Santé des Récoltes (SmaCH). Dans le cadre d'une expertise scientifique collective de deux ans, l'Institut a épluché toute la littérature scientifique et les documents techniques sur les alternatives au cuivre.

Les résultats ? « Sans changement majeur des systèmes de production, on peut envisager une réduction drastique des doses de cuivre, de près de 50 % avec des efficacités identiques, dans les conditions normales de pression parasitaire. Si la pression maladie est très forte, ce sera plus compliqué. C'est valable pour la lutte contre le mildiou de la pomme de terre, le mildiou de la vigne et la tavelure du pommier » a expliqué Philippe Mauguin, le PDG de l'Inra, ce 16 janvier à Paris lors de la clôture du colloque dédié à la restitution de l'expertise.

Conseils

Cette réduction des doses est possible notamment grâce à l'utilisation d'outils d'aide à la décision et de produits de biocontrôle (stimulateurs de défenses des plantes, huile essentielle d'orange douce...). Mais arrêter totalement le cuivre est difficilement envisageable dans l'immédiat. « On ne peut pas conclure raisonnablement qu'il soit possible de se passer du cuivre en l'espace de quelques mois » a insisté Philippe Mauguin. Un arrêt total du cuivre implique en effet de reconcevoir les systèmes de production et de combiner un ensemble de leviers. Pour la vigne, outre le biocontrôle, cela passe en premier lieu par le recours aux cépages résistants. Mais l'INRA reconnaît, qu'a court-terme, ce n'est pas applicable dans toutes les situations.

L'institut évoque également l'amélioration de la prophylaxie, comme le ramassage à l'automne des feuilles potentiellement infectées par le mildiou. Une technique qui se fait en arboriculture pour lutter contre la tavelure du pommier. L'Inra cite également le recours à des modes de taille qui permettent une meilleure aération du feuillage.

"Reconception de systèmes sans cuivre"

« L'Inra, l'Itab, les instituts techniques et les partenaires professionnels auraient intérêt à lancer dès 2018 des expérimentations concrètes de reconception de systèmes de production « sans cuivre » mettant en oeuvre toutes les alternatives » a indiqué Philippe Mauguin. Une nécessité pour éclairer le débat public.

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