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Sud Gard

Cryptoblabes, un parasite qui prend racine

Vendredi 18 août 2017 par Bertrand Collard

Papillons de Crytpoblabes pris au piège. Ci-dessous : larve de Cryptoblabes
Papillons de Crytpoblabes pris au piège. Ci-dessous : larve de Cryptoblabes - crédit photo : CAPL
Dans le Sud du Gard, la pyrale Cryptoblabes cause régulièrement des dégâts aux grappes depuis quelques années. La lutte s’organise contre ce parasite dont personne n’a encore réussi à observer les pontes.

Pas de doute pour Thierry Favier. « Un nouveau parasitisme se met en place à la faveur du changement climatique », observe le responsable du service agronomique de la coopérative d’approvisionnement CAPL. Alors que Cryptoblabes causait des attaques sporadiques, le voilà qui s’est installé dans le sud du Gard autour de Vauvert, Saint-Gilles et Aigues-Mortes, dans les Costières de Nîmes et dans la zone des Sables. Depuis quatre ans, chaque année, ses larves ruinent des grappes.

"Coup de chevrotine"
« Une attaque de Crypto, c’est comme si on avait tiré un coup de chevrotine sur les grappes : elles sont piquées de partout alors qu’eudémis pique seulement quelques grains. C’est aussi très filandreux car les larves produisent beaucoup de soies », observe Adrien Arias, responsable du secteur de Saint-Gilles à la CAPL.

Ces attaques surviennent très tard, seulement lorsque les grappes sont mûres. « On peut très bien ne rien voir dix jours avant la récolte et se trouver face à des dégâts importants le jour de la vendange », prévient Thierry Favier.

Des oeufs invisibles

Pour l’instant, personne n’a réussi à observer les pontes de ce papillon, encore dénommé pyrale des agrumes ou, tout simplement, Crypto. Personne ne sait où se nichent les œufs ni à quoi ils ressemblent. Le piégeage des femelles est le seul moyen d’évaluer le danger. En l’absence de captures, il n’y a pas de risques. Dans le cas contraire, il faut se tenir sur ses gardes. Mais les vols sont très étalés et les captures irrégulières. A ce jour, aucun seuil de danger n’a pu être défini.

En deux ans, la CAPL a installé une dizaine de pièges sexuels dans le secteur touché. L’un d’entre eux se trouve chez Christian Serre, au Mas de Beauregard du Grès à Saint Gilles. « Je capture deux à cinq papillons par jour. C’est plus que l’an dernier », observe ce viticulteur qui cultive 30 ha de vigne et qui a déjà récolté ses blancs et ses grenaches qu’il vinifie en rosé.

"Je m'en sors bien"
Pour l’instant, malgré des prises croissantes, les choses se passent bien. « Je n’ai pas vu trop d’attaques sur grappes, assure Christian Serre. Je m’en sors parce que je traite la troisième génération d’eudémis avec Steward, un insecticide efficace également contre les pyrales. »

Larve de Cryptoblabes (photo CAPL)A Vauvert, Marc Brunel a capturé 186 papillons depuis le 27 juillet. C'est moins que l'an dernier. Mais comme la pression d'eudémis est plus forte, il a fait deux traitements de plus avec Steward.

A Vergèze, Bernard Delmas qui cultive 80 ha en bio a protégé ses cabernets sauvignons par un traitement spécifique contre Cryptoblabes au spinosad (matière active de Sucess 4 et Musdo). Ce cépage étant tardif, les chenilles ont le temps de s’y développer et de causer d’importants dégâts avant qu’il soit bon à récolter. « Les cépages précoces, je ne les traite pas. J’espère les vendanger avant que la bestiole ait eu le temps de faire des dégâts », explique le vigneron. Le pari semble judicieux : cette année, il n’a observé que quelques foyers sur ses pinots noirs.

Selon la CAPL, tous les insecticides homologués contre la pyrale de la vigne sont efficaces contre Cryptoblables. Toute la difficulté vient du fait que les attaques sont extrêmement tardives. Les grappes doivent être protégées jusqu’au dernier moment, tout en respectant le délai d’emploi avant récolte des produits.

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