LE FIL

Sur-mesure

Les vignerons indépendants présentent leurs attentes

Vendredi 03 mars 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Thomas Montagne, président des Vignerons indépendants de France : « Il faudrait permettre une défiscalisation de la transmission quand elle s’effectue dans le cadre familial qu’elle soit sous forme sociétaire ou pas »
Thomas Montagne, président des Vignerons indépendants de France : « Il faudrait permettre une défiscalisation de la transmission quand elle s’effectue dans le cadre familial qu’elle soit sous forme sociétaire ou pas » - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Entre le Hall 2 et le Hall 3, le pavillon des Vignerons indépendants est incontournable. Ouvert sur les allées, nombre de politiques s’arrêtent pour échanger et se voient remettre les 18 propositions pour l’avenir.

C’est un programme très détaillé que présentent les Vignerons Indépendants aux différents politiques qui s’arrêtent sur leur stand. Candidats à l'élection présidentielle, députés français et européens, sénateurs… tous, se voient remettre les 18 propositions pour l'avenir que les Vignerons indépendants ont publié fin 2016. Et si on peut résumer ces propositions en un seul mot, ce serait pragmatisme, taillées qu’elles sont pour lever les freins à l’exercice du métier. Du sur-mesure.

Créer une réserve de précaution

« Nous abordons la question de l’assurance » énonce Thomas Montagne. La demande est portée depuis longtemps par le mouvement. « Il faut évidemment la négocier dans un cadre européen » précise Thomas Montagne, exprimant sa satisfaction de voir l’Europe travailler sur la baisse du seuil de déclenchement des assurances climatiques de 30 à 20 %. Mais pour lui, il faut aller plus loin et travailler non pas uniquement sous l’angle des risques climatiques mais celui de l’assurance revenu. D’ailleurs, les Vignerons Indépendants souhaitent la mise en place d’une « réserve de précaution » en nature, permettant au vigneron de passer le cap des mauvaises années. Ce stock serait défiscalisé. « Il s’agit de permettre aux AOC qui n’atteignent jamais le rendement butoir de pouvoir créer un stock libérable en cas de problème climatique ou d’investissements » précise Thomas Montagne.

Le mouvement a également planché sur d’autres mesures fiscales. Entre-autre, les Vignerons Indépendants souhaitent faciliter l’activité oenotouristique en modifiant les seuils encadrant les activités accessoires. Leur proposition est de permettre à une exploitation pratiquant l’oenotourisme de rester sur le régime du bénéfice agricole tant que l’activité n’atteint pas 50 % du chiffre d’affaires total ou 100 000 euros de chiffre d’affaires.

Desfiscaliser la transmission

Toujours sur la fiscalité, les vignerons indépendants demandent que des solutions adaptées soient mises en place pour faciliter la transmission. « Il faudrait permettre une défiscalisation de la transmission quand elle s’effectue dans le cadre familial qu’elle soit sous forme sociétaire ou pas » explicite Thomas Montagne. Les Vignerons Indépendants militent également pour que soient favorisés les dispositifs de portage du foncier.

Enfin, les Vignerons Indépendants n’oublient pas l’environnement, eux qui sont engagés à développer la viticulture bio ou la HVE dans leurs entreprises. À ce titre, ils demandent aux politiques de soutenir ces démarches, notamment à travers leur promotion. Ils réclament aussi qu’une aide financière soit débloquée pour apporter un soutien à l’investissement dans du matériel permettant une meilleure prise en compte de l'environnement. Cette aide est « nécessaire et indispensable », soulignent-ils.

Pour appuyer leur engagement environnemental, ils ont remis le 1er mars en présence de Stéphane le Foll au Salon de l'agriculture, la 500ème certification HVE d’un Vigneron indépendant. Il s’agit du Domaine de la Meulière, à Chablis, dirigée par Vincent Laroche, président des Vignerons indépendants de Bourgogne et du Jura.

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