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Récolte 2016
L'Italie prévoit une récolte entre 48 et 49 Mhl

Les organismes professionnels italiens pavoisent: l'Italie devrait détrôner la France pour s'ériger au premier rang des producteurs mondiaux cette année, suivie vraisemblablement de l'Espagne.
Par Sharon Nagel Le 09 septembre 2016
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L'Italie prévoit une récolte entre 48 et 49 Mhl
Les vendanges en Italie battront leur plein vers la fin septembre - crédit photo : CIA
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utour de 48-49 Mhl prévus en Italie

Plusieurs grands organismes professionnels italiens, dont l’Unione Italiana Vini et Assoenologi, ont annoncé leurs premières prévisions officielles de récolte cette semaine. Rendues publiques à un jour d’intervalle, les prévisions s’accordent pour situer la récolte italienne entre 48 et 49 millions d’hectolitres. Il s’agit de la première fois que des prévisions émanent de l’Observatoire du vin, au nom de l’UIV, d’Ismea et du ministère de l’Agriculture, sur la base de relevés effectués en août et au début du mois de septembre. De son côté, l’Association des œnologues évoque une récolte comprise entre 48 et 49 Mhl, à comparer aux 48,5 Mhl prévus par l’UIV et al. Si ces prévisions se confirment, la production italienne de vins et moûts s’inscrirait en retrait d’environ 2% par rapport à celle de 2015 (49,5 Mhl), mais en progression par rapport aux moyennes quinquennale et décennale (44,6 Mhl et 45,4 Mhl respectivement). Selon Assoenologi, la Vénétie confirme sa place de première région productrice avec une estimation de 9,3 Mhl, suivie des Pouilles (8,7 Mhl) et d’Emilie-Romagne (8,1 Mhl). Ces trois régions produiraient ainsi plus de 26 Mhl, soit 53% de la production totale italienne.

Mieux valoriser la production italienne

Ces prévisions ont été annoncées alors qu’environ 10% de la production italienne a été récoltée. Les vendanges ont débuté fin juillet dans les Pouilles pour s’enchaîner en Sicile et en Sardaigne début août. Dans le centre et le nord du pays, un retard d’environ 5 à 10 jours a été constaté par rapport à la normale. Les vendanges devraient battre leur plein pendant la troisième décade de septembre pour se terminer entre fin octobre et début novembre. Lors de la présentation des résultats émanant de l’Observatoire du vin, le ministre de l’Agriculture s’en est félicité : « L’Italie s’est confirmée comme le premier pays producteur de vin au monde en volume, une donnée importante compte tenu du haut niveau qualitatif que nous constatons sur tout le territoire. Désormais, nous devons devenir leaders aussi en valeur. Un défi à notre portée, que nous voulons et que nous devons relever ensemble avec les producteurs, en continuant d’investir dans la qualité et l’innovation ». Bien évidemment, face à une consommation nationale qui ne cesse de dégringoler – passant de 45 litres par habitant et par an en 2007 à 36 litres prévus pour la fin de cette année – l’export tient une place de choix dans la stratégie nationale italienne.

L’Italie courtise les Chinois

Cette semaine, en effet, le gouvernement italien a signé un accord avec le site chinois de commerce en ligne, Alibaba, pour protéger et promouvoir les produits agroalimentaires italiens. Si l’objectif premier est de prévenir la contrefaçon – 13 millions de bouteilles de Prosecco arrivant en Chine l’an passé ne sont pas partis de la Vénétie, par exemple – le volet promotion est également primordial, à commencer par la grande journée dédiée aux vins ce 9 septembre sur la plateforme commerciale chinoise. Depuis Vinitaly, le nombre d’entreprises italiennes présentes sur la plateforme est passé de 2 à 50 pour environ 500 cuvées différentes. Cette forte orientation numérique en Chine a été réitérée cette semaine à Shanghai par Giovanni Mantovani, directeur général de Vinitaly, lors d’un événement destiné à soutenir les entreprises italiennes déjà présentes sur Alibaba et à renforcer la communication auprès des consommateurs chinois. Les Italiens sont bien conscients de la nécessité de diversifier leur portefeuille de produits à l’export et de réduire leur dépendance aux effervescents, Prosecco en tête. Mais pour l’heure, ce rouleau compresseur n’est pas près de s’arrêter. En effet, les spumante ont fait un bond de 25% au cours des quatre premiers mois de l’année, selon les données de la Coldiretti, suite à une progression record de 37% des expéditions vers la Grande-Bretagne et de 14,3% vers les USA. La France n’est pas en reste : une augmentation de 198% des expéditions d’effervescents italiens a été observée.

Incertitude sur la récolte 2016, certitude sur les stocks

De l’autre côté des Pyrénées, les opérateurs espagnols sont plutôt optimistes en ce début de campagne. La récolte s’inscrit a priori dans la lignée de celle de l’an dernier et les stocks sont en régression. D’après les chiffres que vient de dévoiler INFOVI, système d’information des marchés du secteur vitivinicole en place depuis août 2015, les stocks s’élèvent actuellement à 30,5 millions d’hectolitres, un volume inférieur à la moyenne des quatre dernières campagnes. Ils se composent de 29,16 Mhl de vins et de 1,34 Mhl de moûts non concentrés. Castille-La Manche détient 8,6 Mhl de stocks, soit 17% de moins qu’au 31 juillet 2015 (10,4 Mhl). Pour la récolte à venir, les données sont moins précises. Certaines sources évoquaient il y a peu de temps, une production pouvant atteindre 50 Mhl (25 Mhl pour Castille-La Manche), mais différents organismes professionnels sont montés au créneau pour dénoncer des prévisions jugées trop optimistes. L’absence de précipitations depuis le printemps et les températures estivales élevées font dire par exemple à la Coordination des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs, COAG, que la récolte sera vraisemblablement du même niveau que celle de 2015. Mais là aussi, il y a divergences de chiffres : selon le courtier international Ciatti, l’Espagne a produit 42 Mhl de vins et moûts, tandis que la COAG parle de 45 Mhl. Les vignobles irrigués présentent cette année une charge similaire ou légèrement supérieure à celle de l’an dernier, tandis que les vignobles non irrigués et ceux de l’arc méditerranéen pourraient accuser une baisse du fait d’un stress hydrique plus important qu’en 2015, toujours selon la COAG.

Le Chili et l’Espagne viennent à la rescousse de l’Argentine

Quoi qu’il en soit, les professionnels espagnols prévoient une stabilité des prix, les jeunes agriculteurs de Castille-La Manche, ASAJA, se disant même confiants « il y aura un redressement des prix aussi bien pour les raisins que pour les vins ». Cet optimisme tient non seulement de facteurs internes à l’Espagne, mais aussi de conditions constatées ailleurs, dans l’Hémisphère Nord comme dans l’Hémisphère Sud. La presse sud-américaine s’est fait l’écho cette semaine d’achats de vins chiliens et espagnols par le secteur vitivinicole argentin, désemparé face à sa faible récolte 2016, en baisse de 40 % par rapport à celle de 2015. Malgré des prix relativement élevés pratiqués par les Chiliens, le journal « Los Andes » note : « Il n’y a pas beaucoup d’alternatives : ou il faut payer ce que demandent les fournisseurs, ou on court le risque d’une rupture des stocks, équivalents à l’heure actuelle à deux ou trois mois ». Il y aurait peu de possibilités de faire jouer la concurrence : « Même si la logistique est différente, les valeurs [des vins espagnols] se rapprochent de celles des opérateurs chiliens ».

Ajoutons à cela, la faible récolte prévue en France, au Portugal (5,6 Mhl, -20%/2015) et en Allemagne, où la Deutsches Weininstitut affirme que la production allemande sera légèrement en dessous de la moyenne décennale de 9 Mhl en raison notamment d’attaques de mildiou provoquées par des pluies au début de l’été. Autant dire que la perspective d’une récolte relativement abondante en Espagne cette année n’effraie pas outre-mesure les opérateurs.

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