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Premier contact entre les coopératives françaises et espagnoles

Lundi 30 mai 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Les représentants des caves coopératives françaises et espagnoles en pleine réflexion.
Les représentants des caves coopératives françaises et espagnoles en pleine réflexion.
Les représentants professionnels de la coopération espagnole et française se sont rencontrés le 20 mai. Ils projettent déjà de se réunir à nouveau.

Emmenée par Boris Calmette et Thierry Costes, respectivement président de la CCVF et du COPA/COGECA, une délégation française de vignerons coopérateurs a rencontré le 19 mai ses alter-ego espagnols dont le vice-président de la coopération de la Castilla de la Mancha, Miguel Angel Valentin. « L’objectif de la rencontre était de mettre en œuvre un dialogue le plus transparent possible sur les coûts de production des vins sans indication géographique » explique Boris Calmette.

 

Quelques semaines après la vidange de cinq camions espagnols à la frontière franco-espagnole, l’heure était plutôt à l’entente cordiale. Car de part et d’autre de la frontière, la situation ne satisfait personne. Les producteurs français s’inquiètent de la croissance des importations de vin en vrac espagnol tandis que les coopérateurs ibériques jugent leurs cours trop bas. La rencontre s’est ainsi focalisée sur l’exploration économique des filières de production. Boris Calmette explique ainsi : « depuis 2013, année où l’Espagne a vendangé des volumes historiquement hauts, les cours sont restés très faibles ». A cela s’ajoute, la fin de l’aide aux moûts concentrés qui a conduit à la mise sur le marché de volumes supplémentaires. Même chose pour des volumes anciennement distillés.

Un rendement élevé en Castilla de la Mancha

Ça c’est pour l’explication des prix ultra-compétitifs espagnols. Mais reste un mystère : comment les producteurs de la Castilla La Mancha, parviennent-ils à dégager un revenu suffisant ? « Il y a une frange de petits producteurs qui exploitent moins de 50 ares pour lesquels le prix n’est pas une préoccupation car ce n’est pas leur revenu principal. Pour les autres, les exploitations de plus de 10 ha représentent la moitié des 27 000 hectares plantés dans la Mancha. Ceux sont des vignobles restructurés comme dans le Languedoc » indique Boris Calmette. Le rendement moyen y est de 50,42 hl/ha, soit proche de la moyenne européenne, mais bien plus élevé que celui espagnol (36,5 hl/ha). L’irrigation, implantée dans les années 90, est le moteur principal de cette productivité. Par ailleurs, les viticulteurs ne réalisent qu’un traitement par an contre huit de moyenne en Languedoc. « Au final, le coût de production espagnol est faible » constate Boris Calmette, ne voulant pas détailler davantage les chiffres. Pas plus qu’il ne précise les chiffres des coûts de vinification, se limitant à indiquer « qu’ils sont très faibles » (ndlr : la CCVF veut valider les chiffres).

Coaching économique

Les dirigeants français et espagnols ont prévu de se rencontrer à nouveau en juin et même en juillet où les italiens seront invités. L’idée est de partager les connaissances économiques. « Les opérateurs français et les industriels espagnols les ont convaincu que s’ils vendaient à plus de 30 euros/hl, ils perdraient les marchés au profit de sourcing d’origine mondiale. Mais le marché international ne justifie pas ces prix » affirme Boris Calmette. La coopération française s’apprête à coacher ses homologues espagnols pour ne pas se laisser faire… Une nouvelle forme de gouvernance économique européenne est-elle en train de naître ?

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