LE FIL

Dépérissement

La filière demande à l'Etat de participer à la recherche

Mardi 01 mars 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Jean-Marie Barillère et Jérôme Despey ont présenté le plan de lutte contre le dépérissement de la filière viticole lors du salon de l'agriculture le 29 février.Jean-Marie Barillère et Jérôme Despey ont présenté le plan de lutte contre le dépérissement de la filière viticole lors du salon de l'agriculture le 29 février.
L'ensemble de la filière viticole affiche sa détermination à mettre en place un vaste projet de mobilisation contre le dépérissement de la vigne. Elle attend que l'Etat fasse un geste.

La filière est désormais prête pour lancer un vaste plan de lutte contre le dépérissement du vignoble. "Nous avons voulu mettre en place une stratégie forte pour faire du dépérissement, l'enjeu de la filière" indique Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer, lors du Salon de l'agriculture le 29 février. Après avoir analysé les besoins et les actions à mener à travers une étude réalisée en 2015, le temps du concret est venu. Il s'accompagne de l'inévitable question du financement. De façon unanime, les professionnels ont décidé que les interprofessions viticoles participeraient. 10% du total des CVO collectées dans l'Hexagone, soient 1,5 million d'euros, abonderont le financement de la recherche.

Mais ce n'est pas suffisant. Les professionnels se tournent vers l'Etat, lui demandant "d'identifier une ligne spécifique pour financer ce projet" indique Jérôme Despey, qui se rappelle que la filière viticole bénéficiait d'un fonds dédié à la recherche, il n'y a pas si longtemps que ça. La demande porte sur 1,5 million d'euros.

Les viticulteurs ne comptent pas uniquement sur une aide nationale. L'IFV et le CNIV collaborent pour mettre en place un programme européen. L'objectif est de bénéficier du plan 2020. Pour cela, il faut identifier des équipes européennes travaillant sur les notions de dépérissement... ce qui n'est pas si simple.

Un plan innovant

Pour convaincre, la filière viticole mise sur le caractère "innovant" du projet, argument avec lequel elle compte séduire. L'innovation se retrouve à travers son mode d'organisation qui "place le vigneron au coeur du projet" souligne Jean-Marie Barillère, président du CNIV. Il est l'acteur de la mise en oeuvre de la lutte et "la formation, l'accompagnement technique et économique l'aident à la mise en place de solutions" indique Christophe Riou, directeur des programmes scientifiques de l'IFV. Le projet est complété par un programme de recherche interdisciplinaire qui intègrent à la fois la physiologie de la plante, l'étude de la biologie du sol, le biocontrôle, les facteurs climatiques, ainsi que le matériel végétal. Enfin, le projet prévoit un volet économique en re-lançant observatoire national des maladies du bois, comptabilisant de façon précise le dépérissement et son impact économique.

L'innovation vient aussi de l'organisation de la gouvernance du projet. Aucune structure officielle n'est créée mais un conseil de surveillance composé de chercheurs et de représentants professionnels. Le projet mise donc sur le soutien dans le temps des interprofessions qui ont fait du dépérissement une priorité. Et, il faudra que leur engagement tienne le temps nécessaire à ce que la recherche trouve des solutions... Ce qui peut prendre du temps.

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craoux Le 07 mars 2016 à 13:36:25
Le "bal des jaloux" ! ... non. Mauvaise pioche, je mets le curseur plus haut. S'agissant du Ministre Agri J.Glavany, j'observe que vous occultez les raisons parfaitement motivées de sa décision d'interdire (en 2001) l'arsénite de sodium : des études établissaient sa toxicité /cancérigène et la mise en danger des utilisateurs (majoritairement > ouvriers agricoles). Depuis le 1er janvier 2004, la mise en marché de ce produit au sein de l'UE n'est plus possible. En tant que contribuable, je souhaiterais seulement que les aides publiques (dont UE ..), pour lesquelles je contribue directement et/ou indirectement (budget UE), soient distribuées avec plus de pertinence. Je maintiens que la viticulture est financée depuis des décennies (fonds nationaux et surtout UE) ... je persiste à prétendre que le vignoble est suffisamment restructuré désormais, mais comme le robinet de la manne communautaire n'est toujours pas fermé, il faut continuer à se "gaver". Sans discernement. Nous avons des leaders siégeant au Conseil Spé de FAM qui n'ont pas le courage de remettre en cause le sacro-saint principe du guichet ouvert à tous - sans exception - : on conçoit donc des dispositifs dont les mailles ne sont pas resserrées. Au lieu de décider de cibler les aides, ce qui est dérangeant "politiquement" pour nos décideurs, il convient d'organiser le saupoudrage. Mais cet argent est dépensé inutilement. Sans compter qu'on pourrait se demander s'il est bien justifié de financer les entreprises des vignobles très valorisés (aides à l'investissement). Jaloux ? Non. Mais j'aimerais tant qu'il y ait des dispositifs d'analyse en retour de la pertinence, de l'efficacité des dépenses publiques.
Paggu Le 05 mars 2016 à 10:12:04
Craoux vient d'inaugurer le bal des jaloux! Il oublie que la bonne santé d'une filière agricole n'en a jamais appauvri une autre et inversement. Ces embellies ne sont souvent que passagères et font suite ou précèdent une crise de production ou de commercialisation. La viticulture en sait quelque chose! Quant aux arguments présentés ils sont risibles: - c'est bien le gouvernement en 2000 par notre cher ministre de l'agriculture de l'époque M Glavani qui a supprimé toute possibilité de lutte contre l'esca et le BDA, unilatéralement, sans solution alternative. Il est logique que 16 ans plus tard devant l'ampleur des dégâts, il prennent ses responsabilités face à la mortalité exponentielle du vignoble et assume sa négligence. C'est dès cette époque que la recherche aurait du être financée en totalité par l'état. - Que dirait on si l'on procédait avec autant de légèreté face à une pandémie, une épizootie? - La viticulture est le secteur qui contribue le plus au fond ADAR, il est somme tout logique qu'elle en utilise une petite partie. - C'est le deuxième poste exportateur français en 2015. Combien croyez vous que cela a rapporté à la nation en terme d'excédent commercial et de taxes diverses. - Les aides UE pour la viticulture pour cette filière (production, investissement et commercialisation), quasiment sans aides directes ne représente que 3% du budget de la PAC! - Quant aux contrôleurs FranceAgriMer, c'est avec joie que nous les laisserions exclusivement intervenir chez Craoux. Effectivement moins on les voit mieux on se porte. Je terminerai en assurant de mon amitié, mes amis agriculteurs et notamment éleveurs,dans la période difficile qu'ils traversent. A notre échelle, il est évident que nous ne pouvons que faire preuve de solidarité en achetant exclusivement de l'alimentation d'origine nationale. Pour moi cela ne pose pas de problème de toute façon, c'est la meilleure et pas forcément la plus chère. Vive l'agriculture française forte et unie.
craoux Le 01 mars 2016 à 17:10:37
Je trouve consternant que la filière ne soit pas en mesure d'assurer par elle-même 100% du financement de la recherche sur le dépérissement. Cette filière - loin d'être en crise ! - bénéficie déjà de nombreux financements publics (j'inclus les aides UE) dont il faudrait enfin se demander s'il est encore justifié de les allouer (par ex, les aides UE à la plantation/ restructuration du vignoble : voilà 35 à 40 ans - dès 1976/77 en LR - que le vignoble est aidé pour être prétendument restructuré ...)! De plus, vous en connaissez beaucoup des filières dont le contrôle (on pourrait même parler de "certification de qualité") du matériel végétal (plants) est pris en charge par l'Etat ... eh oui, FranceAgriMer continue encore et toujours au 21ème siècle d'assurer le contrôle des pépinières viticoles du secteur privé ... ABERRANT !
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