LE FIL

Vigne péri-urbaine

Vers la renaissance d'un vignoble à Dijon

Lundi 21 novembre 2016 par Juliette Cassagnes

Le domaine de La Cras, propriété du Grand Dijon, est conduit par un vigneron en biodynamieLe domaine de La Cras, propriété du Grand Dijon, est conduit par un vigneron en biodynamie - crédit photo : Ville de Dijon
Depuis trois ans, le Grand Dijon, sous l'impulsion du maire de Dijon, François Rebsamen, conduit une politique forte afin de faire renaître un vignoble autour de la ville. A terme, l'idée serait de pouvoir obtenir une nouvelle AOP « Côte de Dijon ».

Le « Grand Dijon », la communauté urbaine qui regroupe 24 communes du Dijonnais, a commencé depuis 2013 une nouvelle politique visant à développer un vignoble autour de celle-ci. Le « déclencheur » a été la mise en vente, cette année-là, d'un domaine agricole et viticole à proximité immédiate de Dijon, plus précisément à l'ouest de la ville : l'un des rares domaines viticoles à avoir survécu au phylloxéra. Par peur de voir ces 160 hectares de terres et 8 hectares de vignes transformées en zone « urbanisable », la collectivité territoriale a décidé de l'acquérir, pour un montant de 1,9 million d'euros. « Nous souhaitions préserver une ceinture agricole aux portes de Dijon, et par ce biais, stopper l'extension de l'urbanisation », explique Benoit Bordat, conseiller municipal en charge du dossier. Le domaine a ensuite été mis en fermage auprès d’un nouveau vigneron qui cherchait à « s'installer » et qui l'exploite désormais, en AOP Bourgogne.

Mais d'autres raisons ont motivé ce choix de « relancer une activité viticole autour de Dijon » : le projet de Cité de la gastronomie et du vin, le classement des Climats à l'Unesco, ou encore l'idée de pouvoir produire des vins "locaux", sont autant d'éléments qui ont participé à conforter le maire de la ville, François Rebsamen, dans celui-ci. « Ce projet répond à une volonté politique et contribue pleinement au développement touristique et économique du territoire que nous visons », résume Benoit Bordat. Et pour justifier de son bien-fondé, ce dernier rappelle que des vignes existaient déjà dans le passé sur ce territoire, à l'époque médiévale des Ducs de Bourgogne… Des vignes qui donnaient des cuvées « très réputées ».

À terme, installer un vignoble dans le prolongement de la Côte de Nuits

Outre ce rachat, d'autres projets sont donc en cours. Dans l'immédiat, huit hectares supplémentaires viennent d'être repris par le Grand Dijon, qui seront exploités d'ici l'an prochain par quatre candidats choisis par la Chambre d'agriculture. À terme, la collectivité souhaiterait, « d'ici 10 ans », parvenir à un vignoble de 60 ou 80 hectares. « Ce serait un bel objectif », commente le conseiller. Le coût du foncier étant important, voire inaccessible pour certains jeunes viticulteurs à cause de la pression foncière, ce système mis en place facilite leur installation, tout en permettant à la collectivité de conserver la maîtrise du foncier.

Au total, une superficie de 300 hectares de terres potentiellement plantables en AOP Bourgogne a été identifiée sur le territoire de la Communauté urbaine, avec l'aide de la Chambre d'agriculture de Côte-d’Or. Mais l'idée, à terme, serait de pouvoir obtenir, pour une centaine d'hectares environ, une nouvelle appellation « Côte de Dijon », « au même titre que les appellations Côte de Beaune ou Côte de Nuits ». Les démarches sont en tout cas engagées auprès de l'INAO.

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