LE FIL

À l’aveugle

Le Commissaire Européen préfère les vins de cépages résistants

Jeudi 06 juillet 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 11/07/2017 17:02:24

Studieux, Phil Hogan s'est appliqué à l'exercice de la dégustation à l'aveugle, ce 5 juillet à Villenave d'Ornon.Studieux, Phil Hogan s'est appliqué à l'exercice de la dégustation à l'aveugle, ce 5 juillet à Villenave d'Ornon. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Se pliant au jeu d’une dégustation comparative, Phil Hogan a plébiscité les nouveaux cépages, qu’il est prêt, en tant que consommateur, à payer rubis sur l’ongle.

« On dirait un bon sauvignon blanc ou un chardonnay. C’est le meilleur goût pour moi » note le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, lors d’une dégustation à l’aveugle de vins blancs à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin, ce 5 juillet à Bordeaux. Le coup de cœur de l’homme politique irlandais n’est, en réalité, pas causé par un vin blanc traditionnel, mais par un nouveau cépage résistant au mildiou et à l’oïdium, développé par l’INRA. À l’aveugle, Phil Hogan a ainsi sabré un vin conventionnel (« goût trop léger et trop fruité »), tout en restant dubitatif devant le vin bio (« goût inhabituel pour moi »).

Après avoir pris connaissance des types de vin dégustés*, il était demandé aux participants d’indiquer le prix qu’ils étaient prêts à payer pour chaque bouteille. S’il débourse 15 euros pour le vin conventionnel et 35 euros pour le bio, le commissaire européen se dit prêt à payer pas moins de 50 € pour celui issu de cépage résistant. Sachant qu’étant citoyen irlandais, Phil Hogan est habitué à la fiscalité européenne la plus lourde sur les boissons alcoolisées, et donc à des prix particulièrement élevés.

Ouvrir les AOP

Au terme de cette visite, Phil Hogan s’est déclaré ravi « de cette opportunité d’avoir un éclairage scientifique » sur les enjeux des cépages résistants. Au-delà de cet exercice de dégustation, l’ISVV lui a en effet présenté les défis de la diffusion des nouveaux cépages résistants. Le message passé était simple : les cépages résistants permettent d’envisager une réduction drastique des traitements phytosanitaires, tout en proposant des vins de qualité.

Ce qui conduit logiquement les techniciens à demander, avec l’appui des élus du vignoble présents, à ne plus interdire l’utilisation des vignes non-Vitis vinifera dans les vins d’appellation d’origine. Ces nouveaux cépages résistants aux maladies cryptogamiques étant issus d’hybridation avec d’autres variétés de vignes. Invité de marque du Congrès de la Viticulture cet après-midi, le commissaire européen est attendu sur ce sujet. Une modification de la réglementation communautaire étant espérée par les représentants viticoles (qui mènent désormais la réflexion au sein de l’INAO).

 

* : Ainsi que de leurs résidus respectifs. Soit six molécules chimiques pour le conventionnel, des traces de cuivre pour le bio et aucun résidu pour le cépage résistant.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé