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Phytos

Le vignoble girondin ne veut pas être le mouton noir de la marche blanche de dimanche

Jeudi 11 février 2016 par Alexandre Abellan

A l’ouverture des Quatrièmes Rencontres Viticoles d’Aquitaine, Bernard Artigue s’inquiète de l’initiative de marche blanche contre les pesticides, qui va se tenir à 14 heures ce dimanche à Bordeaux.
A l’ouverture des Quatrièmes Rencontres Viticoles d’Aquitaine, Bernard Artigue s’inquiète de l’initiative de marche blanche contre les pesticides, qui va se tenir à 14 heures ce dimanche à Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Faisant suite au reportage de Cash Investigation sur les pesticides, une marche blanche va être organisée à Bordeaux dimanche. Une initiative qui ne peut qu’envenimer le débat, pour le président de la chambre d’agriculture.
Pas de Saint-Valentin pour les activistes antiphytos de Bordeaux. Ce dimanche 14 février 2016, ils se réunissent à Bordeaux, partant de la place Pey-Berland pour une marche blanche. Fraîchement lancé, l’appel à manifester annonce qu’« aujourd’hui, la Gironde est montrée du doigt, comme département le plus consommateur de pesticides cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Mais ce n’est plus seulement l’affaire des viticulteurs, nous sommes tous concernés ».
« La Gironde est le premier département viticole de France, sa masse viticole la fait apparaître ainsi », nuance le vigneron Bernard Artigue, qui préside la Chambre d’agriculture de Gironde. Sujet de conversation des quatrièmes Rencontres viticoles d’Aquitaine, ce 10 février, au lycée viticole de Blanquefort, cette marche blanche l’inquiète : « Faire des raccourcis faciles ne peut qu’amener au pire, en trompant et frustrant. Il faut rentrer dans des débats plus sereins et réfléchis. Cette marche ne va pas dans ce sens. »

Cash Investigation, épisode 2

Se plaçant dans la continuité de l’émission « Produits chimiques, nos enfants en danger » de Cash Investigation, diffusée le 2 février sur France 2, cette marche blanche est portée par ceux que le vignoble bordelais considère comme ses plus agaçants aiguillons* : le syndicaliste Dominique Techer, de la Confédération paysanne de Gironde, les militantes Marie-Lys Bibeyran et Valérie Murat, de Générations Futures. « Si la société civile veut protéger ses enfants, elle doit montrer sa volonté de faire cesser le déni et l’omerta des institutions viticoles », annoncent-ils.
Alors que les représentants du vignoble girondin rejettent les accusations d’omerta (faisant valoir leurs actions environnementales, notamment dans la réduction des intrants), le fossé de la méconnaissance se creuse au profit de la suspicion. « Aujourd’hui, on dirait que les consommateurs voudraient que tout soit naturel, que ce soit le vin ou d’autres produits. Mais si on laisse faire la nature sans la rectifier avec des traitements, il n’y a plus de raisin à récolter aux vendanges », martèle Bernard Artigue.

Clash manifestation, à suivre

De part et d’autre, le niveau de la mobilisation de dimanche sera particulièrement suivi, d’autant plus que le vignoble bordelais cristallise les enjeux sanitaires : intoxications d’écoliers à Villeneuve-de-Blaye, en 2014, publication d’une étude sur les cancers d’enfants à Preignac, procès en cours sur des décès de vignerons liés à l’arsénite de sodium…
 
*Taquin, on noterait qu’il ne manque que la journaliste Isabelle Saporta pour avoir en main les quatre as du poil-à-gratter girondin.

Qu’est-ce qu’une marche blanche ?
Comme le rappelle le Larousse, la Marche Blanche était le nom du « grand rassemblement organisé à Bruxelles, le 20 octobre 1996, pour protester contre les actes de pédophilie » de l’affaire Marc Dutroux. Cette dénomination est désormais utilisée pour qualifier les marches silencieuses dédiées aux enfants tragiquement disparus.

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BOTTARO Jean Le 11 février 2016 à 17:56:13
Je trouve scandaleux les commentaires du vigneron Bernard Artigue, qui préside la Chambre d’Agriculture de Gironde ! Lorsqu'il dit : "faire des raccourcis faciles ne peut qu’amener au pire, en trompant et frustrant. Il faut rentrer dans des débats plus sereins et réfléchis" A ce sujet, même si je suis moins informé que certaines personnes, je pense qu'il y a longtemps que le débat serein a été sollicité par des Familles de victimes, par des Parents d'enfants et par plusieurs associations, ... et rien ne bouge ! Il aura fallu l'action de Marie-Lys BIBEYRAN, de Valérie MURAT et de quelques autres qui se sont associés pour qu'enfin il y ait un frémissement de mouvement et d'amélioration des traitements ! Mais surtout, la très médiatique Lise LUCET et son émission "Cash Investigations (diffusée ce 2 février sur France 2) a fait bouger les lignes. Rien ne sera plus comme avant et rien ne sera plus accepté comme « compromission » ! Les Parents, les Vignerons et toute la Population qui subit ces traitements de PESTICIDES, ne se laisseront pas faire avec de belles paroles ! De plus, un reportage récent confirmait que plusieurs secteurs Français sont en haussent, sauf la Viticulture qui est en baisse !!! Il va falloir se mettre à faire des vins PROPRES, si l'on veut que la filière sauve les meubles par rapport aux nombreux vins étrangers ! Une fois de plus, démarquons-nous par la qualité, et si ce n'est pas pour des raisons de santé Public (on en reparlera), il faudra le faire pour des raisons économiques ! VENEZ NOMBREUX A LA MARCHE BLANCHE à BX le 14/2 à 14h !
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