LE FIL

Pragmatisme

Vers une reconnaissance accélérée des cépages résistants européens

Mardi 19 janvier 2016 par Michèle Trévoux

Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, assure qu'une procédure accélérée permettra d'inscrire les cépages résistants rapidement sans passer par la case expérimentation.Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, assure qu'une procédure accélérée permettra d'inscrire les cépages résistants rapidement sans passer par la case expérimentation. - crédit photo : B. Collard
Les cépages résistants inscrits au catalogue d’un des Etats Membres de l’UE pourraient être inscrits dans le catalogue français sans expérimentation supplémentaire en France. C’est la demande unanime des professionnels, réunis pour la première fois le mercredi 13 janvier, dans le cadre du groupe de travail créé pour revoir le projet de texte sur le classement des variétés et l’expérimentation.

La mobilisation a payé. En décembre dernier, les professionnels étaient montés au créneau pour demander au Ministère de l’Agriculture de surseoir au projet d’arrêté définissant les modalités de classement et d’expérimentation de nouvelles variétés et notamment des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium. Le texte proposé était jugé trop contraignant. Leur demande a été entendue et un groupe de travail a été créé pour réexaminer ce projet de texte.

"Les professionnels vont proposer au prochain conseil spécialisé du 17 février une liste des cépages résistants étrangers qui les intéressent"

Au cours de la première réunion qui s’est tenue le mercredi 13 janvier, le débat entre professionnels et administration a porté sur les cépages résistants déjà inscrits au catalogue d’un état membre. Les professionnels ont souhaité qu’une procédure accélérée permette leur classement et leur inscription au catalogue français, sans qu’il soit nécessaire de refaire des expérimentations en France. Une validation technique de l’IFV et du CTPS des expérimentations menées sur ces variétés serait le seul préalable à cette inscription au catalogue français.

« Les professionnels vont proposer au prochain conseil spécialisé du 17 février une liste des cépages résistants étrangers qui les intéressent et l’IFV et le CTPS auront 6 mois pour rendre un avis technique et scientifique sur ces variétés. Une fois validées, ces variétés pourront être inscrites au catalogue et donc plantées en France », indique Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de France Agrimer. 

La guerre des noms n'est pas réglée

L’autre point abordé durant cette réunion concerne les expérimentations de nouvelles variétés en France. Le texte initial prévoyait une limitation des surfaces à 20 ha par variété sur tout le territoire. Les professionnels ont demandé que ce soit 20 ha par variété et par bassin de production. Cette proposition est soumise à l’administration qui doit valider si le suivi des expérimentations par les organismes qualifiés pourra être mis en œuvre sur de telles surfaces.

A l’issue de cette première réunion, Bernard Farges, président de la CNAOC, se dit plutôt satisfait : « Il y a une forte demande de la profession pour que nous avancions rapidement sur ce sujet des cépages résistants. Nous avons la chance d’avoir une vraie piste pour préserver notre santé et répondre à la demande sociétale et environnementale de réduction des produits phyto. Il faut la saisir et avancer vite. Cette première réunion est un bon début ».

D’autres points plus épineux restent à débattre et notamment le nom de certains cépages résistants étrangers comme merlot kanthus, cabernet volos, sauvignon kretos, cabernet jura, cabernet cortis. L’arrêté initial indiquait que les variétés candidates au classement, ne devaient pas pouvoir induire le consommateur en erreur, visant clairement tous ces cépages résistants, dont la dénomination intègre le nom d’un cépage connu.  « A partir du moment où une variété présente les caractéristiques d’un merlot ou d’un cabernet, je ne vois pas pourquoi, elle ne pourrait pas en porter le nom », estime Bernard Farges. Une position également âprement défendue par Jacques Gravegeal, président de l’ODG des Pays d’Oc. Cette question, qui fait débat au sein de la profession, sera abordée lors d’une prochaine réunion.  

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bésinet Le 29 janvier 2016 à 15:34:42
Enfin après 10 ans de retard sur nos voisins, voilà un chemin qui s'ouvre et merci à Jacques Gravegeal de son appui sur un élément important de coût et de réduction de la pollution induite.
Vincent Pugibet Le 21 janvier 2016 à 22:17:59
Cet article est bien peu pertinent et il convient de rappeler quelques réalités au moins législatives. Jusqu'au 30 décembre dernier, la plantation des cépages résistants étaient seulement régis par l'article 81 du règlement 1308/2013. Cet article permettait de planter ces cépages comme nous l'avons fait à la Colombette, à titre expérimental, sans aucune contrainte. Cette liberté permise par la règlementation était combattu avec beaucoup de mauvaise foi par l'administration française soutenu dans ce combat par certain syndicaliste au premier rang desquels J Despey. D'autre part, au premier Janvier, comme le prévoie la règlementation européenne, ces plantations devaient être exempter d'autorisation de plantation. Autrement dit, les vignerons pouvaient planter autant de cépages résistants qu'il le voulait pour le vendre en VSIG. Cette nouvelle viticulture avait un cadre pour prendre son envol. Mais l'administration française et surtout les instituts techniques (IFV et CTPS) n'ont pas supporter qu'une viticulture puisse exister en dehors de son contrôle et qu'il se trouve ridiculisé par des centres de recherches étrangers. De façon sectaire et antidémocratique, ils ont décidé fermer la porte à cette viticulture émergeante. Contre l'avis de l'ensemble des présidents de syndicats qui ont tous écrits au ministre pour protester, les décrets D665-13, D665-14 et l'arrêté relatif aux régimes d'exemption d'autorisation de plantation ont été publié au JOF le 30 décembre. Les expérimentations sont désormais sous contrôle obligatoire de FAM et n'ont pour objectif que de valider des procédures administratives. Une entreprise privé ne peut plus faire librement de création variétale en France. Despey et compagnie tente de nous faire croire qu'ils vont faciliter les plantations alors que c'est totalement l'inverse qu'ils font. Dire que l on fait un groupe de travail pour réfléchir aux textes après les avoir publier c'est ce moquer du monde. Ils cherchent juste à faire avaler la pilule. Il reste quoi à discuter, combien d'hectares on va planter? L'administration propose 20 pour la France, les syndicats crient et disent 20 par Bassin, tout cela est lamentable et pas au niveau des enjeux que doit affronter notre filière. En 5 ans, avec quelques collègues résistants, nous avons planté un cinquantaine d'hectares et produit quelques centaines de milliers de bouteille. C'est ce travail d'expérimentation que nous avons mené contre l'avis de toutes les autorités qui aujourd'hui suscite de l'espoir et des attentes dans le vignoble. Tout ce travail est méprisé. Dans ce même temps, l'Allemagne a planté des milliers d'hectares et créer des dizaines de variétés. Toute cette politique est mené dans le plus grand mépris des viticulteurs dont la santé intéresse bien peu ces gens. Comment accepter que le CTPS et l'IFV inscrivent en novembre des cépages grecs alors qu'on la profession leur demande de classer des cépages résistants allemands suisse et italiens. C'est un bras d'honneur fait au vignerons. Rien ne pourra changer si les têtes ne sont pas renouveler. Les textes de l'UE sont bien rédigé et permettent sans ambiguïté un développement serein de cette nouvelle viticulture. La France en a fait des pages pour verrouiller le système et assurer un monopole à la recherche publique. Notre pays peut s'enorgueillir d'être le berceau de tous les grands cépages mondiaux mais en freinant de la sorte les plantations et avec un tel sectarisme dans la recherche, cela pourrait changer.
Parler Vin avec les Mains Le 20 janvier 2016 à 11:02:04
Un sujet passionnant concernant l'avenir de la viticulture européenne. Voici un lien vers une entretien vidéo avec Mr Pugibet du Domaine de La Colombette, qui expérimente depuis un bon moment avec les cépages PIWI (résistants aux maladies cryptogamiques). http://www.parlervinaveclesmains.org/vignes-sans-pesticides-au-domaine-la-colombette
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