LE FIL

Val de Loire

La guerre des salons est bien lancée

Mercredi 08 février 2017 par Patrick Touchais

A la fermeture de l’édition 2017, le 7 février au soir, officiellement, les organisateurs du Salon des vins de Loire annoncent quelque 8 500 visiteurs.
A la fermeture de l’édition 2017, le 7 février au soir, officiellement, les organisateurs du Salon des vins de Loire annoncent quelque 8 500 visiteurs. - crédit photo : Patrick Touchais
Après une 31ème édition correcte, le Salon des vins de Loire a-t-il réussi à sauver sa peau ? On ne le saura sans doute qu’après le 14 février, quand se fermeront les portes de son nouveau concurrent parisien : Vinovision qui accueille 60 % d’exposants du Val de Loire.

Qu’elle était attendue cette édition du Salon des vins de Loire 2017 ! Pas tant que les exposants avaient tant de vin à vendre : la Loire a subi le gel, le mildiou et la sécheresse sur le millésime 2016 faisant chuter le potentiel de commercialisation. Bon nombre de vignerons ont donc tapé dans les stocks.

Mais le plus important résidait surtout dans les chiffres de fréquentation, tant le salon angevin, né en 1987, est soumis à une rude concurrence : salon off, salon bio et depuis cette année, Vinovision, le salon des vins septentrionaux qui se tiendra du 12 au 14 février.

A la fermeture de l’édition 2017, le 7 février au soir, officiellement, les organisateurs du Salon des vins de Loire annoncent quelque 8 500 visiteurs. Comme dans les manifestations syndicales de rue, on prendra les chiffres avec les pincettes nécessaires…

La synergie bio/conventionnelle paye

Concrètement, parmi les points positifs, la synergie entre l’historique Salon – il fêtait cette année sa 31ème édition – et les deux salons bio et biodynamique (La Levée de la Loire et Demeter) accueillis dans l’enceinte du Parc des expos d’Angers, a fonctionné pour la troisième fois consécutive. Ces derniers ont même réussi à faire jeu égal avec le premier, puisque de part et d’autre, on comptait quelque 220 à 230 exposants. Il est vrai que bon nombre de vignerons participant aux salons bios, étaient auparavant des fidèles du Salon des vins de Loire. Mais le passage en bio, l’offre tarifaire, et l’envie de se retrouver dans un pôle exclusif en a poussé certains à gonfler les rangs de la Levée de la Loire notamment. Autre point positif, les deux entités ont globalement été satisfaites de la fréquentation et de la qualité des visiteurs les lundi et mardi.

Et c’est sans doute là, où le bât blesse. Ouvert seul le dimanche – les bios participaient pour la plupart à des salons off en centre-ville d’Angers pendant le week-end – le Salon des vins de Loire n’a pas attiré les foules, même si certains exposants estiment avoir travaillé correctement. « Mais un peu comme un dernier jour de salon, pas comme un premier », souriait un vigneron d’Anjou. La question d’une ouverture sur deux jours va donc être reposée. Elle est prégnante depuis des années, mais le Parc des expos – propriétaire du Salon – s’accroche à ses trois journées.

Enfin, le Salon a réussi à conserver des fidèles exposants, malgré la concurrence du salon des vins septentrionaux Vino Vision. Initié par l’interprofession des vins de Loire, suivie par ses collègues d’Alsace, de Bourgogne, du Beaujolais et le Syndicat des vignerons de la Champagne, cette manifestation accueillera 60 % de Ligériens. Si cette nouvelle manifestation emporte le succès, elle pourrait mettre à mal le Salon des vins de Loire 2018. Certains exposants d’Angers indiquant clairement qu’ils attendaient la première édition avant de se lancer. Est-ce que deux salons – l’un à Angers, l’un à Paris – présentant une forte offre de vins de Loire peuvent cohabiter à une semaine d’intervalle sans que l’un ne tue l’autre ? Difficile à croire.

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