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Risques climatiques

Connaissez-vous l’assurance paramétrique ?

Lundi 28 août 2017 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 30/08/2017 13:30:15

Uniquement développée contre le gel, l'assurance paramétrique ou indicielle supprime la franchise et le passage de l'expert.Uniquement développée contre le gel, l'assurance paramétrique ou indicielle supprime la franchise et le passage de l'expert. - crédit photo : Finamor
Alors que l’assurance climatique ne connaît qu’un engouement modéré des producteurs, un cabinet de courtage ligérien lance une nouvelle génération d’assurance en partenariat avec la Fédération de l’Anjou-Saumur.

Séduira-t-elle davantage les producteurs ? L’avenir le dira. Mais en tout cas, l’assurance paramétrique (ou indicielle) a le mérite d’être beaucoup plus claire et légère à utiliser. Développé par le cabinet LCA Assurances Climatiques qui a obtenu l’exclusivité de son développement dans la filière vin, ce contrat n’est pas nouveau. Conçu par Axa Assurance, il est proposé dans de multiples secteurs dont l’activité est intimement liée à la météo : l’organisation de concert, la production de glaces, les terrasses de café… Le cabinet le commercialise, dans un premier temps, auprès de la filière viticole ligérienne grâce à un partenariat conclu avec la Fédération viticole de l’Anjou.

Sans expertise

Mais concrètement que se cache-t-il derrière ce contrat ? Un mécanisme plutôt simple. Le vigneron choisit d’assurer un montant de capital. Par exemple 10 000 euros. Il choisit une température à laquelle il souhaite que son assurance soit déclenchée :-1 ,5 , -2, -2,5, -3°. Si sur la période du 15 avril au 31 mai, la température baisse en dessous de la température qu’il a choisie, l’assurance lui rembourse la moitié du capital déclaré par jour de gel, soit 5 000 euros. Pour deux jours de gel consécutifs ou pas, il percevra la somme maximale de 10 000 euros. Il est réglé sous 1 mois. « Il n’y a pas de franchise, pas de contrôles de rendement à la parcelle, pas de déclaration de récolte ou de parcelle et, surtout, pas de prise en compte de la moyenne olympique des rendements » souligne Stéphan Gellot, directeur général de LCA Assurances Climatiques et responsable du département viticole. Autre avantage : le barème CNGRA plafonnant le prix assuré pour obtenir la subvention du contrat socle n’entre pas en jeu. En effet, ce contrat n’entre pas dans la catégorie des contrats aidés par l’Union européenne.

En complément du contrat socle

Le contrat paramétrique fait donc la part belle à la prise de risque que souhaite prendre le vigneron. La température de déclenchement de l’assurance est un point déterminant, car elle joue sur le prix de l’assurance mais aussi sur le fait d’être déclenché ou pas. Pour qu’il n’y ait pas de contestation possible, la température prise en compte par l’assureur est celle de la station Météo France de Beaucouzé pour les départements du 49,79 et 86. Elle est relevée à 50 cm au-dessus du sol sans abris. « À titre d’exemple, le 27 avril, elle a relevé -2.7° » précise Stéphan Gellot.

Son utilisation peut être habilement utilisée en complément du contrat socle pour faire sauter le frein de la franchise des 30 %. « Nous préconisons de souscrire des contrats « socle » avec la subvention PAC à 65 % et d’assurer la franchise des 30 % en contrat paramétrique » explique Stéphan Gellot. 

Une assurance amenée à se développer

L’assurance paramétrique est testée par Axa Global Parametrics depuis de nombreuses années en agriculture, notamment en Afrique mais aussi en Europe. « L’assureur pense que dans les 20 ans qui viennent, 9 catastrophes sur 10 seront provoquées par le changement climatique et la survenue d’évènement climatiques extrêmes : températures record, déficit hydrique historiquement faible » commente Stéphan Gellot qui confie « une assurance similaire devrait être lancée en 2019 pour la sécheresse en viticulture ».

 

 

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