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Modération

Alain Juppé prend l'écharpe d'ambassadeur d'Educ'Alcool

Vendredi 28 août 2015 par Alexandre Abellan

Modération : Alain Juppé prend l'écharpe d'ambassadeur d'Educ'Alcool

Militant pour une consommation responsable des boissons alcoolisées, l'organisme québécois vient de nommer ambassadeur d'honneur le maire de Bordeaux. Son titre lui a été officiellement remis à l'occasion de la troisième fête des vins de Bordeaux à Québec*, un événement à déguster et non à boire comme l'a toujours définit Alain Juppé. Une constance qu'a salué le directeur général d'Educ'Alcool, Hubert Sacy, qui martèle inlassablement que « l'éducation est le fondement de tout. Mais ce n'est pas la panacée pour autant. Tout est complexe avec l'alcool, qui n'est pas mauvais en soi : tout dépend de ce que l'on en fait. »

Visiblement honoré par cette récompense, Alain Juppé a souligné, en bon adepte de Montesquieu, « qu'il faut de la modération en toute chose ». Y compris en politique où son « écharpe d'ambassadeur de la modération pourrait servir dans l'optique de 2017 » (et de la campagne présidentielle à laquelle il est candidat). Alors que l'amendement de clarification de la loi Evin a été invalidé par le Conseil Constitutionnel cet été, Hubert Sacy récuse toute dimension politique dans la remise de cette distinction. Pour lui il ne s'agit que de « formaliser un état de fait, Alain Juppé citant régulièrement et avec conviction notre organisme en exemple ».

Pour la filière viticole française, la distinction prend inévitablement une épaisseur symbolique. Attendant un retour rapide de l'amendement gouvernemental devant les parlementaires, Bernard Farges juge « intéressant que le message de santé publique d'Educ'Alcool soit mis en avant en France par Alain Juppé. Cela doit inspirer la façon d'aborder le sujet, non pas bloc contre bloc, mais avec une politique intelligente. Donc éducative .»

 

 

 

Spécialiste du sujet, Hubert Sacy souligne que la réussite du modèle québécois dépend autant de sa culture du dialogue (réunissant en bonne intelligence le ministère de la Santé comme la filière des vins et spiritueux) que de son histoire (le Québec étant la seule province canadienne n'ayant jamais mis en place de prohibition des alcools). Si dans les faits « la loi Evin n'est pas une solution (la biture expresse augmentant en France) », Hubert Sacy rappelle qu'« avant la loi Evin, il y avait en France des publicités excessives et inacceptables. Mais vous avez répondu à un excès par un autre excès... En jetant le bébé avec l'eau du bain ! »

Financée par les producteurs de boissons alcoolisées commercialisées dans la province (cotisation récoltée par la Société des Alcools de Québec), l'organisme Educ'Alcool bénéficie d'un budget annuel de 3,25 millions de dollars canadiens (soit 2,19 millions d'euros).

 

 

 

* : « Fan fini d'Alain Juppé », Régis Labeaume (le maire de Québec) lui rappelle que « s'il advenait qu'il soit choisi comme président de la République, en août-septembre 2017 l'attend la quatrième édition » de la fête québécoise des vins de Bordeaux.

 

 

 

[Photos : Hubert Sacy, Isabelle et Alain Juppé ce 27 août sur l'événement Bordeaux Fête le Vin à Québec]

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