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Le Vinerobot passe haut la main l’épreuve du pilotage automatique

Jeudi 08 septembre 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 13/09/2016 09:52:02

Pleinement opérationnel, ce prototype 2.0 peut être contrôlé par le moniteur embarqué, ou par une tablette connectée (Vinerobot possède une antenne wifi, ainsi qu’une antenne GPS).
Pleinement opérationnel, ce prototype 2.0 peut être contrôlé par le moniteur embarqué, ou par une tablette connectée (Vinerobot possède une antenne wifi, ainsi qu’une antenne GPS). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Premier capteur d’anthocyanes embarqué, ce robot laisse entrevoir dans les vignes de Buzet d’innovantes applications. Même si elles ne sont pas à la hauteur des ambitions initiales, et qu’il reste à les transposer à une échelle industrielle.

 

A 2,5 km/h, le deuxième prototype du Vinerobot traverse tranquillement les rangs de vignes, avec une assurance qui tranquillise son consortium européen* sur son pilotage automatique. Dévoilé pour un tour de démonstration ce 7 septembre, dans une parcelle en face de la cave des Vignerons de Buzet, ce robot a autant démontré son autonomie que sa réactivité, évitant les obstacles et gérant les virages (voir vidéo ci-dessus). Une fois lancé, les seuls problèmes rencontrés par le robot concernaient un relatif manque de puissance de couple, qui doit être compensé par un troisième prototype (sur le point d’être dévoilé).

Mais plus que la prouesse robotique sur un terrain de jeu viticole, c’est l’obtention de données ultra-précises, au cep près, qui a été démontrée en ce chaud après-midi. « Ce n’est pas de la science-fiction, c’est la réalité ! », s’exclame Manfred Stoll, chercheur à l’université de Geisenheim.

"Ne plus baser ses choix de vinification sur des informations faibles"

Tous les acteurs de ce projet le martèlent, son enjeu est d’apporter des outils concrets aux demandes de la filière en termes de viticulture de précision. « Beaucoup pensent que les drones seront l’outil de la viticulture de demain. Mais les drones ne donnent qu’une vision aérienne, alors que les robots en donnent une latérale », assène Javier Tardáguila, chercheur à l’université de La Rioja et coordinateur du projet Vinerobot. « Pour les drones, tout l’enjeu est d’essayer de trouver une relation entre la vigueur végétative et les caractéristiques des grappes. Avec notre robot, nous sommes en relation directe avec le raisin. »

Durant la démonstration à Buzet, le prototype Vinerobot a utilisé les capteurs optiques Multiplex de Force A (avec des adaptations pour l’acquisition en continu). Ces derniers ont mesuré la concentration en anthocyanes des baies visibles sur le rang analysé. Ce qui revient à l’intensité colorante, qui est corrélée au niveau qualitatif des raisins.

Modèle robuste

Quasiment réalisée en temps réel, cette cartographie pieds par pieds des niveaux de concentration en anthocyanes est bien plus précise que les classiques prélèvements de 200 baies.
Le Vinerobot permet d’envisager des vendanges différenciées, notamment avec les machines à vendanger pouvant orienter une récolte dans deux bennes distinctes.

Reconnaissant que l’ensemble robot/capteurs a encore été trop peu soumis à l’épreuve des conditions réelles, tous les membres du consortium sont persuadés que le Vinerobot permettra d’isoler des qualités de vendanges comme jamais auparavant. Responsable du vignoble de la cave coopérative de Buzet, Sébastien Labails est ainsi enthousiasmé par le champ des possibles qui s’ouvre avec le Vinerobot.

Ne serait-ce qu’en couplant la cartographie des intensités colorantes avec celle des teneurs en azote (obtenue par le robot quand il est équipé de capteurs d’azote foliaire, à fermeture de la grappe). « Le robot et ses capteurs ne me disent pas si telle zone est meilleure que telle autre, mais ils me disent qu’elle est différente. C’est toujours à l’homme de décider du parcours de vinification », souligne-t-il.

Rendements et stress hydriques

Avec un budget de deux millions d’euros, le projet européen Vinerobot devait se finir en novembre 2016. Il devrait être reconduit jusqu’en mai 2017. La principale question en suspens concerne les modalités de la commercialisation, et de la mise en production, du prototype finalisé. Le consortium aurait déjà des touches auprès d’industriels intéressés, pour l’instant il n’y a toujours pas de candidats sérieux balaie Javier Tardáguila. La présentation du troisième prototype au salon allemand Intervitis de novembre prochain pourrait modifier donne.

« Au départ, le projet avait de plus hautes ambitieux, avec le développement prévu de capteurs de rendements et de stress hydrique par infra-rouge », se rappelle Sébastien Labails. Mais les essais de premiers capteurs ayant été non-concluants, ces projets ont été remisés. Il reste à développer pour la suite.

 

* Lancé en janvier 2013, ce projet européen réunit cinq entreprises (pour les nanotechnologies Avanzare en Espagne, pour les capteurs optiques Sivis en Italie, pour les capteurs Force-A, pour les essais viticoles la cave coopérative de Buzet et pour la robotique Wall-YE en France) et trois universités (Geisenheim en Allemagne, Valence et Rioja en Espagne).

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VOS RÉACTIONS
realiste Le 14 septembre 2016 à 09:05:04
les projet europeens aboutissent à des protos , tres chers payés , qui ne vont pas plus loin . Le sujet , s'il etait reellement bon ,aurait été developpé par un industriel type pellenc un des problemes dans ce projet est par exemple la seule mesure des anthocyanes dont la majorité des vignerons se fout et la recolte est avant tout determinée par les sucres et l'AT l'autre probleme est le prix indecent du produit de forceA donc rien a attendre , comme d'habitude , de ce projet europeen
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