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Lecture du week-end

L’art et la manière de lever des fonds pour financer son vignoble

Samedi 11 février 2017 par Alexandre Abellan

Le recours au financement participatif répond à des difficultés d’accès aux prêts bancaires, à cause des faibles taux de rentabilité de la filière, que ce soit par rapport au poids du foncier viticole ou à la valorisation des vins.
Le recours au financement participatif répond à des difficultés d’accès aux prêts bancaires, à cause des faibles taux de rentabilité de la filière, que ce soit par rapport au poids du foncier viticole ou à la valorisation des vins. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Outil d’augmentation de capital par l’intermédiaire d’une plateforme internet, l’approche du crowdfunding est au cœur du dernier précis des éditions Féret.

Premier « précis sur les financements alternatifs des entreprises vitivinicoles », Le Crowdfunding et le Vin (éditions Féret) donne les clés de compréhension, et de mise en application, de cet outil au vignoble. Actuellement, le crowdfunding semble d’autant plus pertinent que « les établissements bancaires, traditionnels financeurs des exploitations viticoles, sont de plus en plus prudents et soumis à des contraintes réglementaires strictes qui les empêchent souvent d’octroyer des prêts à des entreprises, alors que même que les taux de crédit sont historiquement bas » pose le consultant Maxime Debure, auteur du précis.

Ce désengagement du secteur bancaire peut être compensé par un engagement croissant des consommateurs, notamment via le financement participatif : « les particuliers cherchent à donner un sens à leur argent face à l’opacité du système bancaire traditionnel et à dynamiser leur épargne » explique le consultant. Si le crowdfunding est une alternative pertinente, encore faut-il avoir en tête la recette permettant de réussir sa levée de fonds auprès de financeurs particuliers.

Campagne de crowdfunding = opération de communication

« Le porteur de projet à la recherche de financement ne peut pas se contenter de placer une présentation de son projet sur une plateforme de crowdfunding » prévient Maxime Debure. En concurrence avec toute une palette d’offres d’investissement, le projet se doit d’être attractif et fédérateur pour se distinguer. Le consultant cite des projets d’« écoconstruction d’un chai semi-enterré » ou d’« achat d’un cheval pour travailler les sols ».

Pour réussir sa campagne, le porteur de projet doit également avoir conscience qu’il cible trois cercles de financeurs potentiels : les proches, connaissant bien le domaine (de la famille aux clients fidèles), les personnes plus éloignées, mais ayant déjà une connaissance du domaine (contacts et clients ponctuels), qui seront des relais d’influence vers un troisième cercle, le grand public découvrant entreprise par le crowdfunding.

"Préparer des supports de présentation de l’entreprise"

Pour tous, « le texte de la présentation devra être préparé avec soin, de manière à donner suffisamment d’informations sur l’entreprise et son projet, mais de manière synthétique et engageante » précise Maxime Debure. La clarté de l’information doit également se retrouver dans l’explication des contreparties et du calendrier d’envoi, ainsi que dans la transparence sur l’utilisation des fonds, qui peut aller jusqu’à un business plan (dans le cas de crowdfunding en prêt ou en capital, voir encadré).

Pour animer la campagne, Maxime Debure conseille d’avoir recours à des supports multimédias. La vidéo est incontournable pour réaliser une introduction courte. Et calibrée pour le partage sur les réseaux sociaux. Une levée de fonds nécessite d’ailleurs que l’entreprise ait préparé en amont sa présence numérique, avec a minima un site dédié, des pages Facebook et un compte Twitter pour construire une communauté.

Assortissant ces conseils d’études de cas, le consultant souligne que la relation entre le porteur de projet et ses financeurs ne s’arrête pas à la seule levée de fonds. Le partage auprès du public de la réalisation du projet doit en effet être vu comme une façon de capitaliser sur le potentiel commercial de clients sensibilisés à l’entreprise, et ses vins.

Trois grands modes de crowdfunding

D’après le précis, le crowdfunding peut être rangé en trois catégories :

- le don avec contrepartie : pour les « petits » projet (1 000 à 50 000 euros).

- le crowdfunding en prêt : rémunéré et obligations (pour 50 000 à 500 000 euros, plafonné légalement à un million €).

- le crowdfunding en actions : ouverture du capital (200 000 à 1 million €, plafonné à 2,5 millions €).

À noter que Maxime Debure souligne que les Groupements Fonciers Viticoles ne tiennent pas du crowdfunding, répondant à une orientation réglementaire bien distincte.

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