LE FIL

Dépérissement du vignoble

Rentrée pour les étudiants au premier diplôme à la taille et l'épamprage de la vigne

Mardi 25 octobre 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 08/11/2016 14:13:33

A l’heure du premier cours, Massimo Giudici se dit ravi des énergies et envies réunies pour cette première, « grâce à la volonté de Denis Dubourdieu ». « Qu’avaient les professionnels à disposition pour se former ? Il semblait important de réunir toutes ces approches autour de l'acte technique de la taille » renchérit la physiologiste Laurence Geny.
A l’heure du premier cours, Massimo Giudici se dit ravi des énergies et envies réunies pour cette première, « grâce à la volonté de Denis Dubourdieu ». « Qu’avaient les professionnels à disposition pour se former ? Il semblait important de réunir toutes ces approches autour de l'acte technique de la taille » renchérit la physiologiste Laurence Geny. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Voulant apporter sa pierre à la lutte du vignoble contre les dépérissements viticoles, l’université de Bordeaux vient de la lancer le premier diplôme français dédié à la taille. Avec le soutien des maîtres tailleurs italiens de Simonit & Sirch.

« Je n'irai pas jusqu'à dire que la taille est le remède contre tous les maux du vignoble, mais elle y contribue » lance le docteur Laurence Geny, résumant les enjeux, et ambitions, de la première promotion du Diplôme Universitaire à la Taille et à l’Épamprage (DUTE) de l’Institut de la Science de la Vigne et du Vin de Bordeaux (ISVV). Accueillant ce 24 octobre les dix premiers étudiants de la formation, l’enseignante est ravie d’avoir concrétisé en deux ans ce projet cher au défunt professeur Denis Dubourdieu. Porté par l’ISVV, ce premier diplôme universitaire français dédié à la taille de la vigne* est le fruit d’un partenariat avec les maîtres tailleurs de l’agence de conseil Simonit & Sirch (130 domaines suivis dans 10 pays).

Habitués des formations au long cours, ces experts italiens doivent enseigner les gestes techniques permettant de pérenniser la production des ceps, lors des opérations de taille et d’épamprage. « Il faut seulement respecter quatre règles lorsque l’on taille : la ramification en créant des bras, les flux de sève, les bourgeons de la couronne et faire des chicots pour maîtriser les cônes de dessiccation » résume Massimo Giudici (représentant pour la France de Simonit & Sirch).

Travaux pratiques

Pour s'approcher du geste le plus juste, le DUTE repose sur 140 heures de formation, réparties sur quatre semaines (soit 17 jours effectifs). Si 30 % des cours seront dispensés à l’université (notamment avec des interventions du chercheur Pascal Lecomte sur les maladies du bois), 70 % de l’enseignement se fera par la démonstration pratique, au vignoble. Avec deux semaines sur les vignes de l’INRA en octobre/décembre, puis une semaine en janvier pour la taille et une semaine en avril pour les ateliers d’épamprage.

Cette approche universitaire a séduit les dix élèves, aussi bien directeurs techniques que consultants, qu'ils soient praticiens ou managers, voire recruteurs. Parmi ces étudiants, nombreux sont ceux à avoir déjà été sensibilisés aux enjeux de la taille pour maîtriser les dépérissements. Que ce soit par les maîtres tailleurs italiens ou les animations du Service Interprofessionnel de Conseil Agronomique, de Vinification et d'Analyses du Centre (SICAVAC). Si 140 heures ne représentent pas beaucoup de temps, Massimo Giudici se donne un objectif ambitieux : qu’« à la fin de la formation, n’importe quel étudiant soit capable de savoir comment tailler une pergola en Argentine ».

"Il n’y a qu’à adapter les principes aux modes de conduite"

Si la formation est ancrée dans le Bordelais, avec l’étude poussée de quatre modalités de taille girondine (voir encadré), elle doit surtout donner des bases solides dans la réflexion de la taille, afin de transposer la logique des flux de sève à n’importe quelle mode de conduite. Ce qui répond justement aux attentes des étudiants, qui sont loin d’être essentiellement girondins. On retrouve parmi eux des élèves venus de Belgique, d’Espagne, d’Italie… Et de la vallée du Rhône. Globalement, « il n’y a qu’à adapter les principes de taille de la vigne aux modes de conduite. Ce sont toujours les mêmes consignes à respecter » résume Massimo Giudici. « En viticulture il n'y a pas de recette, il s'agit de choix de compromis. Il fait être conscient des effets secondaires et adapter les gestes qui suivent à ceux réalisés » précise Laurence Geny.

2 300 euros

Habilitée depuis juin, cette formation n’est pas éligible au Compte Personnel de Formation (le diplôme devant avoir au moins trois ans d'ancienneté), mais un Congé Individuel de Formation est envisageable. Pôle Emploi peut également participer à son financement. Les frais d’inscription s’élèvent à 2 300 euros, les inscriptions pour la rentrée 2017 seront ouvertes en avril prochain.

 

* : La formation de certificat de taille du Lycée Viticole d’Avize étant portée par la Corporation des Vignerons de Champagne.

 

Quatre modalités

Les modes de conduite qui seront travaillés par le DUTE sont : le cot sauternais (un gobelet palissé), le guyot simple de Saint-Emilion (un courçon, une baguette), le guyot double (deux courçons, deux baquettes) et le guyot du Médoc (deux baguettes et un courçon de retour si nécessaire).

Ces modes de taille seront mis en application sur des domaines partenaires déjà suivis par Simonit & Sirch : les châteaux Haut-Bailly (AOC Pessac-Léognan), Pichon Longueville Comtesse de Lalande (Pauillac) et les vignobles Vauthier-Mazière (AOC Saint-Emilion) ; sans oublier le domaine expérimental de l’INRA : la Grande Ferrade.

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