LE FIL

Politique de santé

La filière entame un bras de fer avec les pouvoirs publics

Mardi 19 décembre 2017 par Bertrand Collard

Jean-Marie Barrillère, président du Cniv et Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer. Tous deux ont orchestré la réflexion autour du plan de filière.Jean-Marie Barrillère, président du Cniv et Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer. Tous deux ont orchestré la réflexion autour du plan de filière. - crédit photo : Bertrand Collard
Les responsables de la filière attendent du gouvernement qu'il clarifie sa position vis-à-vis de la consommation de vin après la parution de la stratégie nationale de santé qui traite le vin au même niveau que les drogues illicites.

Les représentants de la viticulture n’en démordent pas. Ils ne remettront pas le plan de transformation de la filière attendu par le gouvernement dans le cadre des états généraux de l’alimentation (EGA) à moins d’une clarification de la politique de santé publique à l’égard du vin. Toutes les filières agricoles doivent remettre leur plan avant le 21 décembre, jour de clôture des EGA. Mais la viticulture pose une condition.

"Une difficulté majeure"

« Nous sommes face à une difficulté majeure : comment envisager l’avenir de notre filière, alors que dans le même temps, la place du vin au cœur de la société française est remise en cause ? » déclarent Jean-Marie Barillère, Président du Comité National des Interprofessions des Vins à Appellation d'Origine (CNIV), et Jérôme Despey, Président du Conseil Spécialisé Vins de FranceAgriMer dans un communiqué de presse du Cniv.

Ces deux responsables font allusion à la « stratégie nationale de santé 2018-2022 qui classe le vin au même niveau que les drogues illicites et se fonde sur la dénormalisation du produit vin », indique leur communiqué.

En fait, ce plan ne parle pas du vin, en tant que tel, mais de l’alcool qu’il considère au même titre que le tabac et les « substances psychoactives licites ou illicites ». Il y est surtout question de lutte contre les pratiques addictives.

"La flière sur ses gardes"

Mais après la campagne sur le tire-bouchon, la filière est sur ses gardes. « Nous sommes conscient que la consommation excessive est dangereuse. Mais la consommation équilibrée raisonnable, de un à deux verres de vin par jour peut être bénéfique, répète Jean-Marie Barillère. Nous attendons un courrier de clarification. »

Un courrier venant de l’Elysée indiquant d’une manière ou d’une autre que les pouvoirs publics distinguent bien « la consommation conviviale de nos merveilleux produits de terroir qui fait la renommée de la France » de la « consommation qui pose des problèmes de santé publique ».

Jean-Marie Barillère a rencontré le conseiller à la santé et le conseiller à l’agriculture d’Emmanuel Macron le 13 décembre pour leur expliquer tout cela. Depuis, pas de réponse de l’Elysée. Désormais le temps presse.

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