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Présence française du virus du pinot gris
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Ravageur émergent
Présence française du virus du pinot gris

Si le Grapevine Pinot gris Virus se trouve être répandu dans le vignoble hexagonal, son lien avec l’expression de symptômes est loin d’être évidente. Comme le précise l’IFV, qui lance un comité national de suivi.
Par Alexandre Abellan Le 25 octobre 2016
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Présence française du virus du pinot gris
Pour entamer la deuxième journée de congrès de la FFPV, « la veille sanitaire n’est pas un sujet amusant, mais c’est nécessaire » reconnait Anne-Sophie Spilmont. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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our la première fois en 2016, l’Institut Français de la Vigne et du Vin a réalisé une campagne de 3 000 prélèvements dans le vignoble français pour déterminer la présence du virus viticole du pinot gris (ou GPgV, pour Grapevine Pinot gris Virus). Les premiers résultats sont sans appel : « le GPgV est présent en Champagne, en Alsace, en Bourgogne, en Languedoc, à Bordeaux, en Val de Loire… » énumère Anne-Sophie Spilmont (IFV), ce 19 octobre à Bordeaux, lors du congrès de la FFPV.

Sur cette première campagne, 72 % des échantillons se sont révélés être positifs à la présence du GPgV. Aussi bien sur des parcelles anciennes que plus jeunes. Sachant que ce virus ne se développe pas que sur pinot gris, mais aussi sur chardonnay, gewurztraminer, muscat blanc, pinot blanc, pinot gris… Ainsi que des raisins de table (black magic et supernova).

Inquiétants, ces résultats confirment l’étendue de la dissémination du GPgV. Depuis sa découverte en 2012 (par séquençage à haut débit), il est apparu que le virus est présent dans quasiment tout le vignoble de l’hémisphère nord des Etats-Unis à la Chine, en passant par l’Espagne, la Grèce, la Turquie… Et récemment en Allemagne et en Suisse).

Les symptômes sont fugaces

Mais si le virus est présent dans un nombre significatif de ceps, très peu expriment au final la maladie, dont la principale conséquence est une réduction des rendements (aucune mortalité n’est rapportée à ce jour). « D’après les résultats d’équipes italiennes, 70 à 80 % des plantes présentant une charge virale sont asymptomatiques » rapporte Anne-Sophie Spilmont. Si le GPgV est présent dans tous les pieds symptomatiques, « le lien entre virus et maladie n’est pas totalement explicité. Pour l’expliquer, il y a des hypothèses sur la variance du virus, sa charge virale, des facteurs environnementaux (climat*, déficit hydrique, sol… »

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Encore récente, cette « maladie du pinot gris » se révèle tout sauf évidente à aborder. Découverte en 2003 dans le vignoble italien (sous le nom de « malattia del Pinot Grigio »), la maladie n’est significativement présente que dans le vignoble transalpin et en Slovénie. En France, la première observation de pieds touchés remonte à 2014 (ceps de merlot à Bordeaux). Pour les praticiens, la principale difficulté de la maladie est d’en repérer les symptômes. Ils peuvent être confondus avec un enroulement ou de la phytotoxicité (déformation des feuilles, rabougrissement de la végétation…). Ils sont surtout essentiellement visibles en mai-juin, et sont souvent masqués ensuite.

Création d’un comité de suivi

Si la maladie du pinot gris n’a pas d’impact majeur sur le vignoble français, la filière se mobilise pour prévenir son expansion et son expression. Ayant transmis ses résultats au ministère de l’agriculture et à FranceAgriMer, l’IFV vient de lancer un comité de suivi dédié. De nombreuses questions seront à résoudre : la caractérisation fine des symptômes, la connaissance des impacts qualitatifs, l’identification de nouveaux vecteurs (un est aujourd’hui connu : Colomerus vitis, acarien responsable de l’érinose)

S'ajoute également la question du financement de ce groupe de travail. Qui aura fort à faire si l’on en croit l’expérience italienne. « Il semble impossible de pouvoir éradiquer le virus du territoire italien. Il faut mettre en place des stratégies pour éviter l’apparition des symptômes » estime ainsi la chercheuse italienne Elisa Angelini (Centre de Recherche en Viticulture de Trévise).

 

* : Dans le vignoble transalpin, il apparaît que les printemps frais et pluvieux sont particulièrement propices à l’expression de symptômes.

 

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