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Encore de la friture sur le réseau de déploiement en Occitanie
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Cépages résistants
Encore de la friture sur le réseau de déploiement en Occitanie

La mise à disposition des cépages résistants aux maladies cryptogamiques dans le vignoble du Midi n’est pas encore finalisée pour 2018.
Par Alexandre Abellan Le 29 novembre 2017
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Encore de la friture sur le réseau de déploiement en Occitanie
Devant être visitables par les vignerons intéressés par les nouvelles variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium, les parcelles du réseau sont encore à déterminer. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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 Tout n’est pas parfait dans ce plan de déploiement des cépages résistants. Toutes les demandes de vignerons n’auront pas une réponse de suite, mais le train est en marche et les choses se feront » pose le vigneron Guy Bascou, président du syndicat viticole de l’appellation Picpoul de Pinet, lors d’une conférence ce 28 novembre au Sitevi. Cette mise en perspective était la bienvenue lors du dévoilement du plan de déploiement dans la région Occitanie des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium, qui avait de quoi laisser sur sa faim. Dans l’audience, les vignerons n’ont pas manqué de relever le flou entourant un dispositif qui doit pourtant être opérationnel dès la campagne de plantation 2018. Un viticulteur rapportant même ne pas savoir où en est sa candidature et s’il lui fallait préparer une parcelle, sa cave coopérative lui indiquant que son dossier est retenu, quand son conseiller de la chambre d’agriculture n’a pas l’information.

En bonne voie, le plan n’est pas encore finalisé explique Nathalie Goma-Fortin, chargée de mission à la Chambre d’Agriculture de l’Hérault (CA 34). Présentant une première carte de l’Observatoire régional du déploiement des cépages résistants (OsCaR), la technicienne précise qu’il ne s’agit que d’une première salve de parcelles retenues, espérant pouvoir y rajouter quelques points. Dans l’immédiat, aucun chiffre ne peut donc être communiqué sur l’ampleur de ce plan. Que ce soit en termes de domaines, de parcelles, de surfaces ou de cépages déployés. D’après les premiers éléments, il y aurait plus de Bouquet en Languedoc-Roussillon, et plutôt des premières générations du programme Résistance Durable (Resdur 1) sur les Midi-Pyrénées, avec un saupoudrage de cépages étrangers.

OsCaR

Sous l’égide de la région Occitanie, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et les interprofessions des vins du Sud Ouest et du Languedoc (IVSO et CIVL) doivent se réunir avant la fin de l’année pour valider les parcelles définitivement retenues. L’INRA devant ensuite passer des conventions avec chaque domaine retenu, qui sera suivi par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et les réseaux des Chambres d’Agriculture. Faisant intervenir un tissu d’acteurs techniques au service d’un réseau de vignerons, OsCaR pâtit des intérêts différents de chaque organisme. L’INRA souhaitant ainsi privilégier la diversité des sols et pression cryptogamique, quand les interprofessions souhaitent mettre en avant la diversité des produits définitifs. Ces différences d’attentes conduisant à peaufiner encore le plan.

Dans les faits, OsCaR propose aux vignerons retenus de suivre quatre cépages Resdur 1 (Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis), qui bénéficient actuellement d’un classement temporaire et poursuivent une étude de Valeur Agronomique Technologique et Environnementale (VATE) pour obtenir un classement définitif*. Les cépages étrangers classés temporairement sont également concernés par OsCaR, suivant une limitation de 20 hectares plantés par bassin. Le plan de déploiement propose également cinq cépages Bouquet qui intéressent particulièrement le CIVL par leur typicité méridionale. N’étant pas inscrits au catalogue, ils suivent actuellement une procédure démontrant leurs critères Distincts, Homogènes et Stables (DHS). Réglementairement, ces variétés sont limitées à 3 hectares plantés en France. Au moins jusqu’à la validation de leur DHS fin 2018. Mais ensuite, leur déploiement sera limité par les quantités même de matériel végétal (voir encadré).

Aller vite

Si les nouveaux cépages résistants continuent d’arriver au compte-gouttes, les tuyaux de la recherche ne semblent pas loin de l’engorgement. Sont actuellement à l’étude 25 Resdur2, 40 Resdur3 et 1 320 génotypes dans la recherche de cépages typiques des bassins. « Tout l’enjeu est de répondre aux attentes professionnelles sur les variétés disponibles aujourd’hui, tout en anticipant les nouvelles créations mises à disposition dans cinq à dix ans » résume Éric Serrano, le directeur IFV Sud-Ouest.

« Il faut également aller vite au niveau de la réglementation. C’est bien beau d’obtenir des cépages résistants, il faut que les viticulteurs puissent en vivre et vendre ces vins sous tous les signes de qualité existants » tranche Guy Bascou, ouvrant déjà un autre front pour l’après OsCaR.

 

* : Au vu de la complexité du processus OsCaR, l’accès aux variétés Resdur 1 mérite presque d’attendre pour l’appréhender plus facilement. L’inscription au catalogue des quatre variétés est en effet prévue pour le début 2018 (le Comité Technique Permanent de la Sélection devant la valider en fin d’année, pour un avis du ministère de l’Agriculture au premier trimestre de l’année prochaine). Une attente qui est d’autant plus tentante que ces plants seront éligibles aux subventions du Plan National de Restructuration sur les bassins viticoles languedociens et sud-ouest précise Laurent Mayoux, de FranceAgriMer.

Disponibilité du matériel végétal

Si OsCaR met à jour les carcans administratifs enserrant le déploiement des cépages résistants, il est également limité par la disponibilité en matériel végétal. « Pour accélérer le processus de diffusion, nous aurons un recours exceptionnel à du matériel standard par un processus de multiplication rapide. En attendant l’arrivée du matériel certifié » explique Pascal Bloy, le directeur du matériel végétal de l’Institut Français de la Vigne et du Vin.

Selon ses estimations, 19 à 22 000 plants de Resdur 1 en catégorie standard seront disponibles pour greffage au printemps 2018. Anticipant le déploiement de Resdur 2, il prévoit également la mise en œuvre des 25 cépages actuellement suivis. Pour les cinq variétés Bouquet, Pascal Bloy estime qu’il pourra fournir des bois standards pour planter 1,5 à 2,5 ha selon les cépages dès 2018.

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