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Bassin Rhône-Provence
Le segment des IGP à la recherche de plus de visibilité

L'assemblée générale de la Fédération Inter-Med, qui représente les vins à IGP du Sud-Est, a été l'occasion de rappeler aux responsables professionnels présents que cette catégorie de vins a, au même titre que les AOP, toute sa place.
Par Juliette Cassagnes Le 25 mars 2016
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Le segment des IGP à la recherche de plus de visibilité
Le bureau de Fédération Inter-Med, l'ODG de l'IGP Méditerranée - crédit photo : IGP Méditerranée
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a Fédération Inter-Med, qui représente les 16 dénominations IGP du Sud-Est - dont l'IGP régionale Méditerranée - tenait son assemblée générale annuelle le vendredi 18 mars 2016 à Ruoms, en Ardèche. La question de la place occupée par ce segment au sein du bassin Rhône-Provence, vis-à-vis des opérateurs et des deux autres segments AOP et sans IG, a été au cœur des discussions.

Malgré des volumes de production et des prix du vrac en fortes progressions ces dernières années (voir encadré), cette catégorie de vins à IGP n'a en effet pas encore réussi à se faire une véritable place, restant encore trop souvent pour les opérateurs la « variable d'ajustement des AOP ». Le principal challenge à relever actuellement par les représentants professionnels des IGP du Sud-Est, consiste donc à enfin donner à ce segment « la place qu'il mérite », en faisant en sorte que les opérateurs « y croient vraiment ». « Il faut montrer aux professionnels que l’IGP Méditerranée doit continuer d’être valorisée, et que le segment des IGP est une catégorie à part entière, qui a toute sa place dans la consommation d’aujourd’hui. La dénomination régionale est stratégique et l’intérêt des négociants le prouve, on joue dans la cour des grands ! », a martelé Thierry Icard, président de la Fédération, lors de l'AG. Pour Axelle Fichtner, d'Inter-Med, les arguments ne manquent pas : un profil de vins et un rapport qualité-prix en adéquation avec les attentes des consommateurs, une production de BIB et de rosé qui sont « totalement en phase avec les tendances actuelles », ou encore un volume en IGP régionale désormais suffisant pour satisfaire les marchés.

Remobiliser les troupes

La Fédération, soutenue par l'interprofession des vins à IGP, Intervins Sud-Est, a donc décidé d'intensifier les informations concernant l'IGP envers ses adhérents, via notamment son nouveau site internet et le lancement prochainement d'une lettre l'information.. Mais les moyens d'actions resteront limités, dans la mesure où les moyens financiers le sont eux-aussi...  

De son côté, l'interprofession intensifie ses actions de communication interne - elle a organisé récemment un séminaire professionnel - mais aussi externe. Un "Vinocamp" a eu lieu il y a quelques semaines et elle prévoit très bientôt l'organisation d'un festival à Marseille, en avril 2016.

Mais là encore, les responsables professionnels peinent à créer une véritable dynamique au sein des opérateurs ; leur manque d'implication, qui se traduit par un déficit de mobilisation lors des événements organisés, à l'occasion par exemple du concours de vins ou encore lors des actions de promotion, a été relevé ce vendredi 18 mars : « On a besoin d'acteurs, on ne peut pas porter le segment s'il n''y a personne derrière. Notre objectif est donc également de remobiliser les troupes, indique Thierry Icard. Nous sommes quand même une vraie IGP, la deuxième de France, poursuit celui-ci. Les acteurs doivent en avoir conscience : ils doivent être fiers de l'IGP Méditerranée autant qu'ils sont fiers de leurs AOP de la Vallée du Rhône ou de Provence ».

L'IGP Méditerranée, portrait chiffré
*Production : elle a doublé entre 2010 et 2015 : elle se situe actuellement à environ 500000 Hl, contre 225000 Hl en 2010 ; cela en fait la 2eme IGP de France, derrière les Vins de Pays d'Oc *Produite sur 10 départements, ses surfaces de production totalisent 9700 ha. Elles sont principalement localisées en Vaucluse (50% des volumes), Bouches du Rhône (25%) et dans une moindre mesure Drôme (14%), Ardèche (6%) et Var. *La production est de plus en plus dominée par les rosés, dont les volumes atteignent 60% pour la campagne 2014-2015 ; Une progression faite au détriment du rouge, dont la part de marché passe de 60 à 30% des volumes *A la différence de leurs homologues des pays d'Oc, les IGP Méditerranée sont en grande majorité de vins d'assemblage (80% des volumes à la récolte 2014). *L'IGP compte 300 vinificateurs actifs sur le bassin Rhône Provence *Un vin majoritairement destiné au négoce : en moyenne 75% des volumes produits font l'objet de contrats vrac (460 000 hl en 2014-2015) *Le cours du vrac est globalement en forte hausse : + 42% en assemblage rosé et +39% en assemblage rouge depuis 2010.
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