Accueil / Viticulture / Une récolte sauvée par le mois d'août

Champagne
Une récolte sauvée par le mois d'août

L'année n'a pas été de tout repos en Champagne. Stressante, elle se finit tout de même avec un atterrissage plutôt doux au vu des incidents climatiques qui l'ont ponctués.
Par Aude Lutun Le 28 octobre 2016
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Une récolte sauvée par le mois d'août
Avec un rendement entre 8500 et 9000 kg/ha, le vignoble champenois limite la casse suite à une année 2016 plus que stressante. - crédit photo : DR
P

ersonne n’aurait pensé, début juillet, que le rendement moyen de la Champagne se rapprocherait des 9 000 kg/ha. La campagne démarrait mal, avec un gel fin avril qui a décimé une partie du vignoble, principalement dans l’Aube. Mais des vignes de la Marne et de l’Aisne ont également été très impactées. Sur les 33 000 ha de l’appellation, « 8 000 ha ont été touchés, soit un équivalent de 4 500 ha touchés à 100 %, précise Sébastien Debuisson, responsable du pôle Vigne au CIVC (comité interprofessionnel des vins de Champagne). Le gel a donc généré une perte d’environ 15 % de la récolte potentielle ».

Année déficitaire en ensoleillement

Après le gel, la pluie, qui s’est abattue de manière continue de mi-mai à mi-juin. L’année 2016 est l’année la plus déficitaire en ensoleillement depuis 1994. Cette pluviométrie a été propice au développement du mildiou, les records de l’année 1997 étant largement dépassés. Les vignes en pente ont été particulièrement affectées, le passage des enjambeurs et des chenillards étant parfois impossible. « Nous estimons que le mildiou a engendré une perte de 15 % de la récolte potentielle, et les dégâts en matériel ont été importants », poursuit Sébastien Debuisson.

Et fin août, la canicule a provoqué de l’échaudage, dont les dégâts ont oscillé entre 2 et 20 % par parcelle. Le CIVC estime que 3 % de la récolte a alors été détruite. Au total, après ces péripéties climatiques, le potentiel de récolte était réduit d’un tiers début septembre. Les estimations de rendement s’élevaient à 7 500 - 8 000 kg/ha, le rendement autorisé étant fixé à 9 700 kg/ha. Mais la pluie du 17 septembre et la qualité du feuillage ont permis aux grappes de continuer à grossir de manière plus importante que prévu. Ce fut particulièrement le cas pour les grappes de chardonnay, qui ont atteint 180 à 200 g, permettant à l’AOC d’atteindre un rendement moyen compris entre 8 500 et 9 000 kg/ha.

Hétérogénéité

Cette moyenne cache de grandes disparités. Certains secteurs ont eu un rendement inférieur à 1 000 kg/ha. 2016 aura vraiment été une année particulière car la vendange s’est réalisée en deux temps dans de nombreuses exploitations, le chardonnay peinant à mûrir. « Il n’a pas mis plus de temps à mûrir que les autres années, nuance Sébastien Debuisson. Le sucre continuait d’être produit normalement mais il était « dilué » dans le volume qui progressait de manière importante ». Le degré moyen est de 10 % vol et l’acidité se situe autour de 8 g H2SO4/L. « Nous avons une belle acidité car le feuillage comprenait beaucoup de jeunes feuilles, lesquelles produisent l’acide malique », conclut Sébastien Debuisson. Scénario inédit et stressant, qui se termine presque par un happy end pour l’appellation dans son ensemble. 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé