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André LURTON, bâtisseurs de vignobles à Bordeaux

Par Vitisphere Le 12 juillet 2007
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André LURTON, bâtisseurs de vignobles à Bordeaux
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ames RYLAND évoque les raisons du succés des vignobles André LURTON : Innovation technique, innovation commerciale, dialogue avec les clients...

Les crus André Lurton, est-ce une histoire d’héritage à la Bordelaise ?

James Ryland : "Seulement dans un cas. En 1955 lors de la succession de son père, André Lurton a le choix entre Château Bonnet et ses 30 hectares en Entre-deux-mers ou Château Brane-Cantenac. A l’époque personne ne misait sur un cru classé du Médoc. Il choisit donc Bonnet. Mais le grand gel de l’année suivante dévaste son vignoble. André Lurton ne se décourage pas et change tout simplement de culture : les vignes sont arrachées au profit de la luzerne. Il invente alors une machine à sécher la récolte de luzerne qui lui permet de gagner correctement sa vie. Ses profits sont petit à petit réinvestis dans la vigne à Bonnet. Ce n’est qu’en 1967 qu’il s’endette pour acquérir La Louvière, cru classé de Graves. D’importants investissements sont réalisés par étape : d’abord les vignes puis le chai et finalement le château lui-même. André Lurton a été convaincu de posséder un grand terroir lorsque, à l’issue d’un orage violent, des pins tombés ont révélé un sol de graves. Rochemorin sera sa prochaine acquisition. Quant à Couhins-Lurton se fut plus complexe. Bref ce n’est pas une histoire classique de fils de famille mais plutôt la construction d’un portefeuille de châteaux."

Faites-vous évoluer le style de vos vins selon les attentes du marché ?

"Oui, quand cela est nécessaire. Nous n’hésitons pas par exemple à inviter nos clients à nos assemblages. Ils peuvent donner leur avis. Ainsi j’ai remarqué que la sucrosité qui vient de raisins bien mûrs est une valeur universelle. Nous sommes reconnus par nos clients comme des spécialistes des blancs, même si paradoxalement nous avons plus de rouge à vendre. Or en blanc le marché demande des vins très frais, protégés au maximum de l’oxygène voire presque réduits. L’évolution c’est aussi l’introduction de la capsule à vis. Pour nous la capsule à vins n’est pas un argument commercial, c’est d’abord et avant tout la réponse à des questions techniques."

Quelle est votre politique commerciale aujourd’hui ?

"Pour commercialiser notre gamme de sept châteaux, nous disposons de notre propre force de vente. André Lurton a créé son réseau de distribution lui-même il y a trente ans en se rendant en Belgique, au Luxembourg etc. Sauf à de rares exceptions nos châteaux ne sont pas commercialisés sur la Place de Bordeaux."

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