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WBWE Amsterdam

Les Italiens déplorent les conséquences de la récolte la plus difficile depuis 1947

Jeudi 23 novembre 2017 par Sharon Nagel

Les opérateurs italiens vont devoir jongler cette année pour tenter de satisfaire, ne serait-ce que leurs clients réguliers
Les opérateurs italiens vont devoir jongler cette année pour tenter de satisfaire, ne serait-ce que leurs clients réguliers - crédit photo : WBWE
L’Italie accuse la chute de production la plus vertigineuse en Europe. C’est donc avec une certaine résignation que les opérateurs italiens ont accueilli les acheteurs lors de la World Bulk Wine Exhibition qui a fermé ses portes ce 21 novembre à Amsterdam.

Des doutes déjà sur le potentiel de récolte en 2018

« Je suis ici pour voir à quel point les acheteurs sont réalistes quant à la situation très compliquée à laquelle nous sommes confrontés cette année » a posé, d’emblée, le Dr Luca Sabatini, directeur export de la cave coopérative de Soave, dans la province de Vérone. « Pour ceux qui ne croient pas à cette réalité, ce salon devrait être l’occasion de se rendre compte que, probablement pour la première fois, la demande sera supérieure à l’offre ». Qualifiant 2017 de « la récolte la plus difficile depuis 1947 en Italie », il affirme que la perte de production est plus près de 15 millions d’hectolitres, ce qui se traduit par une baisse pour la zone de Soave de 25 à 30%. La cave, qui produit en année normale 700 000 hectolitres, va devoir jongler pour tenter de satisfaire ses clients réguliers, la prospection de nouveaux clients sur le salon devant porter obligatoirement sur la campagne 2018/2019. Et encore. Le manque d’eau devient un problème récurrent en Italie comme ailleurs, soulevant déjà des interrogations sur le potentiel de récolte en 2018 : « D’une situation anormale, la sécheresse semble être devenue normale désormais ». Pour un vignoble comme celui de Soave, qui s’étend essentiellement sur des coteaux, les possibilités d’irriguer sont faibles.  

 

Aucun vignoble italien épargné

Pour l’heure, la question est plutôt de savoir comment satisfaire les besoins des clients actuels. Même si les opérateurs italiens présents à la WBWE se disent peu enclins à acheter des vins à l’étranger, les producteurs espagnols évoquent, eux, la présence d’acheteurs italiens de l’autre côté des Pyrénées. Il est vrai que cette année, les approvisionnements ne pourront pas être assurés sur le territoire italien. « Avant, on pouvait toujours trouver des vins dans d’autres vignobles italiens mais cette année, la production vénitienne a chuté de 50% et même en Sicile les disponibilités sont faibles », déplore Luca Sabatini. Une situation confirmée par Salvattore Vitale, directeur commercial de la Cantine La Vite, plus grand producteur de nero d’Avola en Sicile avec une production totale de 180 000 hl, en année normale, dont 140 000 de ce cépage emblématique. « La Sicile dans son ensemble a perdu 30% de sa récolte cette année. Pour notre part, nous avons réussi à limiter la baisse à 25% car il y a encore des viticulteurs qui souhaitent rejoindre la cave ».

 

Les prix ont doublé

Il n’en reste pas moins qu’avec de telles pertes, l’impact sur les prix ne s’est pas fait attendre : « Le prix des vins génériques a doublé cette année », reconnaît Salvattore Vitale, pour qui l’augmentation était nécessaire : « Les viticulteurs étaient trop peu payés auparavant », estime-t-il. Il reste à savoir comment les acheteurs vont gérer cette situation. « Les négociations vont bon train en Sicile. Elles dureront trois mois pour qu’une solution acceptable  puisse être trouvée », estime le représentant sicilien. Si l’on en juge par l’expérience de la Cantine La Vite, il y a de fortes chances pour que les acheteurs n’aient pas d’autre choix cette année que d’accepter ces hausses tarifaires : « Habituellement, 80% de nos vins sont vendus au mois de décembre suivant la récolte. Cette année, tout a été vendu à la fin octobre ». 

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